RES
a) Une fois sur dix, en moyenne, nous avons constaté la présence du colibacille. Bassler a trouvé un pourcentage voisin (9 p. 100), William Esthel un chiffre nettement supérieur (22 p. 100), Pirondini (33 p. 100).
b) La latence complète de ces colibacilluries nous semble due vraisemblablement au bon état mécanique des votes excrétrices.
ce) Le caractère d’innocuité relatif de cec colibacilluries semble dû à ce fait qu'il ne s'agit pas d’une élimination régulière, mais bien de simples décharges passagères. Des examens en série montrent en eïfet que telle femme ayant présenté du colibacille à un examen n'en présente pas à un suivant. |
d) Les renseignements histo-bactériologiques montrent qu'il s’agit presque toujours de bactériur'e, sans aucune réaction cellulaire. | |
e) Il s’agit indistinctement de malades présentant ou non des troubles intestinaux, avec une légère prédominance pour ces derniers.
3°) Dans un troisième ordre de cas, la colibacillurie est tout à fait latente au point de vue urinaire mais elle se traduit par un symptôme d'emprunt qui égare le âiagnostic si un examen d'urines n'est pas pratiqué. Ô
C'est ainsi que certaines colibacilluries méconnues ont fait poser les diagnostics de grippe, de lithiase, d’appendicite, d’annexite. Est-il besoin de dire que certains malades ont été opérés sans obtenir la moindre sédation de leurs phénomènes douloureux ?
Formes Hématuriques.
A 1 , r . rar . > { L'hématurie a été depuis longtemps constatée au cours
des pyélonéphrites, mais on ne lui accorde pas toujours la place qu'elle mérite, et l’origine manifestement infectieuse de certaines hématuries échappe parfois, faute d'un exa-
LPS men urinaire. Heitz-Boyer, Bouvier, Blanc ont récemment insisté sur l'importance de ces formes hématuriques.
On peut observer, au cours de cystites intenses, une hématurie à caractère terminal qui ne fait qu'ajouter un symptôme au tableau clinique et ne présente pas un grand intérêt.
Beaucoup plus importantes sont les hématuries totales, parfois très abondantes, et qui ont souvent donné lieu à des erreurs ou éveillé l’idée de diagnostics plus sévères. Il n'est pas douteux, d'autre part, qu'un certain nombre d'hématuries dites essentielles doivent rentrer dans le groupe des hématuries colibacillaires.
L'erreur est parfois commise d'autant plus facilement, que ces hématuries ne s’accompagnent souvent que d’une bactériurie très fugace et, dès le lendemain de la poussée hématurique, les urines peuvent être amicrobiennes. Dans certains cas, l'examen direct est négatif et le colibacille n'est mis en évidence qu'après culture.
Cliniquement, cette hématurie est parfois très abondante. Elle s'accompagne de la présence de caillots dans certains cas et présente un caractère capricieux. Le repos ne la calme pas toujours. Gelte hématurie peut affecter une allure rebelle se prolongeant pendant des mois (obs. r10)).
Trois ordres d'éléments contribueront au diagnostic de cette forme
1°) Recherche des troubles intestinaux : *
2°) Examen histo-bactériologique des urines. I ne s’agit en général, que d’une simple bactériurie.
Plus rarement la formule est complété par lexistence d’une réaction cellulaire.
3°) Cathétérisme urétéral, qui est à la fois un élément de diagnostic et de traitement.
Le diagnostic n’en sera pas moins parfois l’occasion de quelques erreurs.
La tuberculose rénale prête surtout à confusion, car la
Fe . È gyurie sans bacilles de Koch n’est pas rare et le colibacille peut, d'autre part, s’adjoindre à une infection tuberculeuse. Il faut renouveler les examens de laboratoire sur urines concentrées, faire l’inoculation au cobaye.
La lithiase ne sera guère l’occasion d'erreurs que si la radiographie est négative. Rappelons que la colibacillurie est assez souvent associée à la lithiase.
Le cancer sera éliminé facilement, car l'infection des urines n'y est pas fréquente.
L'hématurie par néphrite sera reconnue grâce aux circonstances étiologiques.
Mais nous avons précédemment dit que les infections ‘urinaires sont vraisemblablement à incriminer dans la production de certaines néphrites chroniques médicales.
L'hématurie essentielle est un diagnostic très délicat. La constatation d’urines stériles ne suffit pas toujours à affir. mer la nature essentielle d’une hématurie, en raison du caractère souvent fugace de la bactériurie causale. I s’agit ici d'un diagnostic d'évolution où les examens d’urines doivent être répétés. (Examens directs et cultures).
Formes Fébriles.
Elles comprennent plusieurs variétés Forme septicémique
Elle se manifeste par ue symplomatologie à grand fracas : début brutal, température élevée, frissons, malaises, signes digestifs. Celle forme est souvent prise pour une grippe, un embarras gastrique fébrile.
Le diagnostic s'affirme cependant par la constatation d’urines infectées, parfois seulement au moment de la chute thermique, sous forme de véritables débâcles.
Cette forme correspond à des décharges bactériémiques et l’hémoculture en apporte parfois la confirmation. Prati-
Le HE) En SA LA quée en pleine poussée thermique, elle se montre positive, mais de façon très inconstante.
l'orme pseudo-typhique :
Elle simule parfois de très près la typhoïde en raison de la température, des signes digestifs. Mais quelques signes discordants mettent en éveil : pouls non dissocié, température plus irrégulière, pas de tuphos et surtout hémoculture négative. Mais H. Vincent a montré qu'une septicémie colibacillaire peut compliquer une fièvre typhoïde. Cet état grave, avec signes généraux accentués, fièvre élevée, prostration, est assez souvent rencontré au cours des formes rénales avec abcès miliaires.
Forme pseudo-palustre
Le caractère intermittent des poussées fébriles éveille parfois l'idée de paludisme. Dans d’autres cas, la colibacillose apparaît chez un paludéen. (Fièvre coli-malarienne de Vincent). La diarrhée, très marquée dans cetie forme, facilite le passage du colibacille dans le système circulatoire. Il en résulte une septicémie colibacillaire d’une extrême gravité. Les malades présentent une fièvre à type continu avec ‘stupeur, dont la durée est de une à deux semaines, Aïnsi, le paludisme tropical, la fièvre typhoïde et même l'ictère grave peuvent ouvrir la porte à la septicémie colibacillaire. Dans ces divers cas, les malades ont souvent des symptômes d’entéro-côlite profuse avec état général fort grave.
Forme fébrile avec rétention rénale
Elle .s’accuse par une température élevée, coïncidant avec une douleur lombaire d’une extrême intensité. La palpation permet de sentir parfois un rein augmenté de volume et douloureux.
Il convient de ne pas méconnaître cette forme, car elle est l'expression d’une rétention aiguë pyélo-rénale et il faut lui opposer une thérapeutique d'urgence. Un cathétérisme uré-
Ras
téral fait disparaître presque immédiatement la douleur et la température revient à la normale, parfois très brusquement: (Fig. r, obs. 6). :
FiG. 1. — Colibacillurie fébrile avec rétention rénale. Cathétérisme. Chute thermique (obs. 6).
Formes Infant les.
La colibacillurie est loin d’être exceptionnelle chez l’enfant et le nourrisson, mais cette variété clinique a été longtemps méconnue.
Les travaux d’Armand Delille, Bespaloff, Lestoquoy, de Ribadeau-Dumas, la thèse très documentée de Bernheim, ont contribué à la bien faire connaître.
L’affection prédomine chez le nourrisson. Les Hredbie digestifs si souvent constatés chez lui en expliquent la fréquence, Car suivant les conceptions pathogéniques actuelles, il s’agit, en général, comme chez ladulte, d’une infection hématogène.
Des examens systématiques de DA RES ont permis de retrouver l'infection urinaire dans 5 % des cas environ.
Lirpense
L’affection se rencontre aussi bien chez l'enfant nourri au sein que chez celui qui est alimenté au biberon. Peut-être, chez ce dernier, le lait joue-t-il un rôle dans la fréquence de l'affection. Nous savons, en effet, que le colibacille pullule dans les étables et qu'il infecte souvent le lait. Or, stérilisation par ébullition est imparfaite si l’on se contente de faire « monter » le lait. La température est alors de 70 à 80°. Dans ces conditions, on ne détruit pas la toxine entérotrope, g Ant de troubles intestinaux, qui ne perd ses propriétés qu à à 95-98°.
Cliniquement, l'attention n'est pas toujours attirée sur l'appareil urinaire. Souvent, l'affection réalise un tableau de gastro-entérite, avec vomissements et diarrhée. Le facies est infecté, la dénutrition parfois marquée au point de confiner à l’athrepsie. La température est irrégulièrement élevée, présentant parfois de brusques crochets.
Plus rarement, des phénomènes nerveux à type convulsif ou pseudo-méningé peuvent égarer le diagnostic.
Fonctionnellement, les signes urinaires sont souvent inexistants ou réduits au minimum.
Il faut donc penser à examiner les urines de tout enfant fébricitant où présentant des symptômes généraux ou des troubles digestifs. Les urines sont troubles et l'examen histo-bactériologique montre la présence de nombreux colibacilles. ;
Le pronostic de l'affection est en général favorable, sous réserve que le traitement soit précocement institué. La guérison sürvient en quelques semaines.
Il faut cependant connaître la possibilité de formes à rechutes et de formes chroniques, sous ‘la dépendance de lésions importantes du rein ou de l’uretère. .
La mort peut s’ensuivre. Plusieurs fois, F. Still à noté la présence d’abcès corlicaux du rein et Armand-Delille, dans un cas, a trouvé « le bassinet et l’uretère gauches très distendus et remplis de pus, les parois de l’uretère très hypertrophiées et une sténose très marquée de l'extrémité in-