‹ Les collectionneurs de l'ancienne RomeChapitre 31 sur 74 · D’UNE COLLECTION · texte numérisé non relu

D’UNE COLLECTION

ssayons maintenant de nous représenter l’aspect d’une Collection.

Dans la maison romaine, Y Atrium, la première grande pièce en entrant, est à la fois le Sanctuaire et le Grand Salon ouvert aux amis, aux clients, au public; la seconde partie, le Péristyle et ses dépendances, est réservée à la famille. Dans Yatrium sont les dieux domestiques, les portraits de famille avec leurs banderoles généalogiques , stemmata.

La place était donc indiquée pour les objets d’art, et la disposition des atria, recevant le jour d’en haut par le centre 1 et entourés pour la plupart

i. V atrium est à proprement parler une cour dont les côtés seulement sont couverts. Le centre est en plein air, c’est ce qu’on appelle le compluvium.

d’une colonnade couverte, se prêtait merveilleusement à l'installation des statues et des grandes pièces décoratives.

Plusieurs bas-reliefs en terre cuite représentent des intérieurs d ’atria, faciles à distinguer par la disposition des tuiles du toit, qui sont apparentes et inclinent vers le spectateur. Le musée Napoléon III en possède quatre', dans lesquels je crois même reconnaître des atria de collectionneurs, de véritables galeries. Le toit est supporté par des colonnes qui partagent la composition en cinq divisions symétriques; entre chaque colonne l’artiste a placé des Hermès, des statues, des vases de grande dimension 2 . Au-dessous de la corniche et contre le mur de l’atrium sont suspendus des ornements divers, des guirlandes, des têtes sculptées, des trophées indiqués par le pelta, bouclier asiatique 3 ; enfin, des plaques de forme ronde, paraissant contenir au centre un médaillon. Ne faut -il pas reconnaître

1. Sous les vitrines, à gauche et à droite du côté de l'escalier. Le Dictionnaire de Rich, au mot Clypeus, donne le dessin d’un intérieur analogue.

2 . Quelques-uns de ces vases offrent une certaine analogie avec les grandes poteries étrusques à panse cannelée qui sont placées au milieu de la même salle. Toutefois des anses sont indiquées sur nos bas-reliefs, tandis que les spécimens du musée Napoléon III et de la Bibliothèque n’en ont jamais eu.

3. Dans l’origine, ces trophées se plaçaient en dehors et sur le seuil. Mais il est à supposer que la vanité des Romains et l’adulation de. leurs clients les amena à introduire aussi dans V atrium ces souvenirs glorieux de la famille.

dans ces plaques les clypei (boucliers) sur lesquels étaient sculptés en relief les portraits des personnages illustres de la famille, et que l'on fixait autour de l 'atrium 1 2 ? Les nœuds de ruban si nettement accusés dans nos bas-reliefs, et dont les extrémités flottent de chaque côté des boucliers, ne seraientils pas aussi ces banderoles généalogiques dont parlent Pline et Sénèque*? Je livre aux érudits ma conjecture pour ce qu’elle vaut, en demandant grâce au lecteur pour ma petite campagne archéologique.

Imaginez un atrium corinthien, le plus noble de tous, entouré, comme chez Scaurus, d’un portique à 38 colonnes de 11 m. 25 c. de haut 3 , supportant un plafond à caissons d'ivoire et d’or. Les colonnes , le dallage en mosaïque, le lambris jusqu’à hauteur d’appui, tout est en marbre des variétés les plus rares : marbres orangés, fleuris, ondés, noir lucullien (noir antique), vert d’Égypte, blanc d'ivoire, jaune antique, vert-jaune et noir, rouge-noir et jaune, brèches, albâtres, etc., amenés à grands frais de l’Archipel, de la Syrie, d’Égypte ou de Numidie 4 ; au centre, un élégant bassin de marbre avec

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