PORTRAIT DE CARLE VAN LOO
Fac-similé de la gravure exécutée par J. Daullé, en 1754, d’après le dessin de C. N. Cochin le fils.
(■Collection de M. Béraldi père.)
LES ARTISTES CELEBRES
style un hôtel et une bonbonnière, un confessionnal et une chaise à porteurs. Cochin, cette fois, donna libre cours à sa verve caustique, en plaçant son éloge dans la bouche de ses partisans. Il suppose une lettre d’un abbé R*, dirigée contre Meissonnier, et il écrit la réponse : Lettre d'une société d’architectes à l’abbé R*. Les auteurs y confondent leur cause avec celle de l’artiste attaqué : « Le Borromini, disent-ils, a rendu à l’Italie le même service que nous avons rendu à la France, en y introduisant une architecture gaie et indépendante de toutes les règles de ce qu’on appelait anciennement le bon goût... » « C’est F architecture plaisante. » Et les traits se multiplient, toujours plus acérés. Les peintres se plaignent-ils d’avoir à décorer des panneaux chantournés ? De là justement vient leur mérite, car « ce sont des espèces de bouts-rimés que nous leur donnons à remplir... Nous voudrions bien voir ces messieurs de l'antique (c’est-à-dire de l’Académie), entreprendre de décorer l’extérieur d’un bâtiment avec toutes les sujétions que nous leur avons imposées !... » L’inventeur de cet art nouveau est lui-même loué — et berné — dans un morceau de piquante verve : « Rien n’est si admirable que de voir de quelle manière il (Meissonnier) engageait les corniches des marbres les plus durs à se prêter avec complaisance aux bizarreries ingénieuses des formes de cartels ou autres choses qui devaient porter dessus. Les balcons ou les rampes d’escalier n’eurent plus la permission de passer droit leur chemin ; il leur fallut serpenter à sa volonté, et les matières les plus roides devinrent souples sous sa main triomphante... Il nous apprit à terminer nos moulures en rouleau, lorsque nous ne saurions comment les lier les unes aux autres...; enfin, l’on peut dire que nous n’avons rien produit depuis dont on ne trouve des semences dans ses ouvrages. Quels services n’a-t-il pas rendus à l’orfèvrerie? Il rejeta bien loin toutes ces formes carrées, rondes ou ovales, et toutes ces moulures, dont les ornements répétés avec exactitude donnent tant de sujétion; avec ses chers contours en S il remplaça tout. Ce qu’il y a de particulier, c’est qu’en moins de rien, l’orfèvrerie et les bijoux devinrent très aisés à traiter avec génie... »
pare les fleurs d’orfèvrerie de Meissonnier à celles de Le Fèvre, dans le petit livre de Le Fèvre et Cochin le Vieux dont nous avons parlé au premier chapitre de cet ouvrage. On peut encore se reporter au Recueil de plantes dont Dodart avait commencé la description par ordre de Louis XIV, et qui fut gravé par plusieurs artistes de mérite, dont N. Robert, A. Bosse, L. de Chatillon, etc. (Voir le Catalogue de la Chalcographie, p. 36g et suiv.)