‹ Les collections botaniques du Musée royal de physique et d'histoire naturelle de FlorenceChapitre 36 sur 57 · C. Dicotylédones · texte numérisé non relu

C. Dicotylédones

35. Gycadées. — Outre la grande plante de Macrozamia spiralis Mig. qui se trouve au milieu de la salle, et dont J'ai déjà parlé, on voit, dans l'étagère réservée à cette famille, les fleurs, les fruits et les graines des plantes de cette famille. Les épis de fleurs du Zamia mexicana Mig. les fruits du Cycas revoluta Thunb. du Japon, du Cycas circinnalis Linn. de Bornéo, du Cycas sphærica Roxb. des Indes orientales, du Cycas Rumphü Mig. des Moluques, du Zamia integrifolia Ait. de la Floride, du Macrozamia spiralis Mig. et du M. Dennisonii Moore de la Nouvelle-Hollande etc.

On remarquera aussi les fécules ou Sagous qu'on retire de quelques espèces de Cycas, la laine faite avec les Zamia etc.

36. Conifères. — Les Pins, les Mélèzes, les Sapins, les Dammara, les Araucaria, les Cyprès, les Genévriers, les Tuïa, les Ifs, et beaucoup d’autres genres qui composent cette belle et utile famille, sont pour la plupart des arbres de haute taille, ou des arbrisseaux; presque tous sont résineux, ne perdent pas leurs feuilles et ont pour fruit des strobiles ou cônes (auxquels la famille doit son nom), des drupes ou des baies; ils forment les forêts des pays froids, surtout dans notre hémisphère, et se trouvent aussi dans les Zônes tempérées et dans la Zône torride sur les hautes montagnes.

Toutes ou presque toutes les espèces connues jusqu’à ce jour sont représentées dans notre musée par leurs cônes, leurs drupes et leurs baies. Le visiteur trouvera ici les cônes des espèces les plus rares des Mélèzes, des Sapins, des Pins de l’Himalaya, de la Sibérie, de la Mandchourie, de la Chine, du Japon, des Philippines, des Canaries, des Etats-Unis, du Mexique; les immenses cônes des espèces de la Californie, des Pinus Sabi-

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niana Dougl., P. Coulteri Dougl., P. Montezumae Lamb. P. Ayacahuite, C. Ehrenb., des Araucaria du Brésil, du Chili, de la Nouvelle-Hollande ; les cônes, les drupes et les baies du Biota, du Cunninghamia, des Cephalotaxus, du Ginkgo, du Sciadopytis, du Thuiopsis de la Chine et du Japon; des Chamæcyparis, et des Torreya de la Chine, du Japon et de l'Amérique septentrionale ; des Sequoia où Wellingtonia de la Californie ; des Thuja, des Libocedrus des côtes occidentales des deux Amériques; des Callitris d'Algérie; du Fitzroya de Patagonie; des Widdringtonia de la Cafrerie; des Dammara des îles de la Sonde, des Philippines, de la Nouvelle-Calédonie et de la Nouvelle-Zélande; des Frenela, des Actinostrobus, des Arthrotaxis de la Nouvelle-Hollande, de la Nouvelle-Calédonie et de Van Diémen; des Dacrydium, des Phyllocladus de Bornéo, de Van Diémen, de la Nouvelle-Zélande ; des Ifs, des Cyprès, des Genévriers et des Podocarpes de beaucoup de pays. |

Cette collection, qui est remarquable aussi pour les formes ou variétés nombreuses des cônes de chaque espèce, et surtout pour la grande collection authentique de cônes des Pins du Mexique décrits par Roezl, a servi, avec la précieuse collection des Conifères des herbiers et du Jardin botanique, à mon ouvrage sur les plantes de cette famille, qui fait partie du Prodromus systematis vegetabilis de De Candolle, vol. XVF®*.

On voit en outre dans notre collection les graines de beaucoup de GConifères, quelques unes bonnes à manger, comme les pignons doux du Pinus Pinea Linn. de la région méditerranéenne, les graines du Pinus Cembra Linn. des Alpes, etc.

On remarqura encore dans notre collection :

Les singulières monstruosités de quelques cônes de Pins et de Sapins conservées dans l’esprit-de-vin, qui nous éclairent sur la véritable nature des écailles des cônes, et que j'ai fait connaître dans plusieurs Mémoires présentés à l’Académie des sciences de Paris, et surtout dans mon ouvrage intitulé: Séudir sulla struttura del fiore e del frutio delle Conifere, Firenze 1864, avec trois figures ;

L'épaisse écorce du Sequoia gigantea Torr. communément nommé Wellingtonia gigantea de la Californie, et de petits cous-

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sins faits avec cette écorce. On sait que quelques uns de ces Sequoia peuvent être comptés parmi les arbres les plus grands et les plus vieux de Ja terre, puisqu'ils atteignent jusqu'à 327 pieds de hauteur, et que leur âge est évalué à deux ou trois mille ans.

Les excroissances qui s'élèvent en forme de colonnes à la hauteur d’un mètre et plus, tout autour du tronc, sur les racines du Taxodium distichum Rich. vulgairement nommé Cyprès de la Louisiane ; |

La riche collection de bois, dont les uns, comme ceux des Sapins, de quelques Pins, des Libocedrus, etc. servent à faire des mâts de bâtiments, les autres sont employés à différents usages. Je noterai ici: le Taxus baccata Linn. dont le bois, rougeâtre au centre du tronc, tandis qu'il est blanc à la périphérie, sert à faire des couteaux à papier, des règles, des couverts et autres objets curieux pour leur double coloration: ce bois est un objet d'industrie pour les montagnards de la Suisse et de la Savoie: le Genévrier de Virginie (Juniperus virginiana Linn.) Red Cedar des Américains, dont le bois sert à faire des crayons et beaucoup de jolis ouvrages, des boîtes, etc. ; le Pin d Ecosse (Pinus sylvestris Linn.) avec le bois duquel on fait en Ecosse des couteaux à papier, des boîtes, de petits plateaux etc., peints à la manière écossaise; le Pinus Cembra Linn. des Alpes, avec lequel on fait les petites caisses pour le miel de Bormio et les jouets d'Allemagne; le Sapin épicéa, Pinus picea Dur. qui sert à la fabrication d'instruments de musique, d’allumettes chimiques, de petits paniers etc.

On voit aussi dans notre collection les résines, les huiles etc., fournies par les Conifères: la poix d'Europe qu’on retire du Pinus sylvestris Linn.; la térébenthine de Venise, du P. Larix Linn.; la poix de Bourgogne, du Pinus Picea Dur.; la cédrie, du Cèdre du Liban (Pinus Cedrus Linn.); la cédrie était employée par les anciens Egyptiens pour embaumer leurs momies, et les écrivains et poëtes de l'antiquité en enduisaient leurs œurvres digna cedro; la résine américaine du Pinus Taeda Linn.; le baume du Canada du Pinus balsamea Linn.; le Dammara du Dammara alba Linn. de Java, de Bornéo etc.; le Kauri du Dam-

mara ovata C. Moore de la Nouvelle Calédonie et du Dammara: australis Lamb. de la Nouvelle-Zélande; l’encens du Juniperus thurifera Linn. d'Espagne ; le Sandaraque du Juniperus communis Linn. d'Europe; l'huile de Sapin de notre Pinus Abies Dur. ; l'huile de quelques Sapins Américains, l'huile de Genièvre etc. ; la bière faite dans les Etats-Unis d'Amérique avec les feuilles du Pinus canadensis Linn. et nommée dans le pays Spruce Beer ; la laine végétale qu'on retire des feuilles du Pinus sylvestris Linn. et les tissus faits avec cette laine; le pain fait avec l'écorce du Pinus sylvestris Linn. qu'on mange dans quelques parties de la Norvège et du Finmark.

Nous avons aussi les photographies de deux arbres célèbres, du Sequoja gigantea Torr. dont nous avons déjà parlé, des Cèdres séculaires et classiques du Liban, que nous devons à M. le chev. Maccid Consul d'Italie à Beyruth, et du Cyprès de Montezuma, Taxodium mucronatum Ten. de la forèt de Chapultepelch, non loin de Mexico, un des arbres les plus vieux de notre globe. Nous avons aussi de ses fruits et d’autres parties de la plante dans notre herbier.

31. Gnétacées. — Cette famille, si voisine des Conifères qu'elle pourrait n’en être qu’une tribu, est représentée dans notre collection par deux plantes du célèbre Wehoitschia mirabilis J. Hook., la plante la plus étrange qui ait été découverte dans ces derniers tems. C’est un don de celui qui l’a découverte, M. Welwitsch, lequel a donné aussi à notre Musée d’autres objets précieux qu'il a rapportés d’Angola et de Benguéla sur la côte occidentale d'Afrique.

Nous avons également les fruits de plusieurs espèces d'Ephedra et de Gnetum de divers pays; de la ficelle faite avec les fibres d’un Gnetum de Bornéo etc.

Cette collection m'a servi pour l'étude de cette famille, lorsque j'ai composé mon ouvrage sur les Gnétacées et les Conifères, ouvrage qui fait partie du Prodromus systematis vegelabilis de De Candolle.

38. Casuarinées. — Nous avons des cônes de plusieurs Casuarina, seul genre de cette petite famille, de la Nouvelle- Hollande, de Van Diémen etc.; des bois de quelques espèces

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employées dans l’ébénisterie et remarquables par leurs grandes taches foncées, etc.

39. Myricées, — Cette petite famille, que je considère ainsi que les deux familles suivantes comme de simples tribus de la grande famille des Amentacées, se compose principalement du genre Myrica, plantes du Cap de Bonne-Espérance, et de l'Amérique, dont les baies contiennent de la cire. La cire de la Louisiane qu'on retire du Myrica cerifera Linn. est la plus estimée. Notre Musée possède les fruits et les cires de beaucoup d'espèces.

40. Bétulacées. — On voit ici les fruits des Bouleaux (Betula) et des Aulnes (Alnus): leurs divers bois: les ouvrages faits à Moscou avec le Betulq alba Linn., tels que des boîtes, des vases pour le beurre, des ronds de serviette : l'écorce du Betula papyrifera Michx., les jolis ouvrages faits avec cette écorce aux Etats-Unis, petits plateaux, porte-feuilles, petites barques, etc.

41. Gupulifères. — Les plantes de cette famille sont pour la plupart des arbres, rarement des arbrisseaux. Les Chênes, le Chène-vert, les Châtaigners, les Charmes, les Ostrya, les Coudriers, forment les forèts des pays tempérés, et en partie celles des pays froids du globe.

La collection de notre Musée comprend:

Des fruits de ces végétaux des diverses contrées: des glands des différentes espèces de chène: des châtaignes et leurs enveloppes: des fruits du hètre dits faînes: des noisettes etc. et leurs nombreuses variétés : du Vélani de Grèce et de la Turquie asiatique (Quercus Ægilops Linn.), employé comme terreau etc.:

Des bois de ces plantes employés pour les usages domestiques et pour la construction des navires:

Des ouvrages faits de ces bois, parmi lesquels nous citerons un beau porte-feuille et une petite valise en bois de coudrier de Hongrie (Corylus Colurna Linn.).

On voit en outre le bois du chène commun, Quercus Robur Linn., réduit presque à l'état de lignite, nommé Bog-Oak en Angleterre et en Irlande, où on en fait de beaux ouvrages, des broches, des bracelets etc. :

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Les écorces de plusieurs chènes employées pour tanner les peaux : le liége du Quercus Suber Linn. et les bouchons de divers pays: les huiles de Hêtre, de Noisette etc. :

Les galles de beaucoup d'espèces de chènes et le Knoppern de Hongrie, employés dans le tannage des peaux: les petites noix de galle du Quercus infectoria Linn. de la Turquie asiatique, avec lesquelles on fait l'encre à écrire: enfin les grandes galles du mème chène de la Palestine, connues sous le nom de Pomme dé Sodome. |

42. Balsamifluées. — Notre collection nous présente les fruits, le baume ou Sfyrax et l'écorce du Liquidambar styraciflua Linn. de l’Amérique du Nord.

43. Pipéracées. — Cette petite famille se compose d’arbrisseaux et de plantes herbacées, remarquables par la structure singulière de leurs tiges. Nous ferons remarquer :

Les fruits de plusieurs espèces de Piper; ceux du P. nigrum Linn. des Indes orientales, notre poivre commun; ceux dits Poire long du Charica Roxbourghi Mig. également des Indes; ceux du Cubeba officinalis Mig. employés en médecine sous le nom de Cubèbe, etc. :

Les feuilles du Matico de la Nouvelle-Grenade Artanthe lancaefolia, et de l’Artanthe elongata Mig. Matico du Pérou, employées pour leurs propriétés astringentes :

La racine et le rhizome du Kawa-Kawa d'Otahiti; ceux du Piper Methysticum Forst. des îles Hawaï, dont on fait une liqueur alcoolique que les habitants de ces îles emploient contre certaines maladies.

44. Salicinées. — Les Peupliers et les Saules qui composent cette petite famille sont d’une grande utilité dans l’industrie. On voit dans notre collection leurs principales applications, c'est-à-dire :

Les chaises de Chiavari, représentées par un petit modèle de chaise fait exprès, et donné à notre Musée par le célèbre Canepa de Chiavari; tout à côté on voit les branches et les copeaux du Saule, Salix alba Linn. qu’on emploie dans cette industrie ;

Les tresses faites en Suisse avec les copeaux du mème Saule, et un chapeau fait avec ces tresses, de la fabrique de Campi :

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Les copeaux teints de diverses couleurs avec lesquels en été on bouche les cheminées en Angleterre ;

Les curedents célèbres de Coïmbra en bois de Saule ;

Les parafeu, les éventails, les paniers, les corbeiïlles, et divers autres ouvrages en Saule de Sicile, d'Allemagne, d’Angleterre ;

Les ouvrages en Peuplier, les petits plateaux, les semelles etc. de Suisse, d'Allemagne;

La braise de Saule de Bologne ;

Beaucoup d'échantillons de bois de Saules et de Peupliers.

45. Juglandées. — Cette famille, que je considère comme une tribu des Amentacées, est richement représentée dans notre Musée. On y voit:

Beaucoup d'espèces et de variétés de noix, d'Europe et d'Amérique: les fruits des Carya, entr'autres ceux des Carya alba Nutt. connus aux Etats-Unis d'Amérique sous le nom de Hickory nuts, ceux du Fortunea de la Chine etc. ;

Le beau bois de notre Noyer Juglans regia Linn., celui du Noyer d'Amérique, Juglans cinerea Linn., nommé Butternut wood et employé dans l’ébénisterie : le bois du Carya alba Linn. et les modèles de bèches et de pioches qu'on fait avec ce bois aux Etats-Unis ;

L'huile de noix etc.

46. Cannabinées. — Je considère cette famille, ainsi que les cinq familles suivantes, comme tribus de la grande famille naturelle des UÜrticées.

On peut étudier dans notre collection toute l’histoire du Chanvre (Cannabis sativa Linn.) On y voit des plantes entières du meilleur Chanvre cultivé dans la province de Bologne, des plantes soumises aux diverses opérations, et les filasses qui en sont le résultat; des filasses des meilleures fabriques de Bologne, de Ferrare, d’Ascoli, du Piémont, de Russie, du Japon etc: des ficelles, des cordes, des toiles à voile etc. faites de Chanvre: ses fleurs et ses graines célèbres chez les Arabes et les Tures sous le nom de Hachich: les braises faites avec les tiges du chanvre, les mèches, les huiles, etc.

Nous conservons les calices fructifères du Houblon, Humu-

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lus Lupulus Linn., qu'on emploie pour donner à la bière son goût amer et son arome; nous avons aussi des échantillons de bière.

41. Urticées. — Les Orties, les Bochmérias, les Pariétaires et d’autres genres qui composent cette famille, ne sont pas remarquables par l'élégance de leurs formes; nous les redoutons même dans beaucoup de cas pour les piqûres de leurs poils qui occasionnent des démangeaisons, et quelquefois mème des douleurs aiguës, dues au liquide irritant contenu dans ces poils. Cette famille renferme pourtant beaucoup de végétaux précieux pour les fibres textiles qui fournissent leurs tiges. Les plus importants sont: le Boehmeria nivea Hook. et Arn., China grass des Anglais, de la Chine et de la Cochinchine, dont on fait les beaux mouchoirs qu'on voit dans notre Galerie à côté de la plante: le Girardinia heterophylla Decn. et le Forskühlea tenacissima Linn. des Indes orientales: le Laportea Gygas Wedd. grand arbre de la Nouvelle-Hollande etc.

48. Ulmacées et Celtidées. — Nous avons ici les fruits, le bois, l'écorce des Ormes de nos pays et des espèces étrangères dont les usages sont très variés: les fruits charnus du Micocoulier (Celtis australis Linn.) qu'on mange en Sicile et dans d’autres pays, et son bois si estimé : l'écorce du Spondias lutea Linn. connue dans la Guyane anglaise comme astringent et employée pour tanner les peaux etc.

49. Morées. — La collection des produits des plantes de cette famille est d’une grande importance. On y remarque: les fruits du mürier blanc (Morus alba Linn.) de la Chine, cultivé sur une grande échelle dans nos pays pour nourrir de ses feuilles les vers-à-soie, et du mürier noir (Morus nigra Linn.), originaire aussi de la Chine ou peut-être de la Perse; ces fruits sont bons à manger et servent à faire des confitures: le bois de ces deux müriers, et les tissus et le papier qu'on fait avec les fibres du M. alba Linn.:beaucoup d'échantillons de toiles et des fibres qui servent à les faire; du Müûrier à papier (Broussonetia papyrifera Vent.) si employé surtout dans les îles de l'Océanie pour faire des vètements et du papier: le bois et les fruits de cet arbre;

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Les fruits de la grosseur d’une orange du Maclura aurantiaca Nutt. de l'Amérique septentrionale, et le bois du Maclura tinctoria Nuit. nommé Fustic et fort employé aux Antilles pour la teinture;

La racine de la Dorstenia Contrayerva Linn. employée en médecine;

Les fruits d’un grand nombre d'espèces de Figuiers de différents pays du globe, conservés dans l’esprit-de-vin ;

Un modèle en cire d’une branche de notre figuier cultivé, le Ficus Carica Linn., portant suspendues à un fil des figues de la plante sauvage (Caprificus) pour donner une idée de la façon dont se fait la Caprfication, c'est-à-dire comment un petit insecte, le Cynips Fici, accélère par sa piqûre la maturation des figues cultivées ;

Les bois du Sycomore (Ficus Sycomorus Linn.), employé par les anciens Egyptiens pour faire leurs sarcophages, et par les Egyptiens modernes pour construire des bateaux pour la navigation du Nil;

Une série de feuilles du Figuier des pagodes (Ficus religosa Linn.), dépouillées de leur parenchyme de manière à ne plus présenter qu’un réseau de nervures; les Chinois peignent sur ces feuilles ainsi préparées des fleurs, des figurines etc. ;

La laque dans toutes ses différentes phases, depuis sa premiére formation sur les branches du Figuier des pagodes ainsi que sur d’autres plantes de la mème famille, en lames, jusqu’à son application à la fabrication de boîtes indiennes et chinoises ;

La cire qu'on retire du Ficus cerifera Blum. de l’île de Java;

La belle collection de gomme élastique tant à l’état naturel, telle qu'on l’obtient du suc du Ficus elastica Roxb. des Indes orientales, que mélangée à d’autres substances, et transformée par l'industrie en objets divers tels que Camptulicon, balles, figures, peignes, tubes etc.

00. Artocarpées. — Ici nous avons des produits rares et curieux: les fruits des Arbres à pain de la grosseur d’un cédrat et plus, mais de la mème forme que les fruits des Mûriers, et présentant comme ceux-ci une quantité de petits points en relief à leur surface. La quantité de bonne fécule ren-

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fermée dans leurs fruits, fécule dont nous avons plusieurs échantillons, a valu à ces arbres leur nom d’Arbres à pain. Ils sont originaires pour la plupart de l'Océanie, mais quelques espèces, comme l’Artocarpus incisa Linn. le véritable Arbre à pain, et l'Artocarpus integrifolia Linn., le Jack ou Jacquier, sont cultivées dans beaucoup de pays de la Zône torride. Nous conservons dans l’esprit-de-vin des fruits de plusieurs espèces d’Artocarpus peut-être encore inconnues, rapportées de Bornéo par le D: Beccari;

Les fleurs et les fruits de quelques Brosimum, Conocephalus, etc. ;

Le beau bois marqué de taches foncées du Brosimum Aubletü Poep. nommé à cause de la disposition de ses taches Leopard wood où Letter wood;

Les fibres textiles et les écorces singulières, ressemblant à un tissu naturel épais et solide, de plusieurs espèces de Brosimum du Brésil, d’Artocarpus de Bornéo;

Les curieux sacs naturels faits avec l'écorce du Lepurandra saccidora Nim. de l’île de Ceylan, en enlevant le bois sans fendre l’écorce, et en cousant ensuite une des deux extrémités ;

L’Upas ou suc vénéneux de l’Antiaris toxicaria Lesch. avec lequel les populations de Java et de Bornéo empoisonnent leurs fléches.

L’amadou fait avec les fleurs de l’Artocarpus incisa Linn. séchées au soleil, employé à la Jamaïque.

01. Platanées. — Nous avons des fruits et des échantillons de bois des divers Platanes.

52. Balanophorées. — Cette singulière famille se compose de plantes charnues et parasites, qui vivent pour la plupart sur les racines ou sur les troncs d’autres plantes de la Zône torride et des climats tempérés. Elle est représentée en Europe et en Italie par le Cynomorium coccineum Linn. qui se trouve dans quelques-unes de nos îles, en Sardaigne, en Sicile, à Favignana, à Lampedouse et à Malte, où Boccone le décrivit pour la première fois. Ce célèbre botaniste crut que c'était un champignon, et jusqu’à ce jour il a conservé le nom vulgaire de Champignon de Malte. Du tems de Micheli, qui fut le premier à

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