Velleius Paterculus, loc . cit
niers types d’amateurs de cette époque, n’est pas le moins curieux.
Pollion guerroie , il collectionne , il fait des plaidoyers, des vers, de l'histoire, des tragédies , de la critique littéraire, de la politique; Horace lui adresse une de ses plus belles odes, et Virgile une églogue admirable C’est l’homme de toutes les heures, comme on l’appelait, omnium horarum *, une nature remuante , exubérante , franchement méridionale, mais non sans grandeur : Pollion sauva Virgile de la proscription et le fit connaître à Mécène; il ouvrit la première bibliothèque publique à Rome. Ses villas, son Tusculanum, ses jardins, horii Asiniani 3 , ne lui suffisaient pas ; il éleva sur l’Aventin un ensemble d’édifices, les Monuments de Pollion *, et y plaça les groupes les plus considérables de l’antiquité : des Centaures enlevant des Nymphes, des Amazones à cheval, Jupiter et 1 Océan, les Cinquante Thespiades, la copie de la Vesta assise et des deux suivantes par Scopas, les Amours-Hermès de Tauriscus, enfin le groupe monumental de Zethus, Amphion, Dircé et le Taureau , qui, parvenu jusqu’à nous à travers bien des restaurations, s’appelle aujourd’hui le Taureau Farnèse.