CHAPITRE II
Description et contenu du Laurentianus LXXX. 4.
Le manuscrit est de papier, non de parchemin, dans l'ensemble bien conservé. Bandini (!) dit que c'est un grand in-4. Mais Bluhme (?) avait déjà noté, dans la description qu'il en a faite pour le compte de Biener, que c’est, en réalité, un petit in-folio. Les marges ont été fortement rognées lorsqu'il fut relié. Quelques gloses ont été, par suite, mutilées, soit sur la marge extérieure, soit sur la marge inférieure. Le texte même a été une fois rogné. Le troisième copiste, pour achever la Nov. 131, a dépassé le nombre ordinaire des lignes et la dernière, &vev mécns. oavepulein, a été coupée et est devenue illisible. Cet état du manuscrit-est ancien. Il est antérieur à 1501, date de la copie d'Ange Politien. Car, dans celle-ci, la Nov. 131 s'arrête avant ävev. etc., à roovoñsouey éros et le copiste note en marge : « abscisus est, non finitus in meo exemplari ».
Le Laurentianus est l'œuvre de plusieurs copistes. Il est assez curieux de constater que les différentes personnes qui l'ont examiné depuis Bandini (*), ne signalent que deux changements d'écriture. On peut cependant en noter trois. La
(*) Bandini, Catalogus mss., bibl. Mediceo-Laurent., HT, p. 174.
() Bluhme dans Biener, Gesch. d. Nov., p. 559.
() Bandini, Catal. mss. : « … el a: pag. 144 usque ad finem alia manu suppletus ». Kroll, Novellæ, préface, p. x : « scriptus est. a duobus librariis quorum alter à fol. 144" orsus est ».
première va jusqu'au folio 78 verso, ligne 10. C'est une écriture élégante d'imitation, une calligraphie carrée et régulière qui semble à première vue être de meilleure époque. Aussi Bluhme, dans la description qu’il envoie à Biener (!), dit qu'il aurait cru cette première partie plus ancienne que le x1v° siècle, si le bibliothécaire Francesco Furia ne lui avait assuré le contraire. À partir du folio 78 verso, l'écriture change une première fois. C'est alors une écriture franchement du xiv° siècle, non plus d'imitation, caractérisée par l'irrégularité de certaines lettres, la dimension des accents et l'abondance des traits de liaison parasitaires.
Au folio 141 recto, se place le troisième changement, celui-ci signalé par les catalogues. L'irrégularité de cette écriture est encore plus accentuée. Le nombre des lignes dans les 4 premiers folios est constant, environ de 39 lignes. Il varie ici suivant les pages et dépasse souvent ce nombre. On a vu que les dernières lignes descendaient parfois assez bas pour avoir été une fois rognées.
‘Les 194 folios qui composent le. manuscrit, ne sont pas numérotés, (c'est encore l’état actuel de la plupart des manuscrits juridiques de la Laurentienne et, je pense, aussi des autres). Une main récente a seulement noté les folios 78, 144 et 194 en chiffres arabes, les deux premiers parce que ce sont ceux où l'écriture change. Mais l’ancienne computalion des quaternions subsiste, dans sa presque totalité, en lettres grecques auxquelles on a souvent ajouté des chiffres arabes correspondants, Le premier quaternion n'a plus que sept folios comme je l'ai déjà dit. Les autres quaternions ont régulièrement les huit feuillets. Le 21° et le 22° cahiers ne sont pas des quaternions. Le 21° cahier a 12 folios, (fo[. 160). Le 22°, (/ol. 172), a sept folios. Il n'y a aucune raison apparente à cette anomalie. La mutilation a eu lieu après le
(1) Biener, tbid., p. 559.
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24° quaternion. Le 24° et dernier quaternion subsiste en entier.
[ ya une erreur plus grave de la copie qui provient d’une interversion des folios du prototype. Vers le milieu du folio 174 recto, la Nov. 133 est interrompue avec le ch. 6 au mot « xafestävat »,, (Kroll, p. 675, lig. 2). Sans transition, le texte continue au milieu du præmium de la Nov. 145, « êxtuéheuay tadrats… », (p. 711, lig. 24). Suivent les Nov. 145-159, jusqu'au folio 183 recto, in fine. À cet endroit le præmium de la Nov. 159 est interrompu après « ….e0Vevestéte ou éyy6v. », (p. 738, lig. 18). Toujours sans transition, continue le ch. 6 de la Nov. 133, à l'endroit où il avait été interrompu, folio 174 recto. Suivent les constitutions 133, ch. 6, à 145 our Le début du prœmium de la Nov. 145 est ici donné jusqu'à la partie qui se trouve au folio 174. Alors reprend la Nov. 159, à l'endroit où elle a été laissée, folio 183, et le manuscrit continue régulièrement jusqu’à la fin. On voit clairement ce qui s’est passé. Le prototype du Laurentianus à subi une interversion de quelques feuillets dont ne s'est pas aperçu le copiste. Celui-ci a copié à la suite et son texte se trouve interverti à son tour. C'est une erreur dont il était facile de se rendre compte. Car les Novelles ont gardé leur numérotation exacte. Néanmoins les premiers possesseurs du Laurentianus, ceux quiontécritles gloses que nous allons étudier, ne l'ont pas remarquée. Le copiste du Bonontensis ne l'a pas vue davantage. Haloander, quandil étudia le Code pour son édition, la rectifia. Il écrit en note dans le Bononiensis, p. 824, qui correspond au folio 174 : « robro dE 10 rAmuéhmux où Buflioypaosu yo Yenvéto &wavdsos motos eôonxa ». Dans une note d’une autre main, on explique la façon dont la correction doit être faite. Sur le Laurentianus, à son tour, une main du xvi°, postérieure à l'édition d'Haloander, a noté l'erreur. Une main plus récente la corrige.
Dans l’état actuel, le Laurentianus ne contient que la Collection Grecque précédée d'un index.
Folio 1 recto, l'index, dont le début est mutilé, commence avec les derniers mots de la rubrique de la Nov. 52 : « rapa PMortou evouévn… brouvautroy ». ÎL'se termine, folio 9 recto, par la rubrique de la Nov. 168, 5£% sect érfo)üv. Une main plus récente a ajouté : « téhos Tod rivazos ». Il comprend les numéros des Novelles, soigneusement indiqués en lettres grecques.et les rubriques, telles qu'elles sont dans la ‘collection même. Quelques numéros ont à peu près disparu parce que ce folio est gâté par des piqûres de vers et parce qu'il a élé détaché, puis recollé. Ce sont les n°° 53, 57, 59, 65, 66, 67, 70 73, 150. Le copiste du Bononiensis les a mal lus ou omis. Mais ils étaient dans le manuscrit et ont laissé des traces. Tous les numéros sont exacts. L'index ne comprend pas la Collection des 168 Novelles au complet. Il donne les numéros et les rubriques des seules Novelles réellement conservées dans le remaniement de cette Collection, remaniement d'où est sorti notre manuscrit. Ce sont soit les Novelles dont le texte grec à été intégralement conservé, soit les Novelles latines dont il est donné le résumé de Théodore ou d'Athanase. Les autres ont disparu entièrement, même alors que parfois, comme nous le verrons, on en ait conservé le souvenir en en conservant la rubrique dans le corps même du manuscrit. Ceci excepté, les rubriques et les numéros de l'index sont identiques à ceux du texte que nous étudions plus loin.
Folio 3 recto, commence la Collection des 168 Novelles avec la Nov. 1. Elle se termine au bas du folio 194 verso avec les mots : « drayopsbovres Bouheuraïts +è 241... ». La Nov. 163 est ainsi interrompue au début du chap. Il (Kroll, p. 750, 18).
On voit que le manuscrit est mutilé au commencement et à la fin: Au commencement, il manque seulement un folio. On peut s'en rendre compte par les marques de quaternions dont nous allons parler. Le quaternion $’ commence at septième folio. Le Code avait déjà subi cette mutilation lors de
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sa copie, en 1501. Car le Bononiensis 1419 débute, comme le Laurentianus, au milieu de la rubrique de la Nov. 52. La mutilation de la fin a été beaucoup plus considérable. Elle n'avait pas encore été faite en 1501. Aussi pouvons-nous connaître, par le Bonontensis, ce que contenait le Laurentianus avant cette perte. Nous le verrons quand nous parlerons de ce manuscrit. Quand Augustin a examiné le Laurentianus, c'est-à dire au milieu du xvi° siècle, il n'était pas encore mutilé, comme le montre sa lettre à Mendoza de 1544, déjà citée. Il donne l'indication, d'ailleurs peu précise, de ce qu'il contenait, en plus de la Collection des 168 Novelles. La mutilation est donc encore postérieure à 1544. Mais elle a été faite au xvi° siècle, car la reliure actuelle du Codeest de cette époque.