CHAPITRE PREMIER
Histoire littéraire du Laurentianus LXXX. 4.
Le Laurentianus LXXX. 4 à Florence.
Codex Laurentianus, pluteus LXXX. 4, chartaceus in folio, foliorum 194, mutilatus initio et fine, XIV* saec. (').
L'histoire littéraire de ce manuscrit remonte moins haut que celle du Marcianus. Le premier folio a été arraché avant d'avoir été examiné par les historiens modernes. S'il s'y trouvait, comme sur le Marcianus, Comme sur beaucoup d'autres Codes, quelques notices précieuses des premiers propriétaires, elles sont perdues pour nous.
Il est actuellement à la Bibliothèque Laurentienne de Florence. Mais il a été quelque temps dans la même ville, dans la bibliothèque du couvent des Dominicains de Saint-
(:) Bandini, Catalogus manuscriptorum bibliothecæ Mediceo-Laurentianæ, II, p. 174; Biener (description de Bluhme), Gesch. d. Nov., p. 558 et suiv.; Zachariæ, Novellæ, I, p. vi; Kroll, Novellæ, p. x. |
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Marc. Aussi a-t-il été parfois appelé Codex Marcianus, ce qui a pu prêter à confusion avec le manuscrit de Venise qui est le Codex Marcianus.
C’est Antoine Augustin qui complique l’histoire de sa transmission et soulève un problème d'histoire littéraire en signalant sa présence au couvent de Saint-Marc. Antoine Augustin dit deux choses : que Lodovico Bolognini fit copier le manuscrit du couvent de Saint-Marc ('}; que luimême en eut connaissance par Lœlio Torelli, ex Marcianorum sodalium bibliotheca (?) et il en donne une description assez longue.
Il faut retenir de ceci que le manuscrit était, de façon indubitable, dans le couvent de Saint-Marc, aux environs de 1544-1545, pendant le séjour d'Augustin à Florence. Y était-il un demi-siècle avant, vers 1501 et 1502, quand Lodovico Bolognini l’a fait copier? A-tl donc toujours fait partie de la bibliothèque de Saint-Marc de Florence, avant d'entrer,
. pour une cause inconnue, dans la Bibliothèque Laurentienne? Ou bien faisait-il partié de la Bibliothèque des Médicis, avant d'être déposé pendant un temps au couvent de Saint- Marc?
. Les énonciations d'anciens catalogues que nous allons examiner pourraient nous permettre cette induction. L'ancien catalogue de la bibliothèque du couvent de Saint-Marc ne le cite pas tandis qu'on peut le reconnaître, semble-t-il, dans
() Augustin, Emendat. lib. 11, ch. 9, « Eam constitutionem (Nov. 106) Haloander græce non edidit, propterea quod in Florentino Marcianæ bibliothecæ libro, quem Ludovicus Bononiensis describendum curavit, ea constitutio desideratur. — Préface de l'Epitome de Julien 1567, « Primus nostro tempore Gregorius Haloander Norica illa laudatissima editione juris civilis, exempto quodam usus Bononiae Florentini libri Marcianæ bibliothecæ, græce et latine, quasi postliminio restituendum eum librum novellarum curavit ». x k
() Lettre à Mendoza 1544 : « Læli quoque Taurelli doctissimi viri ope aliud novellarum exemplum ex Marcianorum sodalium bibliotheca Florentia collectum ad nos est ».
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deux catalogues des Médicis. D'autre part, mais ceci n'est qu'une vraisemblance, son sort a pu être lié à celui de la collation des Pandectes de Politien dont nous allons parler.
La bibliothèque du couvent de Saint-Marc fut fondée par Cosme l'Ancien en 1444. Elle fut formée à l’aide des manuscrits réunis par l'ami de Cosme, Niccolo Niccoli, (mort en 1437), le premier qui eut l'idée d'ouvrir une bibliothèque publique (1). Nous ne pouvons savoir si ce manuscrit provenait lui-même de cette bibliothèque. Cette provenance est, en général, consignée sur la première page des manuscrits de Niccolo Niccoli et nous savons qu’elle a élé-ici arrachée. Sur les’ quatre cents manuscrits qui en proviennent, il-pouvait y en avoir une centaine de grecs {?). A la fin du xv° siècle, le total des manuscrits grecs de cette bibliothèque était de cent soixante-dix. Nous le savons par ,un inventaire manuscrit qui se trouve à Modène dans les archives d'État (}=Une copie authentifiée en a élé faite en juillet 1891 et m'a été obligeamment communiquée à Florence par M. le professeur Rostagno, conservateur des manuscrits de la Bibliothèque Laurentienne. L'inventaire lui-même est de la fin du xv° siècle, début du xvi°. Au folio 3, on lit, parmi d’autres manuscrits grecs :