‹ Les Collections de Nouvelles de l'Empereur JustinienChapitre 13 sur 21 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

Les gloses du Laurentianus LXXX. 4.

Le Laurentianus est enrichi de gloses comme ie Marcianus. Mais elles ne sont pas toutes de même nature. Aux paratilla, aux annotalions critiques que nous avons déjà trouvées dans le Marcianus et qui se rencontrent ici en moins grand nombre, viennent s'ajouter, en quelques endroits, des scolies assez analogues à celles des manuscrits des Basiliques et des annotations professorales. Les scolies ne sont pas, d’ailleurs, développées. Elles ne figurent guère qu'en marge des Nov. 117, 118 et 119. ;

Nous avons vu qu'Antoine Augustin avait signalé ces gloses en même temps que celles du Marcianus. Le copiste du Bononiensis, après avoir hésité dans les premières Novelles, s'est décidé à ne plus les reproduire. Haloander les à complètement supprimées de son édition et les éditeurs modernes les ont laissées semblablement de côté.

Les premières et les plus anciennes sont les paratilla, ces œuvres d'interprétation juridique autorisées par Justinien, qui consistent à rappeler, en marge d'un texte, les passages parallèles existant dans les autres recueils ou dans une autre Novelle. Le Laurentianus ne contient de références qu'au Code et aux Novelles; je n'en ai pas trouvé, comme dans le Marcianus, au Digeste et aux Institutes. Les paratitla sont d’ailleurs beaucoup moins nombreux dans ce manuscrit. Il n'en reste que quelques faibles traces, en marge des toutes

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premières Novelles : Nov. 1, (deux notes en face des chapitres 1 et 2), Nov. 3, (ch. 1), Nov. 4 (1). On en trouve encore au milieu des annotations plus amples des Nov. 117 et 118.

Les notes critiques, si précieuses, que nous avions constatées dans le Marcianus, n'existent pas dans le Laurentianus. Ce sont celles dans lesquelles l’auteur du dernier remaniement conserve le souvenir des Novelles qui ont été enlevées de la Collection Grecque intégrale. On ne trouve de notes de cette sorte qu'aux Nov. 2 et 5. Il est à remarquer que ces deux notes, avec quelques variantes, sont les mêmes que celles qui sont à la même place dans le Marcianus. Nous les avons citées à propos de ce manuscrit. La seconde, dont les rapports sont moins étroits, est écrite de seconde main. Ces points de contact entre nos deux manuserits sont à signaler, sans que, d’ailleurs, on puisse en connaître l'origine, soit que ces scolies aient été copiées les unes sur les autres dans les deux traditions, soit qu’elles proviennent plutôt d'une même source, sans avoir élé directement copiées l’une sur l’autre.

Mais il n'y a pas d'autres notes où l’auteur du remaniement dit qu'il n'a pas trouvé telle Novelle, qu'il n’a pas écrit telle autre. Les Novelles latines, on le verra, sont remplacées presque toutes par les Épitomes de Théodore. Celles qui n’ont pas été remplacées, Nov. 9 et Nov. 75, ont disparu sans laisser de traces. Parmi les Novelles grecques enlevées dans cette version, on verra que la plupart ont semblablement disparu sans laisser de traces dans le manuserit. Pour quelques’autres, la rubrique et les inscriptions ont été conservées à la place originaire. Les chapitres enlevés sont, au contraire, quelquefois signalés non pas par une note, mais

(:) Nov. 1 en face du ch. 2,S$ 4 (Kroll, p. 6, lig. 9 et 10). fe, & roù xwdrxoc mu. À/. dur. B'. — : ch. 2, p. 6, ligne 12 : « Bu ©” Toù xwdtmos T1. À’. idr. xh. d veupd. — Nov. 3 « dvœupei Br B' rod xmdixos te B’, ddr. à.» : — Nov. 4:« … To xwdixos xœ TL. x”. ». !

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par un signe spécial qui se trouve en marge. Je signale plus loin les passages où on le trouve.

Une troisième série de mentions, un peu moins rares, sont les références aux Basiliques. Les notes indiquant que certaines Novelles sont omises, parce qu'elles ne se trouvent pas aux Basiliques, ne sont qu'aux Nov. 2 et 5 dont nous venons de parler. Les autres sont des citations disant la place occupée dans les Basiliques par certaines Novelles. Moins nombreuses que dans le Marcianus, on les trouve après les inscriptions des Nov. 23, 29, 33, 34 (!), en marge des Nov. 117 et surtout 118, 119, après plusieurs chapitres, enfin après la rubrique des Nov. 123 et 128.

Mais à côté de ces scolies, analogues à celles que nous avons rencontrées dans le Marcianus, il en est une série d’autres spéciales au Laurentianus. Elles ne sont pas dispersées dans tout le manuscrit, elles sont plutôt groupées. On en trouve vers le milieu du Code. Les Nov. 117, 118, 119 ont été particulièrement glosées. Dans Fensemble, ces gloses paraissent être le produit d’un travail destiné à l’enseignement, d'un travail de professeur. Elles sont précédées, pour la plupart, de l'expression consacrée cnuslosat ut. Ce n'est pas la main qui a écrit le texte qui les a mises en marge et elles ne paraissent pas toutes de la même main.

Ce sont de véritables adnotationes provenant probablement d'un enseignement. Il n’y en a guère dans les premières. Novelles On lit seulement vers la Nov. 12, au folio 19, un Snret, en face d'une petite omission dans le texte, puis, en face du chapitre 44 de la Nov. 22, un Cnret sodhux. La série des notæ, oquslwsat, commence vers le folio 81 à la Nov. 48. On en trouve un assez grand nombre, quelquefois plusieurs dans

(9) Nov. 23 : « veupà xy” Bu, rôiv Bas. 0’ w. B' à Sn vexpz, (la Nov. 23 est aux Basil. 9. 2. 2) ». — Nov. 29 : « Br S' rüv Bus. te cy” veupé x0/ ». — Nov. 33 et 34: «Xy" Bu KT: Ay’ rüv Bac. te. y’ — )9/ Bu. Ky” A0’ rôv Bac. mt. y. » (La Novelle 32, qui est la même que les Nov. 33 et 34, est aux Basil. 23, 3, 76). |

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la même page, aux folios 81 (Nov. 48), 88 et 89 (Nov. 60), 93 et folio 94 (Nov. 69), folio 97 (Nov. 77). La plupart de ces notes attirent simplement l'attention sur le texte sans rien ajouter.

Mais, vers la fin du Code, à partir environ du folio 144, quelques Novelles sont l’objet d’un travail critique beaucoup plus considérable. Ce sont les Nov. 117, 118, 119, 120 et encore, quoique dans une moins grande mesure, la Nov, 193. Nous verrons que le texte de ces Novelles a subi des altérations assez fortes. Certains chapitres ont été omis, des chapitres d'autres Novelles ont été insérés à leur place. Quelques notes en marge indiquent ces changements (')}, d'ailleurs d'une façon incomplète. Elles sont, en éutre, entourées d’un véritable commentaire critique qui, dans quelques folios, tient entièrement les marges supérieures, extérieures et inférieures. Notamment folios 147 à 151 pour les Nov. 117 à 120. Ces gloses, d'une écriture assez mauvaise et remplies d’'abréviations, ont souffert de ce que le volume a été considérablement rogné. Elles ont été par suite mutilées et ne sont plus actuellement lisibles qu'avec difficulté. Quelquesunes, en général les plus courtes, sont précédées du signe de cquctusat. Ce sont des rappels de dispositions semblables édictées ailleurs avec, souvent, l'indication de la Novelle, du lieu du Code ou des Basiliques où elles sont. Les plus longues paraissent être des extraits d’Epitomes de Novelles. Ce sont des résumés du texte intégral qui est en regard. Je n'ai pas pu les identifier toutes avec des passages correspondants des collections connues, telles que celles d'Athanase et de Théo-

(*) Par exemple, folio 144 recto : « Tov xwdtx. xa rhv xB veupav xep. 18/7», en face du ch. 45, $ 3, de la Nov. 22 qui est inséré dans la Nov. 117 à la place du ch. 10, folio 145 recto : « Peu. rüv Buorlixüiv Kn” tu. E”, pAd' veupa xeo. y” ». En face du ch. 41 de la Nov. 134 inséré dans la Nov. 417 à la place du ch. 13. Il y a encore deux notes du même genre, folio 144 verso, en face des ch. 11 et 12 de la même Novelle, Elles sont à peu près illisibles.

dore. Cependant, en face de la Nov. 119, ch. VII, une glose, qui est au bas du folio 149 verso, reproduit le passage correspondant de Théodore : (ioréoy 6x... etc.) (Nov. 119, ch. 8). Folio 160", en face de la Nov. 123, ch. 5, une glose précédée d’un onueiosu répète les parahtla d'Athanase, 13, $ L. Folio 160" en face de la Nov. 123, ch. 17, trois remarques précédées de onuzlosat reproduisent des parties du ch. 40 de la Nov. 123 dans l'Epitome de Théodore. En somme, ces scolies ressemblent assez à celles des Basiliques. C'est pour ces quelques Novelles un travail analogue à celui-ci. Mais il est seulement embryonnaire. Il est limité à un très petit nombre de Novelles.

Nous pouvons conclure de l'examen de ces gloses, que le Laurentianus à eu cours, comme le Marcianus, à l'époque justinienne. Les paratitla que nous relevons dans les premières Novelles, diffèrent de ceux qui figurent plus nombreux dans le Marcianus. C'est une preuve de plus que la séparation entre les deux traditions à été faite de très bonne heure et était déjà accomplie à l'époque justinienne. Nous n'avions pas besoin de connaître les références aux .Basiliques pour savoir que notre Laurentianus avait été confronté avec le recueil de Basile et de Léon. Sa forme, que nous examinons plus loin, démontre, jusqu'à l'évidence, que ce rapprochement a été particulièrement étroit. On peut même s'étonner de ce que ces références ne sont pas plus nombreuses.

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