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Hennin, Manuel de numismatique ancienne

3. E. Potlier, Catalogue des vases antiques de terre cuite, Introduction, p. 23.

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d'initiative, de liberté et d'indépendance?

A Rome, la diversité des types monétaires est non moins grande et non moins

Fig. 6 ■ instructive. Plus de dix mille symboles différents ont été relevés sur les deniers que le triumvir monétaire Lucîus Calpurnius Piso fit frapper dans une seule année, en 89 avant notre ère (fig, 6), et ses deux collègues dans les mêmes fonctions n'ont pas fait graver un moins grand nombre de coins '. Il fallait

I. Dénier d'argeni de L. Calpurnius Piso Frugi, triumvir monétaire à Rome, en l'an 89 avant J.-C. Tête laurée d'Apollon; devant, la marque du

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la coopération d'une véritable armde d'ouvriers pour monnayer les espèces nécessaires à la circulation générale; à tel point qu'un jour (en 274), sous le règne d'Aurélien, une rébellion, fomentée par le ralionalis Feliclssimus, ayant éclaté dans les ateliers de la Monnaie de Rome, les monétaires s'y trouvaient si nombreux que la répression du désordre coûta la vie à sept mille soldats '.

Une ville comme Éphèse, par exemple, frappe monnaie durant l'espace de huit

1. Vopiscus, Aureliett, 38; Aurel. Victor, de Caesar., XXXV, 6; Eutrop. IX, 14; Vict. Epitom. XXXV, 4i Suidas, v" (lovittipioî. Cf. Fr. Lenormant, La monnaie dans l'antiquité, t. II, p. 418, et t. III, p. 101; le mÉme, Monnaies et médailles, p. 70; Momrasen, Hisl. de la monnaie romaine, t. III, )ip. 95 et suiv. ; surtout A. Sorlin-Dorigny, dans la Revue numismatique, 1891, pp. io5 et suiv.

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siècles et demi et produit plusieurs centaines de types monétaires différents. Si vous les

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disposez dans l'ordre des temps, vous pourrez suivre pas à pas l'histoire de l'art dans . la capitale de l'Ionie; vous assisterez à ses débuts, à son épanouissement, à sa décadence; vous contemplerez, se déroulant sous vos yeux, l'imposante théorie des dieux honorés dans cette ville, l'Artémîs éphésienne et ses symboles, le cerf et l'abeille,

I. Monnaie de Tibère, frappée à Lyon. TI ■ CAESAR ■ AVGVST ■ F ■ IMPERAT ■ V. Tfile laurée de Tibère. i(. ROM ■ ET ■ AVG. L'autel de Rome el d'Auguste k Lyon; de chaque côté, sur un cippe, une Victoire tenant u

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Zeus Yetios, Apollon Hikésios, Apollon Embasios; des divinités allégoriques comme le dieu du mont Pion, les dieux fleuves Kaystcr, Kladeas, Kenchrlos et Marnas ; différents épisodes des légendes relatives à l'établissement des Ioniens en Asie Mineure; Coresos, un des fondateurs mythiques du temple d'Artémis, et jusqu'à Heraclite, le philosophe de la mélancolie.

I. Monnaie de bronze d'Ephèse. KAICAP ■ OArMniOC ■ AdPIANOC. Buste de i'empereur Hadrien, la ,ete laurée, la poil ri ne couverte de l'égide, ij, £>t>ECiaN. Le temple d'Arl^mis, à huit colonnes ei à

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Pour l'histoire politique, vous en suivrez toutes les phases par les monnaies qui montrent Éphèse subissant tour à tour la suprématie athénienne ou la domination des Perses, s'alliant avec lasos, Rhodes, Cnide et Samos, ballottée entre la tyrannie et la démocratie , frappant ensuite au nom d'Alexandre, de Lysimaque, des Séleucides, des Ptolémées; prenant, au gré de ses maîtres successifs, les noms d'Arsinoé et d'Eurydicée , retournant à son nom d'Éphèse, ouvrant son atelier aux rois de Pergame, affirmant son alliance avec Mithridate, enfin accueillant dans son port la galère qui portait le proconsul romain. Un grand nombre de ces événements, dont le souvenir est consacré par les monnaies, ne

fronton triangulaire; on dislingue les ornements du toit et les ligures qui décorent le fronton; les sculptures de la base des colonnes sont aussi apparentes, et l'on sait que plusieurs d'entre elles sont parvenues jusqu'à nous. L'Artémiséphésienne, entîn, est debout sous le portique, avec tous ses attributs.

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sont connus, précisés ou datés que par elles.

Dans Tordre économique, nous voyons Éphèse adopter tour à tour, pour la taille de ses espèces, suivant les avantages de son commerce extérieur, le système phénicien, le système rhodien, ie système attique ; nous constatons des associations commerciales dont l'histoire, sans les monnaies, n'aurait nul souvenir : alliance d'Ephèse avec Aradus de Phénicie, avec Alexandrie d'Egypte, avec Cyzîque, Smyrne, Mytilêne, Pergame, Mesembria, Périnthe et vingt autres villes; sous nos yeux se forment et se dénouent, au gré des intérêts ou sous la pression des événements, ces ligues hanséatiques dont le moyen âge n'eut pas le secret et dont l'histoire est encore à écrire.

Et quant aux annales municipales d'Éphèse, les bases essentielles en sont constituées par la série — qui s'accroîtchaque jour — des prytanes éponymes dont les noms, au nombre de prés de quatre^ cents, ont été jusqu'ici relevés sur les mon-'

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naies '. La numismatique dphéstenne éuumère encore la suite des proconsuls de la province d'Asie, avec la date de leurs fonc-' tions, et les noms de différents magistrats locaux, tels que le grammateus, l'archiereus, le hiereus, l'episcopos. Quelle inappréciable ressource pour la fixation chronologique des textes ou des inscriptions où ces mêmes personnages se trouvent sporadiquement mentionnés !

Éphèse, Messieurs, n'est pas une exception. Parcourez, comme Anacharsis, toutes les contrées du monde hellénique : partout, aussi bien qu'à Éphèse, — à Smyrne, ClazomÈne, Cyziquc, Alexandrie, Antioche, Panticapée, Athènes, Corinthe, Syracuse, — ■ enfin à Carthage et à Rome, vous trouverez dans les monnaies le reflet dès commotions politiques, de l'histoire de l'art, de

I. Voyez la monographie numismatique d'Ephèse : Barclay V. Head, On tke chronological séquence of the coins of Epliesus, Londres, 1880, in-8°; le mîme, Historia numorum, pp. 494 à 498.

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la vie municipale, de l'activité commer- ' ciale, du rayonnement au dehors; de cette diversité d'institutions, d"usages, de traditions locales ; de cette décentralisation, en un mot, qui est pour un peuple — l'histoire de la Grèce le démontre avec éloquence — la meilleure condition du progrès social.

I. Statère d'or de Panticapée. Tête de Pan, couronnée de lierre (Pan était l'emblème parlant de Panticapée). ■{. DAN. Griffon marchant sur un épi

-■■ - '---'-- *-Tis sa gueule. L'épi est l'em-

igrkolc de la Chcrsonnèse [ le gardien mythique des où les anciens plaçaient la l'or. Monnaie du iv" siècle

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Tandis qu'Éphèse nous donne le nom de ses prytanes éponymes, dans d'autres villes, la monnaie est signée par des magistrats

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d'ordres divers : ici, ce sont des fonctionnaires administratifs, l'archonte, le stratège, le prytane, le boularque, le nomothète, l'éphore, les duumvîrs ; là, ce sont des contrôleurs financiers, le tamias, l'épïmélète,

I. Tëtradrachme de Clazomène. Tête d'Apollon, de face; dans le champ, la signature de l'artiste graveur de cet admirable coin monétaire : SEOAO- T0£ ËDOEI. ^. Le nom du magistrat municipal MANIPQNAS, et te cygne, i oiteau était commun dan Monnaie de la première m

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l'étésamène ; ailleurs, c'est l'agonothète ou présîdeni des jeux publics, le gymnasîarque, le théologos ou interprète des oracles, le

néocore préposé à l'entretien des temples, l'hieromnémon; lespropoloi et lesamphïctions à Delphes ; l'archiâtre ou chef des médecins à Héraclée d'Ionie. Il y a même des villes, comme Byzance, Pergame, Laodicée, où les monnaies nous apprennent que les femmes pouvaient être investies des plus hautes fonctions publiques '.

1 . Monnaie d'or de Carthage. Tête de Tanit, couronnée d'épis, le cou entouré d'un large collier, if. Le cheval numide ; à l'exergue, en lettres puniques, les initiales de magistrats municipaux.

2. Sur la gynécocratie chez les Grecs, voyez : Eckhel, Doctr. numor. vet, t. IV, pp. 204, 3o6 ;

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Par suite de cette variété infinie des moluments numismatiques, chaque jour fourlit à qui veut étudier, une découverte inté-

ressante ou au moins quelque utile appoint

surtoul : Pierre Paris, Qiiatenus feminœ res pubUcas a«ig-mnf (Paris, Thorin, 1891, in-8=); G. Radet. La Lydie au temps des Mermnades, pp. izi à :ii3; Imhoof Blumer, Monnaies grecques, p. 257; W. Wroih, Mysia (catal. du Musée britannique), p. 145.

I. Monnaie de bronze de Massinissa. Tâte laurce de Massinissa, le sceptre sur l'épaule, if. Le cheval numide; derrière, un sceptre plante en terre. Sur l'Exemplaire reproduit ici, le nom punique de Massinissa, à l'eiergue, est presque entiàremenl effacé.

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dans l'un ou l'autre des nombreux domaines de l'érudition moderne ; chaque trouvaille

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