CHAPITRE
Historique
C'est à Clado que nous devons, en 1887, la découverte dans le milieu urinaire du microbe virulent qui est l’objet de notre étude. Il l’appella bactérie septique de la vessie. Albarran lui donna le nom de bactérie pyogène. Achard et Renaud enfin l’identifièrent définitivement au colibacille, germe qui, d'autre part, avait été découvert dans }intestin, en 1885, par Escherich. L'on remarqua, en effet, que ces bactéries d’origine si différente possèdent les mêmes qualités morphologiques, qu'elles se comportent d’une égale manière dans les cultures sur divers milieux et qu’elles ont les mêmes propriétés physiologiques.
L'identité du germe ne fut pas cependant admise par tous. L'école lyonnaise, notamment, confondit le colibacille avec le ’bacille typhique, et ce n’est qu'après les travaux de l’école dualiste, sous la forte impulsion de Widal et Chantemesse, puis de Thoinot et Brouardel, que l’on admiît les nettes différences qui séparent les deux bacilles, tant au point de vue de leurs propriétés vitales que de leur mor phologie.
Les recherches se multiplièrent alors et, grâce aux trevaux de Laruelle, Achard, Gilbert, la place de la colibacillose dans le cadre nosologique fut considérablement élar-
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En 1889, la thèse d'Albarran apporte un élément nouveau aux discussions pathogéniques. On né concevait pas, jusqu'alors, la possibilité d’une infection pyélo-rénale par un autre mécanisme que celui de l'infection ascendante. Ne craignant pas se mettre en contradiction avec les théories de l’époque, Albarran eut le grand mérite d'attirer l'attention sur la possibilité de l’origine hématogène de la colibacillurie. |
En 1892, par son capital mémoire sur « les affections du rein et du bassinet consécutives à la compression de l’uretère par l'utérus gravide », Reblaud s’attacha à démontrer que le microbe responsable de l'infection rénale est le colibacille, que l'intestin est le point de départ essentiel de cette infection, enfin que la légère hydronéphrose mécanique due à la gestation et la stase urinaire qui en résulte favorisent la colonisation microbienne.
À partir de ce moment, les travaux se multiplient et apportent à la discussion du problème des éléments d’ ordre expérimental, clinique, thérapeutique.
Posner fournit une donnée expérimentale en montrant que le colibacille pénètre dans l'appareil urinaire à la faveur d'une ligature de l'intestin.
Bar et Bouillé, Poncet, Vinay, Navas, Heubner publient des observations précisant l'étude clinique des colibacilluries.
Enfin, Weiss, Rouhier, Pasteau proposent et discutent les premières données thérapeutiques.
En 1904, la thèse de Cathala, inspirée par Bar, met en valeur le point de départ intestinal de la colibacillurie, grâce à l’existence d'une étape intermédiaire, phase de cofibacillémie et montre, d'autre part, que la pyurie peut être précédée d’une phase de bactériurie.
Les travaux de Widal, Lemierre, Besnard et H. Vincent, varent, confirmer cette proposition pathogénique, en notant la présence du colibacille dans le sang.
Un peu plus tard, les travaux et les observations de Couvelaire précisent le mode de compression de l’uretère au cours de la gestation.
Après la guerre, les documents recommencent à affluer. À l'étranger, la question est étudiée par Edwards, Lieb, Mac Carthy, Lombardini.
En France, Couvelaire, Achard poursuivent leurs travaux. Roux met en valeur «les troubles intestinaux qui favorisent l'infection colibacillaire des reins ».
Heitz-Boyer (1919 et 1922) montre la considérable fréquence des infections urinaires d’origine intestinale. Il donne à l'ensemble des phénomènes le nom de syndrome entéro-rénal.
Enfin, le Professeur H. Vincent s’est, au cours de ces dernières années, particulièrement attaché à l'étude biologique du colibacille et en a fait l'objet de plusieurs communications à l’Académie des Sciences et à la Société de Biologie. Il a mis au point, d'autre part, un sérum thérapeutique dont nous étudierons les effets. |
La question des « cotibaCilluries » à été mise à l’ordre du jour du Congrès de Bruxelles en 1926.
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