‹ Les collectionneurs de l'ancienne RomeChapitre 20 sur 74 · Neque harum quas colis arborum · texte numérisé non relu

Neque harum quas colis arborum

Te, praeter invisas cupressos,

Ulla brevem dominum sequetur.

Horace, Od., II, i4.

2. Plutarque, Lucull., 79 ; Ampère, IV, 424 . « Le Scythe, si improprement appelé le Rémouleur, a été trouvé dans les jardins, et a peut-être fait partie de la collection de Lucullus. »

Ces jardins étaient situés région 9 » du cirque Flaminius, au pied du Monte Pincio. Sous Claude, ils appartinrent à Valerius Asiaticus, deux fois consul. Messaline, jalouse de ce personnage, qu’elle croyait l’amant de Poppée, et convoitant ses jardins, le força à s’ouvrir les veines. C’est dans les jardins de Lucullus que Messaline essaya de se tuer, sans en avoir le courage ; il fallut la pousser de force sur une épée pour la faire mourir. Tacite, Ann., XI, 36.

beau personnage et de belle taille, bien parlant, sage et auisé, » Lucullus n’est rien moins que cette manière de millionnaire repu dont le souvenir est resté. Il adore les arts, les lettres, toutes les élégances, et y consacre son immense fortune avec « cette grâce de facilité et cette splendeur de gloire » qu’il savait mettre à tout.

Ses villas 1 sont le rendez-vous des artistes et des lettrés de la Grèce, car il fait profession, — et cette indépendance est un des traits les plus honorables de son caractère, — de rechercher les Grecs, si méprisés de ses contemporains 2 . Lié avec Arcesilas, le sculpteur à la mode, il lui confie des travaux importants pour sa galerie; à Athènes, il commande des copies aux malheureux peintres que le sac de la ville a laissés sans travail. Les tableaux, les statues, « pour lesquels il avoit la curiosité grande, et qu’il amassoit de tous costez à gros frais et grands despens, » remplissent ses jardins, ses villas, son cher Tusculanum surtout 3 . Là, à côté des chefsd’œuvre de la Grèce et de l’Asie , Lucullus avait réuni des parcs à animaux, des viviers en pleine exploitation, des pépinières, les premiers cerisiers in-

1. Il avait une villa à Misène, où il lit faire des travaux gigantesques que l’on admire encore aujourd’hui. Tibère y mourut.

2 . « Jamais Lucullus n’entra une seule fois avec armée dans ville grecque ou confédérée. » Plutarque, Luc., 66. Nous verrons plus loin, page 76, à propos de sa bibliothèque, comment il accueillait les Grecs.

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