‹ Les CochinChapitre 59 sur 102 · Mémoires, p · texte numérisé non relu

Mémoires, p

4. Pièce publiée par les Goncourt. C’est dans cette maison, dont le rez-dechaussée était loué à un marchand de tableaux, que demeurait la sœur de l’artiste, Madeleine-Geneviève Cochin. Elle habitait au troisième étage, sur le devant. (Goncourt.)

Titre des Etrenncs mignonnes pour Vanncc ippr.

Fac-similé de la gravure de C. N. Cochin le fils, a'après sou propre dessin.

(Collection de M. Henri Be'raldi.)

tenir les Gobelins, bref, bien mériter des arts et des artistes. La reconnaissance que lui vouait Cochin avec tant d’autres avait donc un sûr fondement, de même que la pension de 1,000 livres dont Marigny honora Cochin en 1 77 1 , « comme récompense de ses services pendant le temps qu’il avait été chargé du détail des arts1 », était la plus juste et la plus modeste rémunération d’un dévouement cent fois prouvé.

Cochin s’acquittait d’ailleurs en conscience de ses fonctions de secrétaire et d’historiographe; ses rapports avec ses confrères étaient à l’ordinaire pleins d’aménité. Outre quelques conférences, il leur donna, en 1760, une Vie de Parrocel ; en 1764, une Vie de Deshays; en 1 766, il leur offrait le portrait de Benoît XIV, un pape ami des arts, peint par Subleyras. Obligeant et de bon conseil, on le consultait volontiers dans les affaires litigieuses, — Vassé contre Pigalle, Daullé contre Caylus, — s’il s’agissait d’un droit à établir, d’une question d'honoraires à régler. Sa conscience s’en tira toujours honorablement. Enfin, il était bienfaisant de nature, et il patronna, parfois à son dam, beaucoup de jeunes artistes, dont plusieurs lui firent honneur et conservèrent précieusement sa mémoire, les Belle, les Tardieu, ses neveux et petits-neveux, le sculpteur Berruer, le graveur Miger, qu’il forma lui-même, pour ne nommer que les plus connus2.

Cependant il ne put, il ne pouvait agréer à tous. Plus d’un vit d'un mauvais œil la fortune toujours grandissante d’un simple dessinateur. La réputation d’habile homme, et plus encore celle d’homme du monde, voire d’homme de cour, était ce qui déplaisait à d’autres chez Cochin. Peut-être l’accusait-on aussi d’avoir son parti, et de le favoriser outre mesure : « nul n’aura de faveurs , hors nous et nos amis ». Enfin, les officiers de l’Académie pouvaient se plaindre et non sans apparence de raison, qu’un simple secrétaire fût plus influent que le Directeur de la Compagnie. Une mésintelligence sourde commença par diviser les artistes en deux groupes, lorsque l’autorité naissante de Cochin trouva en face d’elle l’autorité vieillissante de Caylus. Cochin dit que le corps se partagea entre les Caylus et les anti-Caylus, et qu’il avait fort à faire de ménager les uns et les autres3. En réalité, il ne fut jamais neutre, il

1. Termes du Procès-verbal, se'ance du 4 mai 1771. ( Procès-verbaux , t. VIII.)

2. Mémoires. Voir encore Miger, par Bellier de la Chavignerie, passim. Lettres de Cochin, publiées par les Concourt et par M. Decorde, etc.

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