EXPLICATION DE L’ALLÉGORIE
Dessinée par M. Cochin et gravée par M. Choffard.
M. Mariette était célèbre par sa connoissance dans les arts, c’est pourquoi on a personnifié la Connoissance à laquelle les iconologistes ont donne pour emblème un flambeau et un livre, ce livre est ici suppléé par un portefeuille d’estampes.
Elle est éclairée par le flambeau que tient le Dieu du goût.
D’autre part, comme elle tire principalement sa lumière de la science du dessin, on a représenté cette dernière par une femme qui tient un portecrayon et une lampe, à laquelle la Connoissance allume son flambeau, cette lampe est le symbole de l’Étude, et le coq, que tient un enfant, celui des veilles qu’elle coûte.
M. Mariette était singulièrement versé dans les Connoissances historiques de tout ce qui concerne les arts, c’est pourquoi on y a joint l’Histoire qui écrit sur le dos du Temps.
'hommage des arts.
Réduction de la gravure de B. L. Prévost, d'après la composition exécutée par C. N. Cocliin le fils, en 177O.
(Collection de M. Béraldi père.)
LES ARTISTES CELEBRES
de ces éle'gances qu’il a quelque peu maltraitées dans la suite. L’ingrat ! c’est à elles qu’il doit le plus solide de sa gloire; gloire un peu mince sans doute, mais brillante, mais vivante. Cochin le fils est essentiellement l’évocateur des Menus-Plaisirs, le dessinateur de la période Boucher, comme Cochin le père était le graveur de la période Watteau. Boucher a dit les mœurs faciles, la corruption molle et cynique de son temps dans ses toiles alanguies et fardées; Cochin, lui, a fixé sur le cuivre les grâces pimpantes, les manières coquettes, la tenue discrète et pourtant sémillante de la cour en représentation. Par là il prend une valeur historique. Sans parler des innombrables profils où il a gravé comme sur médaille deux générations d’hommes distingués dans tous les genres, il est le seul artiste du xvme siècle à nous rendre, par des tableaux d’ensemble, la vie de Versailles, le Théâtre des Petits Cabinets, les Pompes de Notre-Dame et de Saint-Denis. Ajoutons que son crayon est toujours chaste. Un instinct inné d’élégance l’a toujours sauvé de la bassesse ; jamais il ne fut ni graveleux, ni meme équivoque. Sa chronique n'a rien des Mémoires secrets. Il est le peintre aimable et superficiel d’une société très aimable et très superficielle. Que faut-il de plus ? Cochin vivra, pour avoir papillonné autour de l’art comme il papillonnait autour de la favorite, pour avoir coqueté avec la vérité comme les courtisans qu’il peignait coquetaient avec la nature. Il est français d’esprit, courtisan par adoption, rococo par fonction. Encore un coup il vivra, non pas comme un tableau de Chardin ou un bon roman de l’abbé Prévost; non pas comme une scène de David ou un cri de la Nouvelle Héloïse ; il vivra, dis-je, comme ces pastels demi-fanés de La Tour dont les yeux seuls et le sourire parlent encore, ou comme le vers alerte de Gresset.
( Histoire de Frauce, 1749.)