Salon de ijôy
2. Iconologie ou Traite de la science des allégories, à l’usage des artistes, 35o fig., d’après Gravelot et Cochin. Texte explicatif pour chaque ligure. Paris, Lattre', 4 vol. in‘80.
grande feuille de paravent.
Réduction de la gravure exécutée par C. N. Cochin le fils, en 1737, d'après le dessin de François Boucher
LES ARTISTES CÉLÈBRES
le spirituel crayon de Cochin finir par les platises de Ylconologie, on en vient vraiment à regretter que le charmant artiste ait pris un jour cette route d’Italie qui devait le mener de Rome à Bologne, de Bologne à Herculanum, pour le ballotter finalement de Boucher à Raphaël Mengs, tout barbouillé du pire Diderot et du moins bon Winckelmann.
Les autres œuvres de cette dernière période, pour valoir mieux que l’ Iconologie, n’en accusent pas moins chez Cochin la défaite complète du bon goût, et la victoire de ce faux grand style qui combinait savamment l’emphase, la froideur et la mollesse, parfois la niaiserie. Pour l’emphase et la froideur, voir l'Estampe allégorique pour les vertus de Catherine II [ 1777), où le Code est soutenu par la Justice, qui montre un paragraphe « remarquable » transcrit tout au long au centre de l’estampe ! Pour la mollesse et le théâtral, voir cet Auguste fermant le temple de Janus, par Carie Maratte, que Cochin dessina avec amour en 1779, et orna d’un encadrement moitié rocaille et moitié Louis XVL Pour la niaiserie enfin, voir ce Panis angelorum, de son invention, où l’affectation de naïveté est presque risible. De tant de genres où il a excellé, le vieil artiste ne conserve plus sa supériorité que dans cette suite d’illustrations pour le Télémaque qui fourmillent de personnages et brillent d’un beau travail. Mais là encore on peut remarquer trop d’entassement, pas assez de diversité dans ces tètes toutes faites de pratique, et surtout pas assez de vie et de naturel dans ces expressions. Mariette n’avait que trop raison. On regrette l’ancienne « gentillesse >de Cochin. Et pourtant, comment en vouloir à un vieillard, qui peine aux environs de 1790, de n’être plus « gentil ? » S’il l’était encore, le reproche ne serait-ce pas pis?
Résumons-nous.
Grimm, sans doute soufflé par Diderot, écrivait en janvier 1771, à propos du Catalogue de Jombert : « Vous jugez bien que, dans une si grande abondance, tout ne saurait être de même prix, et qu’il y a beaucoup de chcix. Cochin est, sans doute, un artiste de beaucoup de mérite, mais je doute qu’il parvienne à une réputation durable, et que les connaisseurs s’empressent à faire entrer ses dessins dans leurs portefeuilles. » Le jugement était plus que sévère, surtout après les éloges d’autrefois, et le pronostic était faux. Cochin est en possession d’une réputation durable. Seulement, par une aventure qu’il partage avec tant d’autres, la célébrité n’est pas venue du côté qu’il l’attendait. Trois choses ne lui
la caMVosirtQH
Dessin à la sanguine de C. N. Cochin le fils, pour l’illustration de la Peinture poème en trois chants, par Lemierre.
La gravure que nous reproduisons a été exécute'e par Choftard, en 1776, d’après le dessin exécuté la même année par G. N. Cochin le fils pour servir de frontispice au Catalogue raisonne des différens objets de curiosités dans les sciences et arts, qui composent le Cabinet de feu M. Mariette, Contrôleur général de la Grande Chance l-
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ont pas réussi: l’allégorie, le «grand style» et... quatre-vingt-neuf. Faut-il s’en étonner? L’allégorie n’a pas perdu alors moins d’écrivains que d’artistes ; pour le « grand style », voyez les tragédies de Marmontel ; et quant à la Révolution, à quel peintre, à quel artiste a-t-elle réussi, sauf à David, et encore ! Moreau peut servir d’exemple, ce Cochin de l’époque Marie-Antoinette, plus serré, plus sérieux, plus profond aussi, dont le talent s’évanouit à l’aube sanglante de p3. Il fallait avoir sucé le lait fermenté de Jean-Jacques, il fallait s’être nourri la cervelle d’histoire antique et républicaine, il fallait, en un mot, d’autres passions et d’autres convictions que n’en avaient les anciens artistes de l’époque Louis XV, pour infuser à l’art vieilli de l’ancien régime une sève nouvelle. Ce n’est donc point au delà de 1760 qu’il est juste d'envisager Cochin si l’on veut savoir ce qu’il reste de lui. Son développement après cette date est postiche; il n’est plus lui-même, il n’est que la dupe et la victime de sa remarquable, de sa déplorable facilité. Le vrai Cochin, celui qui restera, c’est celui de l’âge Pompadour; c’est le chroniqueur
erie de France, Honoraire Amateur de l’Académie Royale de Peinture, et de celle de Florence, par F. BASAN, Graveur.
On lit, au-dessus de cette gravure :
Hoc sua; gratitudinis Monumentum amicus amico dedicavit ;
Et, au-dessous de ce frontispice :
L'Histoire, le Génie du Dessin, le Dieu du Goût et l’Étude rassemblés au pied du Buste de M. Mariette.
Imme'diatement après le tftre, se trouve la curieuse explication suivante, que nous tenons à reproduire à titre de document :