‹ Les CochinChapitre 14 sur 102 · Détail dans le Catalogue de la Chalcographie du Louvre · texte numérisé non relu

Détail dans le Catalogue de la Chalcographie du Louvre

LES ARTISTES CÉLÈBRES

où quelque impatience vous prend à voir de grandes planches représenter le «Premier habillement du roy», le «Second habillement du roy », le « Troisième habillement du roy », etc., Cochin a gravé d’après Dulin une grande planche : le Roi prosterné devant l'autel , et trois grandes vignettes contenant les Explications de diverses figures allégoriquesL Watteau était mort depuis peu, en 1721. On aime à croire que Cochin se délassait de cette froide besogne en traduisant dès cette époque sur le cuivre les rêveries charmantes du « petit-fils de Rubens ». Des planches telles que le Retour de campagne étaient des titres autrement sérieux à l’attention de l’Académie que le sacre de Reims1 2, et même que la gravure de Jacob apercevant Rachel , d’après Le Moine. Quoi qu’il en soit, l’Académie, sur la présentation de ses ouvrages, l’agréait le 26 février 172g, et lui ordonnait, suivant la coutume, de graver pour sa réception deux portraits d’académiciens, le peintre Lesueur et le sculpteur Sarrazin. Le 3i août 1731, Cochin apportait les portraits et prenait place dans la compagnie3.

Dès lors, on peut le suivre. Les Procès-verbaux de l’Académie portent mention des divers ouvrages dont Cochin faisait hommage à ses confrères, à mesure qu’il les terminait; ce qui permet d’affirmer que toutes les planches d’après Watteau, et celles d’après de Troy, sont antérieures à 1729. C’est donc du vivant même du maître, ou très peu de temps après sa mort, que Cochin donnait /' Amour au théâtre français , l’Amour au théâtre italien et le Bosquet de Bacchus , trois chefs-d’œuvre de traduction souple, colorée et spirituelle. Les scènes galantes d’après de Troy donnent, il est vrai, l’idée d’un modèle fort inférieur ; mais elles n’ont pas un moindre mérite d’exactitude. Ce style froid du peintre, cette exécution lisse et propre, sa coloration claire et plate, et sa galanterie tout académique sont aussi rendus à merveille par le graveur. Cochin père a de si éminentes qualités d’interprète, qu’il semble changer d’outil en changeant de modèle. Il rend le style non moins que la couleur. Chardin, auquel il s’est surtout attaqué après son entrée à l’Académie, lui offrait d’autres difficultés. Il en est sorti avec le même succès, se mon-

1. Nos 3957, 3g6o, 3964 et 3971 du Catalogue de la Chalcographie.

2. Le roi en jugeait autrement, ce qui se conçoit. Dans les lettres de noblesse qu'il confère à Cochin le fils, il n’omet pas de rappeler les titres de son père, et notamment ses travaux sur la cérémonie de « notre sacre». (Voir à l’appendice A.

3. Procès-verbaux de l’Académie Royale , années 1729 et 1731,

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