‹ Les collectionneurs de l'ancienne Rome, notes d'un amateur E. BonnafféChapitre 41 sur 77 · Ad Gall · texte numérisé non relu

Ad Gall

un Gymnase, une Palestre, remplis de peintures et de statues grecques ; lui-même déclamait, écrivait en grec, se modelait sur Démosthènes , et « vidait , c’est son mot, la boutique de parfumerie d’Isocrate et de son école*. » Quant aux Grecs euxmêmes, il les méprisait selon l’usage de ses contemporains. Contraste singulier, mais essentiellement romain , ainsi que je l’ai expliqué.

Je viens de nommer Démosthènes. En faisant des fouilles près de la villa Aldobrandini, on a découvert une figure admirable en marbre représentant le grand orateur athénien 1 2 . Une circonstance donne un intérêt tout particulier à cette découverte ; le marbre a été trouvé sur l’emplacement même du Tusculanum de Cicéron. Nous avons donc une des statues de sa collection, et cette statue est celle de Démosthènes!

Sans doute Cicéron l’avait placée près de lui, dans sa bibliothèque, au milieu de ses livres chéris, ses « vieux amis, » comme il les appelait 3 .

Les livres : c’est au milieu d’eux qu’on retrouve Cicéron tout entier; voilà sa vraie passion, la seule où la mode n’ait que faire ; « Pensez, écrit-il à Atticus , comme vous me l’avez promis, à me composer

1. Ad Att., 26. Le bon ton était de parler grec, comme aujourd’hui anglais. Les femmes parlaient grec à leurs amants, les maîtres à leurs esclaves.

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