Tardieu, Notice citée suprà
5. Extrait des registres de Saint-Germain-l’Auxerrois, donné par Jal, Die*
onnaire .
Les cociiix 47
fier. Suivons celle-ci, en la complétant de quelques détails découverts depuis Tardieu.
Ils étaient, dit-on, originaires de File de Walcheren, Hollandais en tout cas. Au xviie siècle, vers la fin sans doute, mais antérieurement à 1682, Daniel Horthemels vint s’établir comme libraire à Paris. Il y épousa Marie-Anne Peltier1, qui vivait encore en 17 1 5 , et put signer au baptême du « petit Cochin ». Il mourut avant cette date, étant maîtrelibraire de la paroisse Saint-Benoît. Il avait eu de Marie-Anne Peltier trois fils et trois filles. Un seul des fils nous est connu, Frédéric Horthemels, graveur médiocre, né entre 1680 et 1688 environ, mort subitement le 5 novembre 173s2. Il fut un des moins bons collaborateurs du Recueil de Grozat. On lui doit cependant le dessin d’un bon portrait de Jacques Boileau, qu’a gravé l’aînée de ses sœurs3. On retrouve aussi son nom dans cette Description des Invalides , où nous avons déjà relevé celui de Cochin. Il est même permis de croire que c’est à l’occasion de ce recueil que les Cochin et les Horthemels entrèrent en rapport. L’ouvrage est des dernières années de Louis X'IV. Cochin épouse Madeleine Horthemels le 10 août 1713, et Tardieu nous apprend que Madeleine avait « terminé au burin plusieurs grandes pièces de son mari d’après les peintures de l’église des Invalides ». Cochin dut connaître la sœur par l’intermédiaire du frère, et il était naturel qu’il songeât à s’associer une femme si experte dans son art, et dont il pouvait attendre tant de services.
Les trois sœurs sont plus avantageusement connues que le frère. Ce furent trois burinistes d’un véritable talent, toutes trois se distinguant par une exécution plus soigneuse que savante, mais ferme, patiente,
1. Tardieu dit Cellier. Mais MM. de Goncourt donnent l’acte de baptême du « petit Cochin » en 1715 :
« Le 22 février a été baptisé Charles-Nicolas, né le jour d’aujourd’hui, fils de Ch. Nie. Cochin, graveur, et de Louise-Magdeleine Horlhemèle, son épouse, demeurant rue Saint-Jacques. Le parrain Ch. Nie. Cochin, peintre, demeurant parvis N. D. de Bonne-Nouvelle; la marraine Marie-Anne Peltier, veuve de M. Hortemèle, maître libraire de cette paroisse, et ont signé tous. » (Extrait des registres de la paroisse Saint-Benoît.) Goncourt, l’Art au XVIIIe siècle, Cochin.
2. Date inconnue à Tardieu. Donnée par les Nouvelles Archives de l’Art français , 1 883, p. 358. Nous avons découvert, aux Archives Nationales, le procès-verbal de constat de sa mort. On le trouva dans sa chambre, étendu sur le carreau.
3. Fred. Horthemels del. ad vivum. Maria Horthemels (Madame Tardieu) sculpsit.
Et au bas : Sic oculos, sic ora gerit Bolleus , at ejus Si cupis ingenium cernerei scripta lege <
ÉLISAtETH-CHAELOTTE, PALATINE DU RHIN, DUCHESSE D’ORLEANS. Réduction de la giavure de Marie-Anne Horthemels, d’après le tableau de Hyacinthe
PHILIPPE, DUC D’ORLÉANS, RÉGENT DU ROYAUME. Réduction de la gravure de Marie-Anne Horthemels, d’après le tableau de J. B. Santerre
FRANCE
DESSINATEURS ET GRAVEURS
LES ARTISTES CÉLÈBRES
méticuleuse, et toutes trois possédant une entente parfaite de leur métier. Toutes les trois étaient nées à Paris. La première, Marie- Anne, née en 1682, devenue veuve d’un écuyer du nom de Germain Lecoq, épousa, le 20 octobre 1712, le graveur Nicolas-Henri Tardieu L Elle a gravé elle-même, d’après l’Albane, Le Brun et Mignard, quelques pièces assez faibles qui datent sans doute de ses débuts. En revanche, ses grands portraits sont vraiment de beaux morceaux. A signaler surtout le Cardinal Tliiard de Bissy , et Gaston de Rohan-Soubise , d’après Rigaud; le Régent, d’après Santerre; la Duchesse d’Orléans (princesse Palatine), d’après Rigaud, et Timoléon de Cossé-Brissac , abbé de Fonfroide, d’après Alexis-Simon Belle, le beau-frère de l’artiste. On peut mentionner encore, parmi les pièces de moindre dimension, mais non dépourvues de valeur, le portrait du P. Quesnel à l’âge de quatre-vingtdeux ans ; celui d' Abel-Louis de Sainte-Marthe, général de l’Oratoire; de Jean Soanen , l’exilé de La Chaise-Dieu (gravé d'après N. Tardieu, son mari) ; de Jean Mesnard de la Noé, directeur du séminaire de Nantes, et enfin celui de la Mère Angélique Arnauld, dernière abbesse titulaire de Port-Royal, d’après Philippe de Champaigne -. Il est à noter que ce sont là cinq portraits de jansénistes, dont plusieurs furent persécutés. Les attaches des Horthemels avec Port-Royal, ou tout au moins leurs sympathies pour cette maison, sont encore attestées par une importante suite due à Madeleine Cochin, dont il sera parlé plus bas. Bornonsnous à dire, en l’absence d’autres renseignements, que les Horthemels occupent une place distinguée parmi les iconographes de Port-Roval. Ces Hollandais naturalisés Parisiens, anciens protestants peut-être, semblent avoir tous nourri une secrète tendresse pour les négateurs de la Bulle Unigenitus.
La troisième sœur de Frédéric Horthemels était Marie-Nicolle, née à Paris le 17 octobre 1689, devenue par son mariage Mme Alexis- Simon Belle. Elle était graveur et peintre. Comme graveur, elle a surtout travaillé d’après son mari. Nous n’avons vu d’elle que deux portraits, mais d’une réelle beauté : celui de messire François Gaultier ,
1. Ces Tardieu furent aussi légion. Celui-ci eut un fils distingué, Tardieu filins; mais c'est à l’un de scs frères, Claude Tardieu, que se rattache le graveur d’histoire T. Alex. Tardieu, né le 2 mars 1756, mort le 3 août 1844. Alexandre Tardieu était le petit-fils de Claude, donc le petit-neveu de Nicolas-Henry.