N - MAILLARD
N. Cochin, d'après Lancret.
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N° 123 du premier livre des Figures de differents Caractères , de Paysages et d’Études,
( iessinees d'apres nature par Antoine Watteau, et tirées des plus beaux Cabinets de Paris, Réduction de la gravure de C. N. Coçhin.
LES ARTISTES CELEBRES
été terminée par le burin de la mère. Tels étaient les débuts d’un jeune homme de vingt-deux ans \ qui allait être coup sur coup dessinateur des Menus-Plaisirs, graveur attitré chez Jombert et agréé à vingt-six ans par l’Académie, sur la simple présentation d’un dessin, fait sans précédent. Dès lors (1741), Cochin le père semble ne vouer plus son talent qu’à faire valoir les œuvres de son fils, ou à l’aider à faire face aux travaux qui l’accablent. Il devient son aide, il se place en sous-ordre. Tandis que le fils croque, dessine, jette sur le papier ses improvisations brillantes, le père consacre ses soins au lent et ingrat travail de la traduction sur le cuivre. Ainsi fait-il pour l’illustration de la Religion, par Racine le fils, en 1742; pour le Catalogue de Lorangère, en 1744; ainsi surtout pour les immenses planches sur les Fêtes de 1745, à l’occasion du premier mariage du Dauphin. Toutes les quatre sont composées et dessinées par l’habile artiste des Menus-Plaisirs; mais deux seulement, la Fête du 23 février dans le manège couvert, et la Cérémonie de Versailles, sont gravées de sa main; les deux autres sont en entier gravées par le père, savoir : le Bal paré du 24, et le Bal masqué du 25 au 26. Mêmes fêtes deux ans après pour le second mariage du Dauphin, même collaboration, même dévouement du père au fils. Et non-seulement il l’aide pour ces pages qui sont, sinon des pages d'histoire, en tout cas de grandes annales de cour; il se sacrifie pour lui à d'obscures besognes, comme la réfection des planches d’Oudry pour \es Fables de La Fontaine, où son fils s’est imprudemment engagé. Si l’on joint à ces divers travaux quelques menus emplois officiels, une contribution à l’histoire métallique de Louis XV, la direction d’une collection iconologique à l’Académie, etc., 2 on aura le bilan à peu près complet de cette vie d’artiste et d’honnête homme.
Cochin était en quelque sorte en famille à l’Académie. En y entrant, il allait rejoindre ses deux beaux-frères, ou plutôt les deux beaux-frères de sa femme, le peintre Alexis Belle et le graveur Nicolas Tardieu3.
1. La planche fut présente'e à l’Académie le 28 septembre 1737; cependant Jombert dans son Catalogue donne la date de 1735. Mais Cochin a dû présenter la planche dès qu’elle fut terminée, et ip35 est probablement la date de la commande ou de la mise en train.
2. Le 7 août 1745, il est chargé de « faire imprimer les portraits gravés de Académie ». (Procès-verbaux.)
3. Nicolas-Simon-Alexis Belle, reçu le 4 août 1703, mort le 21 novembre 1734 et non 1739 comme le dit M. Vitet). — Nicolas Tardieu, reçu le 29 novembre 1720, mort le 22 janvier 1749. ( Procès-verbaux .)