CICÉRO^C, SYLLA, QATTICUS, VARRO&Ç, ETC
ai dit que Cicéron se piquait d’être amateur. En effet, deux ans après ses fameuses harangues contre Verrès (Cicéron avait alors trente-huit ans) , nous le voyons pris d’une belle passion pour les objets d’art.
Il avait de la place pour les loger : une douzaine de villas, sans compter ses maisons de Rome 4 . Cicéron avait d’abord habité les Carènes, au pied du Cœlius. « Voyez-vous, près de l’Arc de Constantin, cette pauvre porte cochère ronde et basse? dit le Président de Brosses; prosternez-vous, Quintin, c’est la porte de la feue maison de Cicéron. La place par où le maitre de la République romaine rentrait
i . Ses principales villas étaient Tusculum, Antium, Cumes, Formies, Gaëte, Arpinum (la villa paternelle), Astura , Pompéi, Ficulée, Sicca. Ampère, IV, 52 Q.
chez lui, précédé de douze licteurs et suivi de deux mille chevaliers romains, n’est plus que le chétif atrium de quelque vigneron. Qu’est-ce que de nous? Cela fait peur'. »
Des Carènes, Cicéron monta au Palatin, du quartier des financiers chez les patriciens. L’histoire de sa maison du Palatin est connue. Bâtie'par Drusus, acquise et fort embellie par Crassus. l’orateur, qui y gagna le surnom de Vénus du Palatin, cette maison échut au triumvir Crassus, le plus riche personnage de Rome, qui la vendit à Cicéron 3,5oo,ooo sesterces (environ 700,000 fr.) *.
Il faut voir, dans les lettres à Atticus, l'ardeur qui anime notre collectionneur néophyte; mais cette chaleur est-elle bien sincère? Soyons franc : Cicéron suit la mode, mais c'est un médiocre connaisseur ; Verrès, qui n’avait pas à le ménager, l’appelait un peu rudement idiota, comme nous disions jadis un welche, un philistin. J’ai déjà parlé du sans-façon avec lequel Cicéron traite le goût des arts; en voici un nouvel -échantillon assez curieux 3 .
« Dans une maison, les esclaves qui touchent aux objets d’art, qui les nettoient, les frottent, les époussettent et les lavent , tiennent le dernier rang parmi leurs camarades. De même, dans un État, les