NOVEMBRE
Fac-similé de la gravure de Nicolas Cochin le Vieux.
— A ces indications sommaires on peut encore ajouter les Batailles de l’Histoire d’Israël , traitées dans le pur style de Callot, moins le riche cartouche qui les enserre ; l 'Histoire de Tobie en quatre grandes et
1. (Publié aussi à part) Martyrium Apostolorum, le Martire des Appostres, dédié à M . Balesdens, ad. au Conseil du Roy, Balthazar Moncornet excudit — cum privil. regis. Nicolas Cochin f. — (S. 1. n. d.) 24 planches in-4°(et non 16).
2. Cochin a fait des imitations directes de Callot, des copies de Callot à grandeur égale, et des copies à proportions agrandies. — De ce nombre M. Meaume cite les pièces de Callot incrites sous les nos 42, 44, 45, 47 et 87, dans son ouvrage Recherches sur Callot.
3. Florent le Comte, Cabinet des Singularités, t. III, p. 159, cité par M. Meaume.
FRANCE
DESSINATEURS ET GRAVEURS
LES ARTISTES CELEBRES
belles planches; celle de V Enfant prodigue, gravée par Karl Audran ; la série des Mois , celle des Plaisirs de la campagne , suite de sujets rectangulaires ingénieusement composés et décorés; enfin, pour ne plus parler des copies de Callot lui-même, un certain nombre de pièces d’après La Belle qui est en quelque sorte l’élève de Callot, et d’autres d’après Tempesta, qui fut un temps son maître.
Toutefois, ce serait diminuer Cochin outre mesure, et rendre inexplicable l’estime où le tenaient des amateurs fort experts, un Marolles et un Mariette par exemple, que de le réduire exclusivement au rôle d’imitateur et d’interprète. Outre qu'il s’est parfois attaqué à ces redoutables maîtres du cuivre qui s’appellent Dürer et Rembrandt, — ce qui n’est pas d’un copiste ordinaire, — il a beaucoup inventé et dessiné, au point de fournir de la besogne à une assez grande quantité de graveurs purement graveurs. Nous avons déjà cité Karl Audran. Les noms de Moncornet, de Le Blond, du premier Mariette, de Weyen surtout, se lisent à chaque instant sur ses planches L A une certaine époque (laquelle au juste?) il dut produire trop pour pouvoir tout graver, et il se reposait du travail de l’eau-forte en crayonnant des études ou des fantaisies. Dans ce domaine, si l’on ne peut pas dire qu’il ait fait preuve d’une originalité très grande, on ne peut cependant lui refuser de l’esprit, du goût, de l’imagination et une certaine fantaisie d’arrangement qui n’est pas sans saveur. Il est visible qu’ici ses anciennes études de peintre lui ont beaucoup servi. Voyez ces grandes planches de sujets héroïques, gravés par Le Blond : considérez ces panaches, ces costumes historicofantaisistes, ces allures guerrières, cette stature exagérée des personnages, ces cambrures outrées, ces mouvements tourmentés. Qualités et défauts sont d’un peintre, ou tout au moins d’un dessinateur adroit qui a attrapé le faire de la d écadence italienne. De même, dans ces études de plein air qu’il affectionne comme un peintre de métier, l’interposition d’un
i . Nous savons bien qu’à cette date excudii signifie souvent « imprima » et désigne par là l’éditeur, ou même le marchand, plutôt que le graveur. Néanmoins Cochin n’a pas gravé, il s’en .faut, tout ce qu’il a dessiné. Il lui arrivait de commencer la gravure d’une série, et de ne pouvoir la poursuivre. Une p>reuve topique nous est fournie par une collection de petits cuivres exposés au Musée de Dijon (Collection Trimolet, n" 269 du Catalogue) : « Vingt-six planches gravées par MM. Cochin , Sébastien Le Clerc, Wegen et autres, représentant des scènes de la vie du Christ ». Selon nous, cette série daterait des premières années de l’établissement de Cochin à Paris, quand Séb. Le Clerc (né en 1620) revenait de Rome et gravait en sous-ordre, n’étant qu’à ses débuts.
nuage parfois un peu lourdement jeté, le feuille large et sommaire, mais toujours juste et vivant, des grands arbres, se rapproche de la manière d’un Campagnol ou des Carrache dans leurs dessins. Et quant à la suite des « vingt-quatre paysages inventés et gravés par N. C. », elle nous montre un homme nullement limité aux ressources d’un art d’imitation