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Liber de legalibus institutis in papiro

Ce sont les seules mentions qui peuvent être rapprochées de notre manuscrit et nous pouvons voir qu'elles ne s’y appliquent pas d'une façon satisfaisante. Ce ne peut être Le n° 11. Le Laurentianus n'est pas un manuscrit de parchemin. Quant au n° 16, il désignerait mieux un recueil d’Institutes,

(‘) Tiraboschi, Storia d. litt. ital., NI, pars 41, p. 128. Florence, 1807.

(*) Muntz et Fabre, La bibliothèque du Vatican au XV® siècle. Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, 48, p. 3.

&) Repertorium sive index librorum latinæ et graecæ biblioth. conventus S. Marci de Florentia.

de Théophile par exemple, et s'applique assez malaisément à un livre de constitutions.

Au contraire, nous trouverions mieux la trace du Laurentianus dans la bibliothèque privée des Médicis avant le témoignage d'Augustin. Peut-être y figurait-il à côté de la fameuse Collection des Pandectes d’Ange Politien à laquelle il s'apparente naturellement. On sait que la bibliothèque proprement dile des Médicis, origine de la Bibliothèque Laurentienne, est différente de la bibliothèque de Saint- Marc, fondée par Cosme l'Ancien. La bibliothèque privée des Médicis, composée des livres précieux recueillis notamment par Cosme l'Ancien, Pierre de Médicis, fils de Cosme (1) et Laurent le Magnifique, son petit-fils, était dans leur palais au xv° siècle. Elle était connue sous le nom de Ztbreria Medicea privata tandis que la bibliothèque de Saint-Mare était appelée Libreria Medicea publica (?).

Après la chute des Médicis, pour soustraire leur bibliothèque au pillage, on enferma les manuscrits dans des caisses qui furent transportées au couvent de Saint-Marc en 1494. A divers titres et à la suite de négociations entre la Seigneurie de Florence, la famille des Médicis et les Dominicains de Saint-Marc, elle resta dans le couvent de 1494 à 1508 {*). A cette date, elle fut restituée au cardinal de Médicis, plus tard Léon X (*), qui la fit transporter à Rome, à la villa Médicis. En 1521, à la mort de Léon X, elle fut renvoyée à Florence par le cardinal Jules de Médicis qui ordonna à Michel-Ange de construire dans le cloître de San-Lorenzo

(t) Il y a un catalogue des livres de Piero di Chaine dei Medici compilé en 1456, conservé dans les archives de Florence et publié par Eneas Piccolomini, Archivio storico italiano, NT, 21, p. 106, 1875. Il n’y à pas un seul manuscrit grec.

(*) Eneas Piccolomini, Intorno alle condizioni ed alle vicende della Libreria Medicea FAI (Archivio Storico italiano, IT, 19, p. 104). : -

(#) Piccolomini, Archivio storico italiano, IT, 19, p. 4141.

(‘) Anziani, Della biblio. Mediceo-Laurenziana di Firenze. Firenze, 1872.

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une salle pour loger la bibliothèque. Elle devait être ouverte au public. Cette salle, qui est la salle ie ne fut achevée et maugurée qu'en 1571 (!).

Pendant quelques années, de 1484 à 1508, les deux bibliothèques ont donc été réunies au couvent de Saint-Marc. Or, c'est pendant cette période que Lodovico Bolognini est venu à Florence. Nous parlerons plus en détail de ce point d'histoire de nos manuscrits à propos du Codex Bonontensis 1419. Bolognini était à Florence de 1501 à 1502. Il a vu et copié la célèbre Collation des Pandectes faite par Ange Politien. Il a fait copier notre Laurentianus, copie qui est justement le Codex Bonontensis dont nous parlons plus loin. Mais la Collation des Pandectes de Politien était parmi les manuscrits des Médicis. Nous le savons d’une façon certaine par deux délibérations de la Seigneurie qui ordonne, en septembre 1495, à Gio. Vittorio Soderini de faire ouvrir les caisses qui les contenaient pour en extraire « l’exemplaire imprimé des Pandectes contenant la collation faite par Politien sur le Code antique, (les Pandectes florentines) » (?). Ange Politien n’aurait-il pas réuni ce manuscrit des Novelles à sa Collation des Pandectes, de même que, quelques années plus tard, Lodovico Bolognini a réuni à la copie qu’il avait faite de cette collation, la copie qu'il a fait faire de ce manuscrit. Dans ce cas, le Laurentianus, LXXX. 4 aurait fait partie, lui aussi, de la bibliothèque des Médicis. Ce qui semblerait le faire croire, ce sont deux énonciations qui figurent dans deux catalogues de cette biblinthèque et qui se rapporteraient à notre manuscrit d’une façon plus précise que celles du catalogue de la bibliothèque Saint-Marc cité plus haut. Le premier de ces catalogues figure dans un manuscrit de la bibliothèque Ambrosienne de Milan que j'ai examiné, Ambrosianus, G. 66 inferior (*). C’est un ensemble de pièces recueillies pour

(*) Anziani, ibid., p. 16.

() Piccolomini, tbid., p.111 et p. 126.

() Montfaucon, Bibliotheca Bibliothecarum, cite ce manuscrit, T, p. 526.

Pinelli. Le n° 7 de ces pièces, /olio 164 verso, porte pour titre : « Indice de Librarie diverse e prima delli libri greci che sono nella Libraria delle M* St Medici ». Cet index est d’une écriture de la fin du xv° siècle. Sous un certain nombre de numéros sont rangés des titres de manuscrits, environ 20 à 24 par numéro. C'est la description du contenu de caisses de livres. Le n° 3 est intitulé Cassa tertia. Sous le n° 5, Greci n° 5, folio 164.verso, parmi d’autres manuscrits, nous lisons :

Libro de Legge Libro senza titolo Legge de Jusliniano.

Les énonciations concordent parfaitement avec celles qui se trouvent dans un autre catalogue de la Bibliothèque des Médicis, dressé après leur chute, qui a été publié en 1882 (!). On y lit page 27, sous le titre Legales græci.

Instituta legalia pervetusta De Legibus senza nomine Liber Legalis sine titulo Liber Lequm vetustus.

Ce serait, dans le premier, les Legge de Justiniano, correspondant au Liber lequm velustus du second, qui correspondraient assez bien au titre ajouté au Laurentianus. Nour rive: et au titre que lui donne le catalogue de Bandini : Nouot rives, Leges quædam seu potius Justinianti novellarum constitutio nunc liber.

Si l’on accepte comme vraisemblable le rapport entre ces mentions et le Laurentianus, mentions qui s'en rapprochent davantage que celles du catalogue de Saint-Marc, nous admettrons que notre manuscrit faisait partie de la Bibliothèque des Médicis lors de leur chute, de même que la Collation de Politien. Tous ces manuscrits étaient à Saint-Marc

( +) Index bibliothecæ Medicæ, Firenze, libreria Dante, 1882.

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lorsque Lodovico Bolognini vint à Florence en 1495. Est-ce lui qui provoqua la délibération de la Seigneurie qui fit transporter la Collation de Politien au Palais-Vieux à côté de la hittera Pisana? Cela est vraisemblable, mais nous ne saurions l'affirmer. De même que nous ne pouvons pas savoir si le manuscrit des Novelles a été lui aussi transporté au Palais- Vieux avec la Collation des Pandectes. Mais ce fut Lodovico Bolognini qui fut cause qu'il sortit de la Bibliothèque des Médicis. Il put le consulter à Saint-Marc comme le croit Augustin. Car la Collation de Politien, après être restée au Palais-Vieux jusqu'au milieu du xvi° siècle, fut prêtée et disparut pour être retrouvée seulement au milieu du xvm” siècle ('). Le Laurentianus, au contraire, était à Saint-Mare au milieu du xvr° siècle, au temps d’Augustin. [l retourna d’ailleurs peu après dans la Bibliothèque des Médicis, sans doute par les soins de Cosme [° et de Léon X. Cosme I° et Léon X enrichirent la bibliothèque, devenue publique, de plus de 2.000 codes grecs et latins (?). Je n’ai pu voir le catalogue de 1607 qui se trouve dans la bibliothèque Bodleienne d'Oxford (*) et vérifier si notre Code y est mentionné. Il est probable qu'il occupait déjà le pluteus LXXX, où il est actuellement sous le n° 4. C'est là qu’il fut catalogué par Bandini en 1763-1770 au tome III de son catalogue. Il y est resté depuis.

Utilisation du Laurentianus du XVIe au XX° siècle.

Nous n'avons pas de données positives qui nous permettent de dire si Ange Politien a connu ce manuscrit. Mais cela

() Savigny, Geschichte des rôm. Rechts, VE, p. 379; Bandini, Catal. codd. latin. bibl. Mediceae-Laurent., IV, p. 8 et suiv.; Ragionamento istorico propra le Collazioni delle Fiorentine Pandette Fatte da Angelo Poliziano, Livourne, 1762.

(?) Anziani, Della biblioteca Mediceo-Laurenziana, p. 16.

() Bodl. Misc. 127. Cf. Garthausen, Sammlungen und Cataloge griech. Handschriften, p. 29. |

paraît infiniment vraisemblable. Sa Collalion des Pandectes, ébauche poussée assez loin d'une première édition critique des sources de Justinien, devait normalement se compléter à l'aide de notre volume des Novelles. C'est bien ce que pensait Lodovico Bolognini qui reprit les travaux de Politien, quelques années plus tard, en 1501, 1502. Car à sa copie de la Collation de Politien, il adjoignit la copie complète qu'il fit faire de notre manuscrit. C’est le Bonontensis 1419 dont nous parlons plus loin.

Un demi-siècle après, Antoine Augustin, pour son projet non réalisé d'édition critique des Novelles, vit, autour des années 1543-1545, les manuscrits de Venise, de Florence et de Bologne. D'après sa lettre à Mendoza de 1544, ce fut Lœlio Torelli qui lui fit connaitre, au couvent de Saint- Marc, l'actuel Laurentianus. Il en donne une description assez étendue ({).

Pendant Le xvr et le xvm° siècles, Les recherches originales sur les sources sont délaissées. Le manuscrit est peu consulté. Biener (?) pense néanmoins que Nicolas Heinsius, qui était à Florence en 1652, a pu voir le Florentinus. Fabrot, dans son édition, rectifie l'inscription de la Novelle 167, inexacte dans le manuscrit des Basiliques qui lui sert, (Bissov dréra au lieu de Bässav bréoyov) (+). Il Le fait d'après le manuscrit de Nicolas Heinsius. Or cette rectification correspond à l'inscription de la Novelle qui se trouve dans l'Index des rubriques du manuscrit de Florence, seule source où elle soit exacte et complète. IL est possible que ce manuscrit d'Heinsius, dont on n'a pas d'autres traces, ait eu des variantes prises dans le manuscrit. Brencmann, dans ses voyages en Italie, a sûrement vu le Laurentianus, notamment en 1711 (‘). IL en a tiré les

() Lettre à Mendoza, déjà citée, p. 98.

(?) Biener, Gesch.et Nov., p. 102 et 569.

(°) Kroll, Novellæ, p. 754, note.

(*) Biener, ibids, p. 561.

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variantes qu'il a communiquées à Hombergk zu Vach. Celuici les cite dans les notes de sa traduction latine de 1717. Après lui Bandini l'a examiné. Il en donne une description exacte pour son époque et étendue dans le catalogue des manuscrits de la bibliothèque Médiceo-Laurentienne.

L'école allemande, qui, au début du xix° siècle, a renouvelé les sources byzantines, a reporté l'intérêt vers ce manuscrit. Biener ne l'avait pas vu personnellement lorsqu'il imprimait son Histoire des Novelles, en 1824. Mais il avait chargé Bluhme, au cours de ses explorations dans les bibliothèques d'Italie, de l'examiner spécialement pour lui. Il publia la communication qui lui fut faite en appendice dans son histoire (p. 558). Plus tard, Heimbach junior, lors de ses voyages en Italie dont le but principal était la recherche et l'étude des manuscrits des Basiliques pour l'édition de son frère, eut l’occasion de voir ce manuscrit et d’en faire des collations. IL publia, en 1835, des variantes entre ce manuscrit et sa copie de Bologne dans les Nov. 13 à 25 (1). Dans son édition de l’Authentique, 1l note les variantes entre le texte grec et l'interprète lalin, mais ces variantes ne proviennent pas d’une collation originale et complète des sources de la collection et des manuscrits de Venise et de Florence. Elles ont bien plutôt été empruntées, dans leur ensemble, à la source imprimée et à l'édition de Spangenberg. |

Zachariæ eut aussi l'occasion d'examiner le manuscrit des Novelles de Florence. Mais il n’en fit pas non plus une collation complète pour son édition des Novelles de 1881. Il le * collationna ça etlà, 572240), dit-il (?), notamment aux endroits où le manuscrit de Venise avait des lacunes.

Schæll fut le premier qui le collationna en entier et d’une

() Heimbach, Reiseberichte aus Italien, Zeit. f. Geschicht. Rechtsw., NII p:=9317: | () Zachariæ, Novellæ, præf., p. x.

façon complète. Sa collation est passée dans les abondantes notes critiques de son édition des Novelles dans le Corpus juris civilis de Mommsen. On peut y trouver toutes les particularités du texte du Laurentianus, les omissions nombreuses, soit de Novelles entières, soit de passages, les modifications dans l’ordre du texte, les variantes, les erreurs et les fautes, les corrections de première et de seconde main, etc.

Enfin, en novembre 1913, j'ai pu moi-même examiner le manuscrit à Florence. J'ai pu le comparer à sa copie de Bologne, grâce à l’obligeance du conservateur des manuscrits de la Bibliothèque Laurentienne, M. le professeur Rostagno, et de l'administrateur de la bibliothèque communale de Bologne, qui ont bien voulu, l’un, demander et l’autre, accorder la communication, pour un mois, de ce manuscrit.

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