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RETOUR DE CAMPAGNE

Réduction de la gravure de C. N. Cochin, d’après le tableau d’Antoine Watteau.

L’amour badine en France; il se montre au grand jour; C’est une liberté que le nœud qui nous lie,

11 ne prend point de masque; il parle sans détour, Nous servons sans contrainte et Bacchus et l'Amour,

Il vit dans les festins, aux plaisirs il s’allie. Et nos tristes voisins nous taxent de folie.

Re’duction de la gravure de C. N. Cochin, d’après le tableau d’Antoine Watteau. — (Musée royal de Berlin.)

La jalouse Italie éffrayant les Amours, LTn geste, un seul regard conclut ou rompt l’affaire.

Les fait marcher da nuit, les contraint au mistère ; L'impatient François en intrigue préfère

Mais une Serenade y supplée aux discours ; Des chemins moins couverts : les croye’s-vous plus courts ?

Réduction de la gravure de C. N. Cochin, d’après le tableau d’Antoine Watuau. — (Musée royal de Berlin.)

LES ARTISTES CELEBRES

trant serré, grave, probe, dans l’exécution de ces scènes bourgeoises, aussi facilement qu’il avait fait admirer sa légèreté, sa grâce et son adresse dans les jardins enchantés du peintre de Cythère. Robe de bure et jupe de satin, pot de grès ou mandoline, servante ou bergère, il a excellé à rendre ces contrastes avec leurs effets propres, avec leur note juste, sans que la virtuosité l’emportât jamais à faire admirer le traducteur plutôt que l’auteur.

Les vingt dernières années de Cochin ne semblent pas avoir été celles de sa plus grande activité. Entre i -3 1 et 1744 il présente à l’Académie dix-neuf planches, ce qui, comparé au chiffre total de son œuvre, est loin d’être excessif. En revanche, plusieurs de ces productions sont parmi les meilleures. Nous ne désignons point parla les six sujets d’après La Joue, la Botanique , la Pharmacie, etc., mais les Chardin célèbres: la Blanchisseuse, la Fontaine , présentées en 1739 avec deux sujets d’enfants, du même maître ; l'Ecureuse et le Garçon cabaretier , présentées l’année suivante ; enfin, de beaux Wouwermans, et le fin Colin-Maillard, d’après Lancret, si connu des amateurs. La prédilection de Cochin pour Chardin est un signe de grand goût. Sans doute une vive amitié unit les deux artistes, et nous la retrouverons, persistante, malgré la différence des âges, entre Chardin vieilli et Cochin le fils.

Passé 1744, Cochin le père ne présente plus, jusqu’à sa mort, survenue dix ans après, que deux planches'. Son burin n’est pourtant point resté aussi inactif qu’il le semble. Mais, dans l’intervalle, un astre nouveau s’était levé à l’horizon de la gravure, celui de son propre fils, le «petit Cochin », comme on l’appelait familièrement dans les ateliers du quartier Saint-Jacques. Déjà, en 1737, Cochin avait eu la joie de présenter à l’Académie le premier ouvrage de son fils dans le genre où il devait exceller, le Feu d'artifice de la place Navone, d’après le Pannini, et à son orgueil paternel s’alliait un peu de fierté conjugale, car l’eau-forte du fils avait

1. Voici la liste des planches pre'sentées à l’Académie, d’après les Procèsverbaux: 17J6, la Colère d’Armide contre Renaud, d’après Restout; — 1737, Caban promettant Rachel à Jacob, d’après le même; — quatre planches d’après La Joue: V Histoire, la Sculpture, l’Astronomie et l'Optique ; — 1 738, la Botanique et la Pharmacie, du même ; — 1739, la Blanchisseuse, la Fontaine et deux sujets d’enfants, d’après Chardin; le Colin- Maill art, d’après Lancret; — 1-40, l Peureuse et le Garçon cabaretier, d’après Chardin; — 1742, Saint Pierre guérissant un boiteux et Saint Philippe baptisant l’eunuque, d’après Caze et Bcrtin ; — i744> Accident de voyage et Vue d’Holande, par Wouvermans ; — 1751, deux autres planches, d’après Wouveripqns et Pierre. — Mort en 1754.

LE JEU DE C( Réduction de la gravure de

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