‹ Les collectionneurs de l'ancienne RomeChapitre 30 sur 74 · A gauche de la voie Appia, en dehors de la porte Capène · texte numérisé non relu

A gauche de la voie Appia, en dehors de la porte Capène

4. « Pollio Asinius, ut fuit acris vehementiæ, "sic quoque spectari monumenta sua voluit. » Pline, XXXVI, i4.

Terminons là cette rapide esquisse des principaux amateurs de Rome.

Sous Auguste, les collections privées faillirent disparaître. Tous ces grands seigneurs avaient fini par accaparer dans leurs villas un nombre prodigieux d’objets d’art, c’était un véritable exil 1 2 . Agrippa, ïalter ego d’Auguste, le dernier des grands citoyens, protesta énergiquement contre cet abus. Il prononça même un discours sur l’utilité de faire rentrer dans le domaine public les statues et les tableaux des particuliers. Luimême avait donné l’exemple en consacrant au culte son Panthéon, en faisant construire pour le peuple des fontaines publiques ornés de statues et de colonnes, et en lui léguant ses thermes et ses jardins. Mais Agrippa n’est pas de son siècle; seul de son temps, il a conservé le vieil esprit romain, qui se sacrifie à la chose publique; on en fait une sorte de paysan du Danube, vir rusticitati propior quam deliciis *.

1. Pline, XXXV, g. « Quod fieri satius fuisset, quam in villarum exsilia pelli. »

2. Pline, loc. cit., et XXXVI, 24. Agrippa fît élever 700 abreuvoirs, 106 fontaines, i3o réservoirs, avec 3oo statues et 4oo colonnes. Ses thermes possédaient, sur la façade, le fameux Baigneur au strigile de Lysippe. Ses jardins étaient au-dessus des Thermes, au milieu du Champ-de-Mars; on y remarquait un Lion renversé de Lysippe. Néron y donna une fête monstrueuse dont parie Tacite. (Ann., XV, 3y.)

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