‹ Les collectionneurs de l'ancienne RomeChapitre 55 sur 74 · Ch. Blanc, Gramm. des Arts · texte numérisé non relu

Ch. Blanc, Gramm. des Arts

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d'une conservation parfaite. Une visite aux pierres de notre Cabinet, la première collection du monde, est donc la révélation saisissante, à la portée de tous, du génie grec dans sa splendeur; on ne sort pas sans émotion d’un pareil sanctuaire.

On connaît le goût des Romains pour les bagues; ils en mettaient à chaque phalange, sauf au doigt du milieu , ils les changeaient plusieurs fois par jour ; on avait bagues d’hiver et bagues d’été. Généralement le chaton était orné de pierres fines, presque toujours d’intailles.

Un de ces anneaux servait de cachet. Naturellement le connaisseur exigeait que la pierre fût rare et la gravure excellente. Le cachet de Sylla représentait Jugurtha livré par Bocchus; celui de Pompée, un lion armé ; après la mort de Pompée, il passa à César; Mécène avait adopté une grenouille, Octave, un sphinx ; l’Empereur remplaça le sphinx, dont on plaisantait, par la figure d’Alexandre, et plus tard par sa propre tête gravée par l’illustre Dioscoride. .

« On ne montait en bagues que de très-petits camées. La plupart des pierres sculptées en relief, comme les intailles de très-grande dimension, se portaient sur des diadèmes, des colliers, des bracelets, des ceinturons, des fourreaux etdes poignées d’épée, ou même des chaussures de luxe 1 . »

i. F. Lenormant, coll. Campana, Gap. des Beaux-Arts XIV, 3a3.

L’orfèvrerie tirait aussi un grand parti des matières précieuses. Les émeraudes, les perles, les camées, servaient à rehausser la vaisselle d’or 1 ; on creusait en forme de coupes, de gondoles, d’aiguières, la sardonyx, l’améthyste, le jaspe, l’ambre, le cristal de roche, et on y gravait des bas-reliefs ou des intailles du meilleur goût 2 .

i Tandis que Virron boit dans des patères en béryls (aigue-marine), toi, dit Ju vénal à un parasite, on ne te confiera point de coupe d’or, ou, si par hasard on t’en laisse une, un gardien veille à tes côtés qui compte les pierres et suit de l’œik tes ongles recourbés. Ne t’en formalise point I cette coupe est ornée d’un jaspe célèbre ; car Virron, comme tant d’autres, dépouille ses doigts pour enrichir sa vaisselle, et cette pierre ornait jadis le pommeau d’épée du jeune Troyen (Enée), rival préféré du jaloux Hiarbas 3 4 . »

Une coupe en cristal de roche se payait fréquemment 1 5o,ooo serterces (3o,ooo fr. env.); une simple figurine en ambre, — les femmes adoraient cette nuance blonde, couleur de Falerne. — coûtait plus cher qu’un esclave*.

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