PORTRAIT DU MARQUIS DE MARIGNY
Fac-similé de la gravure exécutée par C. N. Cochin le fils, en 1757, d’après son propre dessin, (Collection de M. Béraldi père.)
(Collection de M. Henri Béraldi.)
LES ARTISTES CÉLÈBRES
Quand M. de Vandières, devenu marquis de Marigny et de Ménars, dut se marier, il sollicita et obtint du curé de Saint-Eustache l’autorisation de célébrer la cérémonie religieuse dans la chapelle de son château, mais il refusa de payer au curé de Saint-Eustache les droits de cette autorisation*. De même la marquise, en envoyant Cochin et Vandières en Italie, comptait bien en tirer pied ou aile, soit pour ses délassements artistiques, soit pour ses collections. Le « frérot » lui ayant envoyé une Vue du Théâtre de Turin dessinée par Cochin, elle accepte en ces termes (19 mai iy5o) : « Comme vous me mandez très bien, le Roy a toutes les gravures de ce que vous voyez; mais moi qui n’ai rien, je ne serai point fâchée d’avoir le petit portefeuille que vous m’offrez, et je compte bien que M. Cochin me fera le plaisir d'y travailler. Je le substituerai à perpétuité, comme une chose précieuse, étant faite par un aussi habile homme 1 2. » Sans doute il s’agit ici de ces trente Vues d’Italie que Cochin dessina sur les lieux et qui, n’étant point destinées à la gravure, furent trouvées en originaux dans la collection de son protecteur et passèrent à sa vente3 4. — La marquise dut recommander en particulier aux voyageurs l’étude des théâtres, à cause des améliorations qu’elle apportait constamment au théâtre des Petits-Cabinets, sa grande affaire*. De tout temps, on y voit Cochin très attentif. La construction des théâtres, leur aménagement, les décors, toutes les menues questions de la scène avaient en lui un connaisseur très entendu. On trouve même parmi ses opuscules un projet de salle de spectacle. Est-il nécessaire de rappeler que la comédie de société faisait alors fureur, et qu’à la date de 1 y5o il y a du tréteau un peu partout, dans la littérature aussi bien que dans l’art, chez les bourgeois comme à la cour, à la campagne comme à la ville ?
Cependant le grand voyage s’accomplissait. Partis le 20 décembre 1749, nos voyageurs se dirigeaient sur Turin, Milan, et trouvaient partout l’accueil empressé que l’Italie faisait alors à tout Français, pour peu qu’il fût doublé d’artiste, d’académicien ou de marquis. Ils visitèrent ainsi les villes du Nord, Plaisance, Parme, Ravenne, etc., puis descendirent vers Rome et Naples. L’Italie présentait à ce moment, comme de tout temps d’ailleurs, trois faces diversement curieuses : les arts, la