CHAPITRE V
Division de la Collection Grecque dans le Laurentianus LXXX. 4; Rubriques, Inscriptions.
Malgré les remaniements considérables que le texte de la Collection Grecque a subis dans le Laurentianus, il a toujours conservé la division primitive qui est aussi celle du Marcianus.
Numéros des Novelles.
On sait que la seule division continue de la Collection Grecque est la division par Novelle, chaque Novelle étant comprise sous un numéro. La numérotation primitive qui était celle de la Collection Grecque, quand elle contenait ses 168 Novelles, est ici conservée comme dans le Marcianus. C’est avec une égale exactitude que ces numéros sont donnés dans les deux sources. Ils sont par conséquent concordants. Et cette concordance est l'élément de certitude que nous possédons au sujet de la place et du nombre des Novelles dans la collection primitive. Il n’y a qu’une erreur d’ailleurs corrigée : la Nov. 57 (qui fait suite immédialement dans le Laurentianus à la Nov. 53) portait le numéro Y'. Mais il a été tout de suite corrigé en Y!". ;
Cependant les numéros sont moins complets que dans le Marcianus. Is manquent pour les Nov. 1,6, 7, 9, 11, 35, 37,
Cette disparition affecte les Novelles soit latines, soit grecques omises dans le Laurentianus. On vient de voir pour les 20 Novelles latines que seules les Nov. 9 et 75 ont disparu sans laisser de trace. Elles n'ont plus leur numéro. Les autres ont été remplacées par la rubrique et l’'Epitome de Théodore. La plupart ont conservé le numéro. Mais il n'a pas été rétabli aux Nov. 11, 35, 37 et 65.
Quant aux 23 Novelles grecques écartées, leurs numéros manquent aussi pour presque toutes, soit qu'elles aient disparu sans laisser de traces, soit, comme pour les Nov. 74, 76, 79, 83 et 84, qu'on ait gardé leurs rubriques et leurs inscriptions. Les Nov. 2 et 5 font seules exception à cause des scolies que nous avons citées où se trouvent leurs numéros. L'auteur du remaniement n’a pas eu les mêmes scrupules de critique que celui du Marcianus et en enlevant les Novelles, il n'a pas songé à garder les numéros. Cette différence est, d'ailleurs, une présomption de plus en faveur de l’ancienneté du remaniement du Marcianus.
Mais 1l résulte des comparaisons que les Novelles conservées dans le texte ont toutes conservé et conservent exactement leurs numéros primitifs.
Division des Novelles en chapitres, division en livres.
Nous retrouvons dans le Laurentianus l'essai de division par chapitres dont nous avons noté les traces dans le Marcianus. Ces traces sont un peu plus nombreuses dans le Laurentianus : Nov. 1, six numéros, 8’, y’, s', L', n', 0"; Nov. 3, Br, JU Nov. dope Non te a Lente V5 note nNov. 1180 lues Nov. 19, a’; Nov. 22, 0’; Nov. 41, a'; Nov. 115, a’, wa, CLR Si l’on compare cette liste avec celle que nous avons donnée
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pour le Marcianus, on voit qu’il y a des Novelles qui figurent iei et qui ne sont pas dans la première. Nov. 3, 4,.19, 29, 41, 165. La réciproque n'est vraie que pour la Novelle 13. Car les Nov. 2, 5, 6, 7, qui ont quelques numéros de chapitres dans le Marcianus, sont omises tout entières dans le Laurentianus. Malgré ces apparences, il n’en est pas moins certain que ces divisions de chapitres dans les deux manuscrits ont une origine commune. Car dans les Novelles que l’on peut comparer, notamment dans les Nov. PAS NAT;: es divisions conservées dans l’une et l’autre source coincident exactement. Il n’y a de différences que le chapitre 6 (<'), de la Nov. 1, numéroté 7 (L') dans le Marcianus.
Bien que le Laurentianus en ait conservé davantage, ces divisions sont ici aussi en voie de disparaître. On peut s'en convaincre en parcourant la liste donnée plus haut. Il ne reste souvent dans certaines Novelles que des chapitres de numéros élevés, (Nov. 17, 22, 115). Les premiers ont disparu.
De même nature que ces divisions, sont quelques rubriques de chapitres, soit écrites en marge, soit insérées dans le texte. Mais ces rubriques sont plus tardives, puisqu'elles sont spéciales au Laurentianus. Ce .sont aussi des tentatives très incomplètes de divisions. Elles sont peu nombreuses. On en trouve surtout dans ia Nov. 1, puis dans les Nov. 18 et 22. Nov. 1, en face du ch. 2: $’, met olxôtou, (p. 6, lig. 13), F”, mept ivéevréorov, au milieu du ch. 4 {p. 9, lig. 9), rept raeu- YLXOY CIRE OR Nov. 18, ch. 1, mepi vob oahxtÈ to ; Nov. 22, ch. 29, (p. 170, lig. 29) : reoi yauod. Seule la rubrique, qui est en face du ch. 2 de la Nov. 1, se retrouve dans le Marcianus.
Il n'y à pas d'autre division dans le texte des Novelles. Le copiste va parfois à la ligne. Il le fait de façon très 1rrégulière. Il laisse plus souvent des blancs entre deux phrases. Mais ces blancs sonteux-mêmes assez irréguliers et ne correspondent pas avec le sens. Ils tombent quelquefois au milieu d'une phrase. Ce sont des détails calligraphiques qui proviennent du scribe. Ils ne correspondent en aucune manière à une division méthodique.
Après l'inscription de la Nov. 39, on lit cette note : « Ex roy veaoüy Bi£Aov ' ». On en a conclu (!) que l'archétype du Florentinus avait été divisé en tomes. Cette note serait le seul vestige qui reste de cette division. Si cela est exact, 1l faut remarquer que ce n’a jamais été qu’une simple division matérielle. IL a pu se trouver, en fait, que l'un des exemplaires de la tradition du Florentinus a été écrit sur plusieurs codes. C’est un exemplaire de ce genre dont la note relatée conserve le souvenir. Mais cette division matérielle n'a jamais modifié l'ordonnance intérieure de notre collection. La suite des numéros des Novelles que l’on a conservée nous le démontre suffisamment. Il ne s'est pas produit ce qui s’est produit pour l’Authentique qui fut divisée, au temps des glossateurs, en collations et en titres.
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Rubriques."
Les rubriques sont dans le Laurentianus dans un état de conservation à peu près semblable à celui du WMarcianus. Les quelques différences que l’on peut relever sont accidentelles et ne dénotent pas qu'il y ait eu de modifications apportées à dessein à l'une des deux traditions. Le Lauwrentianus à même conservé, dans la rubrique de la Nov. 17, la leçon la plus ancienne, puisqu'il donne les mots latins, quoique déformés, à côté de la traduction grecque : ITANSATA PRINCIPIS, rapayyéuara doérwv. Le Marcianus à : dE uay- Sara rowxims. La rubrique de la Nov. 24, au contraire, est (traduite dans le Laurentianus : « mec rod GPLOYTOS TUOUDINS »; Marcianus : « ept ToÙ p'pavtos YOUY ToÙ ToaiTwo0c » et dans la Nov. 112. Dans quelques Novelles, la rubrique contient quelques mots de plus dans le Harcianus, soit qu'on les ait sup-
(1) Kroll, Novellæ, præf., p. x.
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primés du Laurentianus, soit plutôt peut-être qu'on les ait ajoutés au Marcianus, après la séparation des deux traditions, notamment, Nov. 60, 93, 96. A la Nov. 146, le Laurentianus ajoute quelque chose. Enfin, dans la longue rubrique de la Nov. 115, il y a quelques variantes. IL n'y a que très peu de rubriques qui soient omises, Nov. 80, 110 et 112 La première est la Novelle qui dans le Marcianus à une rubrique empruntée aux Basiliques. Ici la rubrique a été rétablie en marge de deuxième main, telle qu'elle se trouve dans l'Index. Au contraire, pour les deux autres Novelles, la rubrique est restée omise quoiqu'on la trouve aussi dans l'Index.
Inscriptions.
Les inscriptions sont dans le même état de conservation que les rubriques et cet état est sensiblement le même dans le Marcianus et dans le Laurentianus. Nous avons vu que les inscriptions ne sont pas résumées dans toutes les Novelles suivant un procédé uniforme. Mais ces résumés étaient déjà faits dans le prototype commun, car ils sont les mêmes dans les deux manuscrits pour chaque Novelle. Il reste un peu moins de mots latins dans Les inscriptions du Laurentianus. On en trouve seulement aux Nov. 2, officiwv, 13, justiniano:, 15, mp. Juxtinianus, 20, prætoriwy, 92, largitionov. La rubrique de la Nov. 82, tout entière en latin dans le Marcianus, est traduite en grec dans le Laurentianus. J'ai essayé de démontrer que les inscriptions élaient originairement latines. Mais ce serait peut-être trop s’avancer que de prendre texte de ces quelques différences pour conjecturer que la traduction a été faite seulement après la séparation des deux traditions. :
On remarque la même concordance dans les Novelles où les inscriptions sont omises, Nov. 60, 113, 116, 117, 120,
125, 126, 132, 135, 136, 148, 156, 157, 162, 163, 164, (les Nov. 129, 140, 161 ne sont plus dans le Laurentianus tandis que les Nov. 163 et 164 ne sont pas dans le Marcianus). Il n'y a de différences que pour la Nov. 60 qui n'a pas d'inscriplion dans le Laurentianus, mais qui l'a conservée dans le Marcianus, et pour la Nov.f144 où c’est, au contraire, le Marcianus qui n'a pas d'inscription, tandis que le Laurentianus Va conservée. Ce sont des hasards de la conservation dont on ne peut tirer aucune conséquence pour la critique des deux textes.
Souscriptions.
IL n’en est pas de même des souscriptions et des mentions de chancellerie que nous avons étudiées dans le Marcianus. Elles ont entièrement disparu ici. Il n’y a qu’une exception unique, à la Nov. 23, où le Laurentianus a conservé, dans l'Epitome d’Athanase, la souscription de cette collection. Cette suppression totale n'est pas accidentelle. Ce n’est pas seulement le résultat de l'effacement progressif des souscriptions que nous avons déjà constaté dans le Marcianus. Mais elle est l'œuvre d'un correcteur. C'est pour cela qu'elle est totale. Ce correcteur est, sans aucun doute, l’auteur même du remaniement que nous avons examiné plus haut. IL avait les mêmes motifs qui lui ont fait transformer le reste du texte. Dans les Basiliques, en effet, les souscriptions sont complètement supprimées. Elles n'avaient plus aucune utilité. C'est sur ce modèle qu'il a ici travaillé. Il a donc simplement supprimé, à l'exemple des Basiliques, non pas toutes les souscriptions, mais, plus exactement, ce qu'il en restait après les suppressions progressives que nous avons constaté un moment dans le Marcianus.