Pline le jeune écrit à Vérone (IV, 38) pour avoir les
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l’exercice du corps facilitant lcxercice de l’esprit. Entre les colonnes, des plutei de marbre creusés en caisses et ornes de bas-reliefs recevaient des fleurs et des arbustes rares. Des exhèdres ornés de tableaux etde statues, et entourés de sièges en marbre, offraient encore pendant la pluie une retraite aux lecteurs.
La mode des bibliothèques devint bientôt générale; on en mit dans les temples, sous les portiques, aux thermes, jusque dans les salles de bains et les salles à manger. Le bon ton était que chaque maison eût sa bibliothèque , et souvent l’amour des livres n’y entrait pour rien.
Sénèque critique vertement la manie de n’avoir des livres que pour la montre : « Que me font, ditil, ces milliers de livres? La vie de leurs propriétaires suffirait à peine pour en lire les titres... Tel homme qui n'a pas même la teinture des lettres qu’on exige d’un esclave, a des livres, non pour l’étude, mais pour l'ornement de sa salle à manger !... Tel autre, tout fier de ses bibliothèques de cèdre et d’ivoire, ne recherche que les ouvrages d’auteurs inconnus ou méprisés, et bâille au milieu de ces volumes qu’il n'aime que pour leurs titres. Chez les gens les plus paresseux, vous trouverez la collection complète des orateurs et des historiens, et des rayons de livres jusqu’aux combles. Passe encore si cette
copies peintes des portraits de Cornélius Nepos et jde Cassius , pour la bibliothèque d’un de ses amis.
Les bustes se plaçaient aussi sur des consoles contre les murs. Juvénal, Sat. 1.
manie venait d’une passion pour l’étude ; mais les chefs-d’œuvre de ces divins génies, les ouvrages ornés de leurs portraits, tout cela ne sert qu’à parer la muraille*. »
Notre cher poëte Horace comprenait autrement l'amour des livres.
Qui ne se rappelle ces adorables vers 2 ?
O rus, quando te aspiciam ! quandoque licebit Nunc veterum libris, nunc somno et inertibus horis Ducere sollicitce jucunda oblivia vitce!
« Savez-vous bien, dit-il encore à Lollius 3 , quelle est ma prière de tous les jours? Grands Dieux ! consentez-moi le peu que j’ai, moins encore s’il vous plaît; accordez-moi de vivre pour mon compte les jours que votre indulgence m’a réservés; que j’aie une bonne provision de livres et une année à l’avance de mon petit revenu, pour ne pas vivre au
hasard de chaque jour Quant à la paix du cœur,
j’en fais mon affaire. »