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WM

SCIIOLA MARTI S.

Réduction de l’eau-forte originale, exécutée par C. N. Cocliin le fils, en 1770. Pièce restée inachevée,

(Collection de M. Béraldi père.)

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LES ARTISTES CELEBRES

Cythère nous avait si tard révélée. Par moments Cochin, pourtant si Bolonais de cœur, sacrifie tout à Véronèse. Les peintres de Florence ne sont que des dessinateurs gris et sans couleur, écrit-il à un jeune parent dès son retour; quoiqu'il y ait bien des choses admirables à Bologne, l'école de la couleur est à Venise L » Il dit ailleurs : « L’École vénitienne est célèbre dans la peinture par la beauté de son coloris. Les grands maîtres dont elle se glorifie sont vraiment les peintres de V Italie-. » C’est là une belle parole, que complète enfin ce dernier jugement : « Les Vénitiens composent supérieurement, et surtout le Titien 1 2 3 4. »

Sur Véronèse, en particulier, il faut citer plus largement, et ne pas faire tort à Cochin des meilleures choses qu’il ait écrites. Voici en quels termes il apprécie l’ Apothéose de Venise, peinte dans la salle du Grand- Conseil : « Ce grand peintre a su observer que dans les ombres portées il reste une lumière qui ne vient pas du jour principal, mais de tout le ciel, qui fait paraître des détails tendres dans les ombres. Ce qui le rend plus admirable encore, c’est que ces parties ombrées conservent leurs demi-teintes colorées avec une variété presque aussi détaillée que les choses exposées au grand jour; et c’est d’une manière si imperceptible, que la masse totale n’en est pas moins unie et grise, mais d’un gris coloré qui est d’une grande beauté. On y aperçoit encore assez distinctement une connaissance de l’effet de la lumière qu’on voit rarement chez d’autres maîtres : c’est que les devants du tableau sont tendres et presque tout reflétés; les touches mêmes n’en sont pas si fortes que les ombres des objets qui sont derrière. Il est vrai que ces objets qui servent de fonds, et qui sont plus forts, n’en sont pas loin. C’est l’effet véritable de la nature, mais peu de peintres l’ont connu, ou du moins il en est peu qui aient eu assez de courage pour le pratiquer. Il faut avoir beaucoup de science dans le coloris et dans la magie du clair-obscur pour entreprendre de tirer les devants sans force, et par la seule beauté de la couleur 5. » Et plus loin : « Personne n’a surpassé la belle ordonnance de ses tableaux, l’enchaînement ingénieux de ses groupes, la manière dont la lumière y est répandue et l’intelligence supérieure de ses reflets. Son coloris est vrai, fier et précieux. Quoiqu'on puisse lui reprocher un ton

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