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Pline, XXXVII. La Bibliothèque en possède quelques

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Mais nous sommes loin des folies que l’on faisait pour les murrhins, cette matière énigmatique qui a tant exercé la curiosité des savants sans que le problème ait encore trouvé sa solution 1 ?

Les murrhins sont le pendant des tables de citre ; un petit vase de cette matière, d’une contenance de deux litres et demi environ, avait été payé 70 talents (385,ooo fr.). C’était la coupe d'un consulaire qui, dans sa passion pour un morceau aussi rare, en avait rongé les bords. « Cette détérioration en a fait hausser le prix, et aujourd'hui aucun

morceaux antiques. A la vente Castellani se trouvait un petit vase à couvercle en ambre avec de jolis bas-reliefs. « Succinum miré cavatum in lapides ut bibas. » Apulée, Met., 1.

1. On a cru y reconnaître tour à tour un produit naturel et un produit artificiel : de l’argile pétrie dans la myrrhe, de l’agate (opinion de Winckelmann), une sorte de coquillage, du spath-fluor, de la porcelaine (opinion de Mariette et de Caylus). Voici pour les chercheurs ce qu’en dit Pline :

« En plaques, la matière murrhine ne dépasse guère la dimension d’une tablette de petite console ; les blocs ont rarement le diamètre d’un verre à boire ordinaire. L’éclat en est peu vif; pour mieux dire, c’est plutôt du brillant que de l’éclat. Ce qui en fait le prix, c’est la variété des teintes et ces taches qui serpentent en veines de pourpre et de blanc pur, et vont se confondre en une troisième nuance où la pourpre devient flamboyante et le blanc de lait tourne au rose. Quelques amateurs admirent surtout les arêtes et certains reflets irisés comme l’arc-en-ciel, d’autres préfèrent le mat des taches. La transparence et la pâleur sont un défaut, ainsi que les grains et les soufflures qui ne font pas saillie et s’étalent comme certaines tumeurs dans le corps humain. L’odeur donne encore du prix à la matière. » Pline, XXXVII, 8 .

DE LANCIENNE ROME. IOI

murrhin ne possède un certificat d’origine aussi illustre*. »

Ce même personnage, dont le nom ne nous est pas parvenu, engloutit des millions dans sa collection de murrhins. Il en possédait une telle quantité quelle suffisait « pour remplir le théâtre particulier que Néron avait fait construire dans ses jardins au delà du Tibre. C’est alors, dit Pline, que je vis compter un à un les fragments d’un de ces vases que le prince, pour proclamer, je pense, les regrets du siècle et la cruauté de la Fortune, voulait conserver dans un monument, comme le corps d’Alexandre le Grand 1 2 . »

Petronius, arbiter elegantiœ, celui-là même à qui l’on a attribué avec le plus de vraisemblance la paternité du Satyricon, avait dans sa collection une coupe, trulla, en murrhin, qu’il avait payée 3oo talents (i,65o,ooo fr.). « Avant de mourir, et pour en déshériter Néron qu’il détestait, il la fit briser en morceaux 3 . »

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