LA FRANCE TEMOIGNE SON AFFECTION A LA VILLE DE LIEGE
Cette estampe a été faite en reconnoissance (sic) de l’exemption du droit d’aubaine accordée par Sa Majesté T rès Chrétienne
aux Citoyens de la ville de Liège.
Seche etho binamaye France, Dit mostré to leu ricnohance
Les denn zelan kis rafiet, A bon Louis, pol bon Lambiet.
Réduction de la gravure de Gilles Demarteau l’ainé, d’après le dessin de C. N. Cochin le fils, exécuté en 1771.
LES ARTISTES CÉLÉBRÉS
ô miracle ! sur les monuments de Sparte, certes, c’étaient là des nouveautés et même des pires. Voilà pourtant sur quelles œuvres Diderot ne tarit pas d’éloges, sans se priver du plaisir de les corriger toutefois, et même de les refaire L D’ailleurs, Cochin annonce déjà un autre défaut bien cher au cœur de l’encyclopédiste. Ses compositions visent maintenant à la pensée, contiennent une leçon, démontrent une vérité, illustrent un adage: il donne des gages à l 'allégorie, où il avait toujours incliné. Encore un peu, notre législateur sera philosophe , gloire suprême! Dès 1754, invité à donner une vignette au Catalogue des tableaux du roi, il met en action le sujet suivant : « La Peinture qui consulte la Nature, avec divers Génies des Arts qui repoussent le Temps. » Et c’est vers la même date que, rééditant son petit livre sur Herculanum ( 1 755), il y introduit treize planches d’antiquités qu’il a l’impertinence de dessiner de mémoire!
Et pourtant, sachons-le bien, c’est alors qu’il est salué par tous le « premier dessinateur français ». C’est l’expression de Grimm, en 1764, en 1757; c’est celle de Diderot jusqu’à l’époque des planches négligées des Ports de France. Reconnaissons aussi que Cochin travaille encore véritablement, qu'il étudie parfois la nature, qu’il grave avec beaucoup de zèle, et que toutes les tentatives de cette époque de sa vie sont honorables parce qu’elles sont désintéressées. Comme graveur, il fait une fois de plus ses preuves avec cette Grande Galerie de Versailles , planche immense, remplie d’une infinité de personnages, et où il accomplit des prodiges de netteté dans le minuscule. Comme dessinateur, il donne ses belles académies, si vivement louées par les Concourt, grasses sans être graisseuses, et qui mettent l’auteur plus près de Bouchardon que de Boucher. Enfin, dès 1760, il entreprend, en société avec Le Bas, cette série des Ports de France , d’après Joseph Vernet, dont les premières planches, tout au moins, sont dignes des deux noms qui les ont signées.
M ais le moment approche où Cochin penchera tout à fait vers l’allégorie, et dès lors il sera perdu. La date décisive où s’accuse un mal désormais sans remède (quoique auparavant très prononcé déjà, notamment dans l’estampe de 1761 pour le roi de Suède)2 est celle de 1765,