Pline, loc. cit
3. Pline, loc. cit. On contrefaisait à merveille les murrhins avec l’obsidienne blanche; le musée Napoléon III possède des coupes en verre coloré qui passent pour être des imitations de murrhins.
La falsification des pierres était très-développée à Rome. «< On a poussé l’art, dit Pline, au point de changer une pierre véritable en une fausse d’une autre espèce. Par exemple, on fait des sardonyx en collant trois pierres fines, et l’on ne peut distinguer la fraude tant on choisit habilement le noir, le blanc, le vermillon parmi les pierres les plus estimées. II
Les collections de pierres précieuses, dactyliothèques, commencèrent à se former vers la fin de la République. J’ai dit un mot de celle de Scaunis, la première qui parut à Rome, et de celle de Verrès. Pompée promena dans un de ses triomphes la splendide dactyliothèque de Mithridate , qui contenait, dit-on, 2,000 vases en matières précieuses *. Suivant une tradition, le célèbre canthare (coupe des Ptolémées) de la Bibliothèque aurait fait partie de ce trésor. César avait six collections de pierres fines qu’il dédia dans le temple de Vénus Génitrix. Antoine forma la sienne comme sa bibliothèque et sa galerie ; il proscrivit Nonius, un sénateur, pour une opale d’une grande beauté et de la grosseur d’une aveline.
existe même des traités, que certes je n’indiquerai point, où l’on donne des recettes pour colorer le cristal en émeraude et autres gemmes diaphanes, pour changer la sarde en sardonyx, etc. Nulle espèce de fraude ne rapporte davantage. »
Avec le verre coloré on contrefaisait les topazes, les opales, les jaspes, le lapis; avec le succin (ambre jaune), les améthystes; l’ambre lui-même se colorait à volonté avec le suif de chevreau et la racine d’orcanette. L’obsidienne blanche imitait l’hyacinthe, le saphir, et en général toutes les couleurs. Pline, XXXVIII, pass.
Les pâtes de verre coloré servaient à prendre des empreintes de' camées et d’intailles , et l’imitation était si réussie que, de nos jours même, on s’y est trompé. ( Catal . de la Biblioth., n° 3353). Cette fraude a eu du moins le mérite de nous conserver d’excellents moulages d’originaux admirables qui n’existent plus ; souvent même, i)s reproduisent jusqu’aux veines et aux stries qui se trouvaient sur la pierre originale.
WlNCKELMANN, I, 2.