CHAPITRE PREMIER
Novelles reçues aux Basiliques d’après les sources littéraires.
Une question un peu plus délicate est celle du nombre des Novelles qui-ont été reçues dans les Basiliques. Les manuscrits qui contiennent les Basiliques ne peuvent nous servir de guides sur ce point, car ils ne nous ont pas conservé Le texte complet et nous sommes loin d'être fixés sur leur degré d’intégrité. Mais nous trouvons des renseignements à ce sujet dans quelques ouvrages de droit postérieurs aux Basiliques, dans la scolie de Tipucitus, dans la coyrou2s duatoeois de Michel Psellus, de même que dans sa Synopsis legqum et dans l’Index Reginæ.
so
Scolie de Tipucitus.
Le renseignement le plus ancien sur le nombre de Novelles reçues parait être fourni par la scolie de Tipucitus. C'est une scolie qui se trouve à la fin d'un manuserit du Vatican, Vaticanus 853, x siècle (1). Ce manuscrit du Vatican contient
(‘) Décrit dans Heiïmbach, ’Avéxdotæ, IT, p. 220, et Heimbach senior, Bas., Il, p. var, et surtout Ferrini et Mercati, Texoëxetros, sive Librorum LX Basilicorum summarium, Libri I-XII. Rome, 1914, préface, p. x. Chartaceus, 500 folios. Il contient beaucoup d’abréviations difficiles à lire et a beaucoup de lacunes. C’est peut-être ce qui explique en partie qu'il soit encore inédit et que ceux qui l'ont partiellement édité l'avaient
cet ouvrage, encore en grande partie inédit, que l’on appelle le Tipucitus ('). Le nom lui a été donné du premier mot
essayé sans succès jusqu’à ces derniers temps. Leone Allaci en a fait une copie qui est au Vatican dans deux manuscrits, Vatican. 1928 et 1929. Le premier volume est seul de l'écriture de Leone Allaci. Le second est de Laurentius Portius ou d’un autre copiste grec de la bibliothèque Vaticane. Ils ont été copiés entre 1630 et 1640.
(") Il a été cependant assez souvent consulté. On en a publié des fragments. Assemani, dans sa Bibliotheca juris Orientalis; iv. IT, ch. 23, t. II, p. 504-547, a publié, d’après ce Code, l'index des litres des Basiliques avec une partie des paratitla qui sont adjoints à chaque titre. Heimbach (Bas. IT, p. x) dit qu’il n’a pas su lire les abréviations et qu'il y a des fautes innombrables. Angelo Mai, dans sa Veterum Scriptorum nova Collectio e Vaticanis Codicibus edita, t. VIT, pars II, p. 1-33 (1833), publia l'index des titres d’après ce même code. Il en tira aussi des passages pour servir de suppléments à quelques titres de l'édition de Fabrot. Le projet des Heimbach de publier une nouvelle édition des Basiliques le détourna de continuer ce travail, qu’il avait fait au dire de Mortreuil, HT, p. 255, « avec un soin particulier ». Zachariæ (Krit. Jahrb. de Richter et Schneider, 1847, p. 629) est plus sévère. Les morceaux de Tipucitus édités par Angelo Mai, dit-il, le sont avec une telle négligence ou une ignorance de l'écriture grecque tellement inexcusable que cela jette le jour le plus défavorable sur la fidélité diplomatique de tous les inedita donnés par A. Mai. Ce qu'Heimbach a fait imprimer, ajoute-t-il, est bien meilleur. Heimbach junior avait, en effet, copié pour son frère le manuscrit de Tipucitus. Comme cette copie n’était parvenue à celui-ci qu'après l'apparition du premier tome de son édition, il a édité dans le tome II, in fine, les paratitla des livres I-XII de Tipucitus correspondants aux livres I-XII des Basiliques édités dans son premier volume. Pour le reste de son édition, il s’est servi de la copie de son frère. C’est avec Tipucitus qu’il restitue presque entièrement les livres XVIIT et XIX. (Cf. Bas. IT, p. 742, note). Il se sert plus ou moins de Tipucitus qu’il compare avec ses sources ou dont il donne des extraits dans les livres 16, 30-37 (au livre 36, Tipucitus a beaucoup servi), #3, 44, 54, 55, 58, 59. Malgré le témoignage de Zachariæ, Heimbach a, lui aussi, trouvé un juge sévère. Kroll, Novellæ, préface, p. 1v, note 1, dit, dans un style lapidaire, que ces douze livres ont été édités par lui « pessime utsolet ». — Cette note était écrite, ainsi que l'étude qui est au texte, lorsqu’en arrivant à Rome, en décembre 1913, j'appris de Mgr Mercati qu'il allait publier incessamment les 12 premiers livres du Tipucitus. En 1888, il avait entrepris ce travail, en collaboration avec Ferrini et sur la demande de l’Istituto italiano di diritto Romano (Brandileone, Bullettino, I, p. 108 et suiv.). La mort de Ferrini (17 oct. 1902)
du titre (‘) dans le manuserit. « Timobxerros Vevduevos Dit sie vod
LU L4 \ ou QU OU Oeoù Bontetas xat Tic... ou Ths xvptut [atns ?] mao w. (?) xourod es v f La »
OU Lee EE pasx.bér.. els Toy tobrou euudyx xai Épyots 4 ES OU OGM ÉtUT O il [Elôtars [rp]26p0cws nat aûtod rod rapadeisou
Aou einos… ». Timobxeutos est un mot composé, comme l’explique Allaci(*), et vient de * rod et xeixau, indiquant la nature même de l'ouvrage, quid et ubi jacet vel reperitur.
C'est en effet un sommaire de tous les livres, titres et chapitres des Basiliques dans leur ordre. Ces sommaires sont de longueur inégale. A la fin de la somme de chaque titre sont des paralitla, c'est-à-dire des références à des passages parallèles des autres titres et des citations de lois plus nouvelles. C'est une œuvre très soigneusement faite, dit Zachariæ (‘).
Mgr Mercati a pu, très heureusement, identifier l’auteur de Tipucitus et déterminer d'assez près la date à laquelle il a écrit son œuvre. Je lui emprunte son exposé (*).
en ralentit l’accomplissement. Les 12 premiers livres ont paru dans les premiers mois de 1914. On peut dire, cette fois-ci sans crainte de démenti, que le Tipucitus a enfin trouvé des éditeurs dignes de sa difficulté. Malheureusement, le mauvais sort qui s’est attaché à lui ne paraît pas encore devoir se rompre. Il m'a semblé, et la lecture de la préface confirme cette impression, que Mgr Mercati n’est pas décidé à poursuivre seul cette édition qui serait si précieuse pour la critique des Basiliques. Souhaïtons qu'il se ravise ou que je me sois trompé.
(!) Ferrini et Mercati, tbid., p. 1.
() Ferrini et Mercati, p. 1, avaient [u p{où]. Dans la préface, p. xx1v, Mgr Mercati rectifie cette lecture. Il pense reconnaitre le signe soit de puyanh, soit de pruvounh.
(*) Note au folio 4 du Codex Vatican., 1928 cité dans Heimbach, ?Avéx- Sora, II, p. 220. Cf. Mercati, ibid., p. xt, note 1. On à fait de Tipucitus . un jurisconsulte. L'origine de cette erreur se trouve dans un ouvrage de Nicolas Comnène Papadopoli, Prænotiones mystagogicæ in jure canonico, Padoue, 1697, qui interprète mal Suarez. Notitia Basilicorum, $ VIII, et qui trompa Assemani, Biblioth. juris Orient., If, c. 20, t. IT, p- 400-433, Pohl, dans ses annotationes ad Suaresii notitiam.; Heimbach senior, de origine Basilicorum. Heimbach junior rectifie cette fausse notion dans ses ’Avéxôotu, à l’aide de la note de Leone Allaci.
(*) Zachariæ, Kritisch. Jahrb. Richt. u. Schneid., 1847, p. 628.
(s) Ferrini et Mercati, ibid., p. xxit et suiv.
Son nom, d'après le titre que nous avons cité au début, est u., (usa), uavovnX ?), xeuvhs © TlarCïe. Le nom nest plus très lisible et a été jusqu'ici mal interprété. On a lu d'abord + rahasd (1), puis maréoos ou rateptvs. C'esk la lecture d’'Heimbach (?). Cette lecture donna à Zachariæ l’idée d'identifier l’auteur avec un Ilaronvs xoutns ToÙ pie qui est de 1180 (:). Mgr Mercati peut lire de façon sûre 747.%. La lettre du milieu est en grande partie effacée. Il n'en A que la particule supérieure, qui n'est pas le signe de es, mais qui convient soit à C, soit à €. Har£% étant impossible, c’est Hax£ÿ qu'il faut lire.
Or ce nom n'est pas inconnu. On le trouve cinq fois dans les scolies des Basiliques. Il ressemble beaucoup à un 8 Her£ñs, rod Ilerlÿ, qui revient trois fois dans la 68° réponse de Démétrios Chomatianos (*) et dans l'Alexiade d'Anne Comnène (*). Ce n'est pas le même personnage que le Théodore à IlerÜäs, contemporain de Démétrios, du xm° siècle. Ce n’est pas non plus le [erféa: créé duc d'Ephèse en 1098 par Jean Ducas. II semble bien que l’auteur de Tipucitus soit le même que le jurisconsulte 3 Iar£5: cité par un scoliaste inconnu aux Bas., Il, 1, 1 et dont le nom précède quatre scolies, aux Bas., LX, 37, 4, S 5; 37, 67, 39, 11 ; A1, 47 (°).
Mgr Mercati confronte deux des scolies (Bas. LX, 39, 11, Heimbach, V, 767, et Bas. LX, 37, 4, S 5, Heimb., V, 716) avec deux passages de Tipucitus (Tipuc. ad e. 3, & 5, fol. AT" et ad c. 5, fol. 472). On y retrouve non seulement la même substance, mais le même texte presque mots pour
(!) Mortreuil, Hist. du dr. byzant., III, 241. (*) Heiribach, Bas. Prolegom., VI, 199.
(*) Pitra, Analecta sacra, NII, p. 299 Oeodwpov rod [lerl, 6 Éndelc Next, rap To IletC.
() Liv. X[, 5, et XI, 2, édit. de Bonn., IN, p.95, 13 ; 136, 4 : dv llertéuv. (5) Zach., Go d. Duel rôm. Rechts, p. 35. — Cf. Nicetas, Chronogr. in Alexio, TE CAE
(*) Heimbach, Bas., 1, 35; V, 716, 751, 167, 795; Proleg., VI, p. 199.
mots. Il en conclut justement que le Tipucitus et ces scolies sont du même auteur, ce qui confirme la lecture du titre de Tipucitus.
IL à fixé semblablement la date de l'ouvrage. On hésitait jusqu'ici entre le xi° siècle et la fin du xn°. Heimbach senior qui plaçait le scoliaste Ilar£os au x1° siècle plaçait Le Tipucitus au xu° (1). Cette dernière attribution provenait de ce qu'il croyait trouver mention à la fin du liv. XXXIV, { de Joanne Comnène, dit Calojoanne. Il ne s’agit pas de lui. Mgr Mercati lit avec certitude, Liv. XXXIV, 1, BaséAcos à Bacheds, ce qui désigne Basile Porphyrogénète (+ 1025), beaucoup plus ancien que Jean Comnène.
Zachariæ (2), d'une part, pense l'ouvrage plus ancien qu'Alexis Comnène, parce que cet empereur, souvent cité, est appelé seulement Bastsôs sans épithètes honorifiques ; d'autre part, sa conjecture sur le nom, [azsnv2, lui fait se demander si l’auteur n'est pas le [axzonv2s xoivhs To fnhou qui vivait aux environs de 1180. Mais il s'étonne alors que les Novelles de Manuel Comnène ne soient pas citées.
L'opinion la meilleure était celle d'Heimbach junior et de Mortreuil (*) qui plaçaient à la fin du xr° siècle l’auteur de Tipucitus. Il se dit l'élève du magister Garidas, vivant sous Constantin Ducas (1059-1067), et il cite les Novelles d'Alexis I et de Jean Comnène !. Cette opinion est confirmée et précisée par Mgr Mercati. Le Tipucitus a dû être écrit aux environs de 1086. Cinq Novelles d’Alexis Comnènc sont citées au Tipucitus. L'une est de 1086. Aucune des nombreuses Novelles postérieures à cette année ne sont, au contraire, employées. De plus,'un jugement des années 1090-1091 du même Alexis est ajouté dans les additions de Tipucitus. Or, ces additions
(‘) Heimb., Bas. II, p. 1x.
(?) Zachariæ, Gesch. d. gr. rôm. Rechts., p. 35.
() Heimbach, ’Avéxdota, 1, p. 221; Mortreuil, Hist. du dr. byzantin, IH pr289.
auraient été faites une fois l'œuvre achevée, du moins en grande partie, comme le prouve Mgr Mercati (!).
Cette date correspond très bien avec ce que dit l'auteur de Tipucitus, de Garidas & uxiotws uov qui est contemporain. Elle correspond aussi à cette allocution d'un maître interrogeant son disciple, publiée par Treu et qui place Tipucitus dans son énumération tout de suite après Garidas (?).
Le manuscrit du Vatican est mutilé vers la fin. Le folio 499". se termine aux mots, ywzl; suyyosfssos dro[rirre:|, qui sont au chap. 5, Bas. LX, 66.
Les folios 500 et501 sont des feuillets d’un manuscrit un peu plus ancien en papier du xur° siècle. Ge sont ces feuillets qui
contiennent la scolie dont nous avons à parler. Elle se trouve au feuillet 500 recto. Heimbach (*) pensait que la fin de Tipucitus était entièrement perdue, mais il n'avait pas remarqué que les premières lignes du folio 500 contenaient les dernières parties du titre 69 et dernier du livre 60 des Basiliques avec Les mots (*) « Gare à vf, ete. Ce folio contient donc la fin de Tipucitus. I manque, entre les folios 499* et 500", le titre 66, à partir du chap. 5, les titres 67, 68 et le début du titre 69 du livre 60. Cela doit faire environ deux folios de notre Code qui ont ainsi disparu.
La scolie de Tipucitus est au même folio 500", immédiatement après Ja fin : « yon 0e eidévat, Sur oËn vemont cuvetéünonv rasà rod Lousriviavab 6 aûrtoy aux étélnony sis tds TP2GDÉDOUS TITAIVS TOY Et Ganduov BEA, ai Où Aoumal Ertd wat d'xoc TALEG LOT ORSAY, myouvr 0, et en 0 a uns te sl ve ne En Lo": dehac?,
Sy
ob", ny! m'en, 06°, pxê', 5x0”, AC, pu nt ouf! » (5).
() Mercati, 1bid., p. xv-xvir.
(?) Treu, Byzant. Zeitschrift, 1, p. 96 et suiv. Il conjecture que cet ouvrage est du xi° siècle.
(8) Heimbach, Bas., Il, p. vu.
() Zachariæ, Ærit. Jahrb., 4847, p. 629; Mercati, Ibid., p. x1 et xur.
(°) Gette scolie a été publiée pour la première fois par Alemauni dans ses notes sur l'histoire secrète de Procope (note au chap. 14, édit. du .
Après cette nolice et la suivante immédiatement se trouve un petit index des Novelles de Léon encore en vigueur à cette époque. Cet index continue jusqu’à la Nov. 56 au bas du folio 501 recto. Le folio 501 verso est resté en blanc.
Ces deux pages sont plus anciennes que le reste de Tipucitus. Il ne faudrait pas en conclure que la notice qui s’y trouve lui soit étrangère (‘). Elle provient seulement d'un manuscrit plus ancien qui contenait aussi le Tipucitus, comme le prouve le début du folio 500 recto. Peut-être était-ce le prototype du manuscrit actuel. C'est un travail complémentaire qui compare les Basiliques avec le texte intégral de la Collection des 168 Novelles et énumère celles qui n'ont pas été reçues aux Basiliques.
L'auteur de la note nous apprend que les 168 Novelles faites par Justinien n'ont pas toutes trouvé place dans les 60 livres des Basiliques. On n’en a reçu que 141. Les 27 autres ont été omises et ce sont.les Nov. 2, 5, 6, 7, 9, 11, 40, 46, 50, 54, 55, 56, 58, 68, 74, 75, 76, 19, 83, 84, 98, 106, 127, 129, 137, 140, 149.
Louvre, p. 146, édit. de Bonn, INT, p. 429). Elle avait été publiée de façon assez ineéxacte. Alemanni donnait, parmi les n°s des Novelles, à et ua. Le manuscrit n’a pas d'a’ et à la place de 14/ donne plus exactement ou®". Il n’explique pas mieux la provenance de la scolie et la fait seulement précéder de lanote : « De numero et editione Justiniani novellarum. hoc Ictischolion in calce rñs Ærnrovra 6)ov (sic) rüv Bœothxüv ». Biener qui la publie une seconde fois (p. 135), avec les mêmes erreurs, tout en les - faisant remarquer, ne croit pas qu'elle provienne des Basiliques ellesmêmes, du texte intégral, et se demande si elle ne se trouverait pas à la fin de Tipucitus. Heimbach junior l'y retrouve en effet lorsqu'il examine le manuscrit Vaticanus 853 pour l'édition des Basiliques de son frère. Elle fut alors publiée au tome IT de l'édition des Basiliques, p. vin dans un texte plus correct que Mortreuil reproduit (II, p. 109), ainsi que Kroll, Novellæ, préface, p. 1v.
(*) Mgr Mercati (p. xu) n'ose affirmer que cette scolie et l'index de Léon sont de l’auteur du Tipucitus. Cependant il note des rapports entre le Tipucitus et l'index de Léon. D'autre part, ces travaux procèdent du même esprit. Et ils s'appuient évidemment sur le Tipucitus.
Psellus.
Une deuxième indication sur les Novelles reçues dans les Basiliques nous est fournie par les ouvrages de Psellus. La plus complète et la plus précise provient d'un petit travail qui lui est attribué, intitulé : GÜVTOU0S duatoects TüY VEALGY TO ’Povotiwævod. On la trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, Paris. Græc. 1132. IL y à été découvert par Heimbach qui en avait communiqué la copie à Tannenberg. Celui-ci ne put achever l'édition qu’il avait entreprise et elle fut faite, sur ses papiers, avec des notes et une traduction, par Berger en 1836 ('). Heimbach réédita peu après ce texte dans ses ?Avéxdota (?).
D'après des présomptions assez naturelles, les rédacteurs du catalogue des manuscrits grecs de la Bibliothèque Nationale, et le premier éditeur, Tannenberg, avaient attribué ce petit ouvrage à Psellus. Dans le Paris. Græc. 1132, il est au milieu d’autres écrits dont le titre contient une attribution expresse à Psellus. IL se trouve lui-même ‘au folio 184 verso, sous le titre : covrous Qaipects tüv veaowv vod ’louoriavod et remplit les folios 184 verso et 185 recto. Au folio 185 verso, se trouve la fameuse Synopsis lequm de Psellus, dont le titre commence ainsi : « où aüto dé Aou covadis…., etc. ». Il semble bien que ce 75Ù ado se réfère à l'ouvrage précédent qui est donc attribué à Psellus. Wilte a combattu cette attribution (5).
(") Pselli de Justiniani Novellis Libellum græce scriptum cum versione latina, notis atque excursibus ex lilteris B. Tannenberg, edi. D' Alb. Berger. Lipsiæ, 1836.
(?) Heimbach, ’Avéxôota, Il, p. 234, 1838.
() Witte, &rit. Jahrb., Richter u. Schneider, 1837, I, p. 391,393, suivi par Heimbach, ’Avéxôora, Il, p. Lxiv; Prolegom. Bas., NI, p. 133; Mortreuil, Histoire du droit byzantin, 1, p. 113. Mais Zachariæ, Delineatio, p. 82; Kroll, Novellæ, préf., p. 1v, l'attribuent à Psellus,
Dans sa Synopsis, Psellus énumère une série de Novelles qui ont été admises dans les Basiliques, mais qui sont tombées en désuétude. Cette liste ne paraît pas, au premier abord, être toujours d'accord avec celles de la ooyrouos diafossts. Aussi, plutôt que de mettre Psellus en contradiction avec lui-même, Witte préfère-t-il lui dénier la paternité de cette dernière œuvre. Nous verrons ces contradictions. Elles se réduisent à peu de chose. En tout cas, elles ne suffisent pas à écarter, à elles seules, la vraisemblance qui découle des titres du manuscrit. C'est ce que les auteurs récents ont aussi admis. Cette oûvrouss duaipests ty vcacoy peut donc rester attribuée à Psellus. Elle est du xr° siècle.
C'est un catalogue, sous forme de lettre, des Novelles et de leur place dans les Basiliques. Psellus dit au début qu'il va indiquer : 1° les Novelles qui n’ont pas été reçues dans les Basiliques ; 2° celles qui y ont été reçues mais qui sont devenues inutiles; 3° celles qui y ont été reçues en partie, en partie omises parce que certaines de leurs dispositions avaient été abrogées ou mieux expliquées dans d'autres Novelles. Il commence par cette dernière catégorie et dit, à propos de chaque Novelle, quelle partie a passé dans les Basiliques, la place que cette partie y occupe et la Novelle qui a abrogé la partie omise dans les Basiliques.
Psellus nomme trois Novelles qui ne sont que pour partie dans les Basiliques : Nov. 2, 5, 89.
Il en nomme vingt-quatre qui en font partie mais sont devenues inutiles : 3, 8, 13, 14, 15, 16, 17, 20, 27, 28, 29, 30, 31, 36, 37, 59, 80, 82, 85, 102, 103, 116, 130, 152 (pour la plupart ce sont les Novelles de droit public réglant l’administration de pays perdus par l'empire byzantin).
Les Novelles qui n'ont pas été reçues dans les Basiliques sont au nombre de trente-deux : Nov. 6, 7, 38, A0, 46, 50, 56, 58, 62, 67, 68, 74, 75, 76, 77, 19, 83, 84, 98, 101, 104, 105, 106, 127, 129, 137, 139, 140, 141, 154, 161, 165.
La Synopsis lequm de Psellus (1) ne donne pas de liste de cette sorte. Mais elle divise les Novelles d'une façon qui correspond assez à la division de l’opuscule précédent.
: Vers 436 à 449 :
2 \ \ > 4 ; Mr ricus D" oou, décnota, Tu vEuDU EU PNTTOUS Ai pèy yXe oùx étéOnoav trois Aéovroc Gr6oic, Se 3 \ 2 À
‘Qv à pèv yvGot AT&ÂNS, Baorhixn d'à x
EN , \ lente, JASNZN Te !
AT OÙ el xa XUTENTPOONGAV, ÉG/OAUGAV TO POV), Aid" fpynouv, aAkolwotv toù fou Gekauévou :
ed \ Ofov tù mept Bouheutv, Tù Tept HowITUpV, ’ Pa Tà nept modepatwpos, Tù mept xOULIGTHpEV, Ta mept Tov énapytdv Tüv érnplunuévoy, “Oox xaTu cuvalvectv Tbv yéuov dvxrooot, Ta rep cuy/wonsewv loëmidwv dnociov, Ta nepl Tov ExxAnTwv Tv ëv Th Etxeht, eu \
Ta mept rod Un yivecôar ofxor.Tuc Aerrouoylac,
3\ \ PL = s \ ù a Ta mept toù dunvexds moteiv tas eppureusetc,
Ta eo TOY EV "AgptxÀ Petwy apÔpUUATO.
Bien que cela ne soit pas évident à première vue, les Novelles que Psellus énumère ne comprennent pas celles qu’il nomme en premier lieu, c'est-à-dire celles qui n'ont jamais été reçues dans les Basiliques. Ce sont bien plutôt celles qu’il nomme en dernier lieu, celles qui ont cessé d'être en usage par suite des événements. IL énumère les Novelles sur les décurions (Nov. 38, 45, 101), sur les prêteurs (18), le modérateur (102), le questeur (80), sur les provinces énu- mérées (24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 103), sur la dissolution du mariage par consentement (140), sur la remise des impôts (147, 148, 163), sur les appels de Sicile (75, 104), sur la défense de célébrer la messe dans des demeures privées (58), sur l'emphytéose (120), sur les églises d'Afrique (37). En tout 24 Novelles : 13, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 37, 38,
(°) Souvent imprimée. Voir les édilions citées dans Mortreuil, III, 216. Elle est au Thesaurus de Meermann, I, p. 40-86.
Il y a des différences entre les données des deux œuvres de Psellus au sujet des Novelles reçues dans les Basiliques et tombées en désuétude. Mais il faut remarquer que cette dernière liste est moins précise que la première, car elle est formée non pas par la mention expresse des numéros, mais à l'aide de rubriques qui englobent plusieurs Novelles. Nous ne pouvons savoir si Psellus les visait toutes.
Cette liste donne les Nov. 24, 25, 38, 45, 58, 75, 101, 120, 140, 147, 148 et 163 que ne donne pas celle de la cvrouos.
Il ne faut pas tenir compte des Nov. 24 et 25. D’après la GUYTOUOS duatpssus, elles ne seraient pas dans-les Novelles en désuétude. Psellus, dans la Synopsis, peut ne pas les avoir visées.
De même, les Nov 38 et 101 dans le groupe 38, 45, 101. D'après la ciyrous: duiosots, les Nov. 38 et 101 n'ont pas été reçues dans les Basiliques. Psellus peut ne viser que la Nov. 45. Pour la Nov. 58 il y aurait contradiction, de même que pour la Nov. 75 = 104. Car la Guxicesus dit qu'elles n’ont pas été reçues tandis que Psellus les compte parmi les Novelles seulement tombées en désuétude. D’après la scolie de Tipucitus les Nov. 58 et 140 semblent bien avoir été omises dès le début. Psellus les a donc sans doute connues par une glose ou un texte ajouté à son exemplaire. Au contraire la Nov. 75 — 104 figurait bien dans les Basiliques d’après la scolie de Tipucitus et a été enlevée après coup, car l'Index Reginæ et la duaigects la comptent parmi des Novelles manquantes. Elle n’était pas encore enlevée dans l'exemplaire qui à servi à Psellus pour sa Synopsis.
Enfin Psellus, dans la Synopsis, ajoute à la liste des Novelles tombées en désuétude Les Nov. 120, 147, 148 et 163.
Les seules différences réelles portent done sur les Nov. 58, 75 — 104 et 140 qui, d’après les autres sources, seraient écartées des Basiliques, tandis qu'ici elles sont simplement dites tombées en désuétude, et sur les Nov. 120, 147, 148
et 163 que Psellus ajoute à la liste de la ôtafossts comme Novelles tombées en désuétude.
Malgré ces additions la liste de la Synopsis est moins complète que celle de la dvxipests. Cette dernière donne seule les Nov. 3, 8, 14, 15, 16, 17, 20, 59, 85, 106, 130, 152. Les deux se réunissent pour donner les Nov. 13, 27, 28, 29, 30, 31, 37, 80, 102, 103.
La contradiction entre les deux se réduit aux trois Nov. 58, 75—104 et 140. La liste de la Synopsis en outre n’est pas complète et ne semble pas y prétendre.
Index Reginæ.
Un troisième renseignement nous est fourni par cet index que Cujas a appelé l'Index Reqginæ. C'est un index des 168 Novelles ou plus exactement de l’epitome de Théodore. IL est dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, Parisin. Græc. 1349 qui renferme aussi le traité attribué à Eus thatius, Ai £oxai, et les livres 45-48 des Basiliques (').
Cet index est important dans l'histoire littéraire des Novelles. Ce fut grâce à lui que Cujas restitua pour la première fois la suite complète de la Collection des 168 Novelles (?). Il le désigna sous le nom d’Index Reginæ parce que notre manuscrit, d'après lequel il le connut, faisait partie de la Bibliothèque de Catherine de Médicis. Il l’imprima en tête de son Expositio novellarum, après l'avoir traduit en latin,
(:) Cod. Parisin. Græc. 1349, parchemin, in-folio, 238 folios, de la fin du x1e siècle contient : folios 1-6, un index des liv. 45 à 50 des Bas. ; folios 7-206, liv. 45-48 des Basiliques (tels que les a édités Fabrot); folios 207-233, le traité d'Eusthatius mepl xpovxüv diacrnmitwv àrd borñc us éxarov étov; folios 233-236, un petit traité, De lege Falcidia et de metris geometricis ; folios 236-238, l'index des Novelles, rivoë rüv vexpüv.
(?) Cujas, Expositio obellaeen Œuvres complètes, édit. de Nes II, p. 1018 et suiv.
et en en supprimant les références aux Basiliques. Cujas estimait avec raison que la suite des Novelles y était plus complète que dans les éditions d'Haloander et de Scrimger par lesquelles, à cette date, on connaissait la Collection Grecque des 168 Novelles. Aussi se sert-il de ce guide dans son Exposilio novellirum pour l’ordre dans lequel il les commente.
On perd la trace du manuscrit après Cujas qui n'indique pas où il a pris cet index. Bicner ne le connaît plus que par sa traduction. À cause du titre donné par Cujas et des renseignements de Hugo dans le Caivilistisches Magazin, I, p- 246, sur les manuscrits de Catherine de Médicis, il espère qu'on le retrouvera dans la Bibliothèque Nationale, alors Royale ('). Heimbach nous apprend que Biener put vérifier sa conjecture et voir le manuscrit dans son voyage à Paris en 1830 (?). Zachariæ à son lour le vit lorsqu'il vint à Paris explorer les manuscrits de droit byzantin de la Bibliothèque. Il étudiait plus spécialement dans le Parisinus 1439 (5) l'écrit d'Eusthatie, les Sora, et signale l'index dans son édition des comai. Enfin Heimbach l’édita dans ses ?Avéx0ota (‘).
L'Index Reginæ contient la suite des rubriques des 168 Novelles dans l’ordre où elles se trouvent dans les manuscrits de Venise et de Florence et dans l'Epitome de Théodore. Une seule différence, peu importante, se remarque dans l’ordre des Nov. 68 et 69. Leur place est intervertie. La Nov. 68 de l'index fn, meol vod mévrus bnaxobety vois dcyovot est, en réalité, la Nov. 69 de l’Epitome de Théodore et de la Collection Grecque, tandis que la Nov. 69 6’, rest ris Grarabeus ro daddywv est la Nov. 68 de l’Epitome de Théodore et de la Collection Grecque. Cette interversion ne se trouve qu'ici. Ce n'est donc qu’une erreur assez facilement commise.
(1) Biener, Gesch. d. Nov., p. 88.
(2) Heimbach, ’Avéxôotu, Il, p. LxIx.
(8) Zachariæ, Af fonat, p.. 50-52.
(‘) Heimbach, ’Avéxôota, Il, p. 237-246.
Les rubriques de l'index ne sont pas celles de la Collection Grecque telles qu'elles sont dans les manuscrits de Venise et de Florence. Mais ce sont les rubriques de l'Epitome de Théodore. IL y a même des erreurs caractéristiques qui se retrouvent dans l’Index Reginæ et dans l'index de l'Epitome de Théodore édité par Zachariæ d’après le manuscrit de l'Athos (1). Par exemple, dans la Nov. 123, les premiers mots de la Novelle sont ajoutés à la rubrique; Nov. 140, une note marginale a été par erreur ajoutée à la rubrique ; Nov. 149, le copiste n'a pas compris la rubrique et en change le sens, ce qui la rend inexacte. Ces ressemblances caractéristiques ne peuvent être infirmées par les quelques difrérences que l'on remarque entre les deux leçons, notamment aux Nov. 18, 19, 138, 146, 152, ou par la manière de résumé que l’Index Reginæ ajoute aux Nov. 117 et 119.
Ce qui fait pour nous l'intérêt de l'Index, ce sont les annotalions critiques qui y sont contenues. Ces annotations critiques sont à chaque rubrique, le plus souvent au-dessous, quelquefois au-dessus. Cujas n'a pas imprimé cetle partie de l'Index Reginæ. Le travail a été très soigneusement fait. L'auteur a, en effet, distingué les Novelles qui ont passé tout entières dans les Basiliques, à 6Àn vwasi. D'autres n'y ont passé qu'en partie ou ont été dispersées en plusieurs endroits. Il note les livres, les titres et les chapitres où on peut trouver ces fragments. Pour les Novelles qui n'ont pas été reçues, il le dit positivement pour quelques-unes : 228 aÜrn vera. Mais cette mention positive ne se trouve pas toujours. L'annotateur a passé certaines rubriques sans dire, soit la place de la Novelle dans les Basiliques, soit son omission formelle. Mais, étant donnée la concordance entre ces Novelles et celles que la scolie de Tipucitus dit n'avoir pas été réçues dans les Basiliques, on peut en conclure naturellement que l'annotateur ne les a pas trouvées dans les Basiliques.
(*; Zachariæ, ’Avéxdota, p. 1.
Si l’on suit ces indications, on voit que 51 Novelles sont passées tout entières dans les Basiliques. Ce sont les Nov. 1, 4, 16, 20, 21, 23, 32, 36, 44, 47, 48, 59, 61, 63, 64, 69 (!, 11, 73, 82, 88, 90, 91, 92, 94, 107, 108, 109, 111, 113, 114, 116, 120, 122, 124, 126, 133, 136, 142, 146, 149, 150, 151, 152, 156, 157, 158, 159, 160, 164, 166, 168.
Soixante-douze y ont passé en partie ou sont dispersées en divers-livres. Ce sont les Nov. 2, 3, 5,.6, 7, 8, 9 (?), 12, 13, 14, 15, 17, 18, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 41, 35, 37, 39, 41, 42, 43, 49, 51, 52, 53, 57, 60, 66, 72, 78, 80, 81, 85, 86, 87, 89, 93, 95, 96, 97, 99, 100, 102, 103, 112, 115, 117,118, 119, 121, 123, 125; 130, 131, 132, 134, 143, 144, 145, 153, 161, 162, 165, 167.
- Quatorze Novelles pour lesquelles l’annotateur dit expressément qu'elles ne sont pas dans les Basiliques : 46, 50, 54, 55, 56, 68, 83, 84, 98, 110, 129, 139, 140, 147.
Enfin 31 Novelles où, par son silence, l'annotaleur marque qu'ellés ne sont pas dans les Basiliques : 10, 11, 19, 33, 34, 38, 40, 45, 58, 62, 65, 67, 70, 74, 75, 76, 77, 79, 101, 104, 105, 106, 127, 128, 135, 137, 138, 141, 148, 154, 155, 163.
En résumé, si nous nous fions à cet index, sur les 168 Novelles, 121 auraient été reçues plus ou moins complèlement dans les Basiliques et 47 auraient été rejetées.
Réception des Novelles dans les Basiliques.
A l'aide des sources que nous venons d'examiner, il est possible de se rendre compte assez bien des Novelles qui ont été admises dans les Basiliques. On peut aussi apercevoir
(:) On à vu que l'index, par erreur, lui donne le n°68.
2) L'Indexæ Reginæ dit bien, pour la Nov. 9, qu'on l’a trouvée aux Basiliques : « B16. </ rüiv Bus. me. y xep. xy/ ». Mais, comme le fait remarquer Heimbach, il y à certainement confusion (Avéxôota, Il, p. 238, note 45) et cette citation se rapporte à la Novelle précédente, Nov. 8.
-Noailles 13
qu'un certain nombre de Novelles, primitivement admises, ont été, par la suite, laissées de côté comme tombées en désuétude. Les renseignements fournis par nos sources nous présentent trois étapes de’cet état des Novelles dans les Basiliques.
La scolie de Tipucitus paraît bien représenter la première étape, probablement même l'état primitif à l'époque de la confection des Basiliques (‘). C’est cette scolie qui donne le plus petit uombre de Novelles écartées. Nous savons qu'il y en a, d’après elle, 27. Ce sont les Nov. 2, 5, 6, 7, 9, 11, 40, 46, 50, 54, 55, 56, 58, 68, 74, 75, 76, 19, 83, 84, 98, 106, 127, 129, 137, 140, 149.
Cette liste concorde, au fond, avec celles de Psellus et de l'Index Reginæ. Elle conlient seulement moins de Novelles. D'autre part, elle est moins explicite. Les deux autres font une distinction que celle-ci ne fait pas. C'est pourquoi il y à des différences apparentes pour un certain nombre de Novelles.
Si nous examinons dans les trois listes les Novelles pour lesquelles il est dit qu’elles ne sont pas dans les Basiliques, nous voyons que Tipucitus est seul à nommer les Nov. 2, 5 et 149. Il nomme avec Psellus seul les Nov. 6 et 7. Celui-ci ne nomme pas les Nov. 2, 5, 11, 54, 55, 129. Il nomme enfin, avec l'index seul, Les Nov. 9, 11, 54, 55 et 57. L’index ne nomme pas les Nov. 2, 5, 6, 7, 149.
Cela provient d'une distinction qui est faite dans Psellus et dans l'index et qui n'existe pas dans Tipucitus. Une très petite partie seulement de ces Novelles a été reçue dans les Basiliques, un chapitre à peine, qui est intercalé dans une autre Novelle traitant le même sujet. Aussi Tipucitus les
(‘) Biener, Gesch. d. Nov., p. 127-157; Mortreuil, Hist. du dr. byzantin, IT, p. 109; Heimbach, Prolegomena Basil., NI, p. 132; Ueber die in die Basiliken aufgenommenen und nicht aufyenommenen Novellen, Zeit. für Rechtsgeschichte, VIIT, p. 438-466.
met-il sans distinguer parmi les Novelles manquantes, tandis que les deux autres les placent dans une autre catégorie, parmi les Novelles qui ont été reçues pour partie dans les Basiliques. C’est ce que dit Psellus pour les Nov. 2 et 5, l'index pour les Nov. 2, 5, 6, 7.
D'autre part, Psellus est moins complet. Il est muet sur les Nov. 9, 11, 54, 55 et 129. Il ne les compte ni parmi les Novelles reçues pour partie dans les Basiliques, ni parmi celles qui sont devenues inutiles, ni enfin parmi celles qui n’y ont pas été reçues. On sait qu'il ne donne pas, comme l'index, la liste de celles qui ont été reçues.
Reste la Nov. 149. Tipucitus est seul à dire qu’elle manque dans les Basiliques. Psellus ne dit rien; il ne la donne pas dans les Novelles manquantes. L'index non plus. Au contraire, il dit qu'on la trouve tout entière dans les Basiliques. Encore actuellement, le præmium et les trois chapitres de cette Novelle se trouvent dans les manuserits Bas. VI, 3, ce. 42-45, C'est donc là la seule contradiction réelle qu'il y ait entre Tipucitus et les deux autres sources.
La glose de Tipucitus doit être rapprochée du Laurentianus, LXXX, 4. On a vu que ce manuscrit contient la Collection des 168 Novelles non pas en entier, mais sans les Novelles qui n'ont pas élé reçues dans les Basiliques. Or, la liste de Tipucitus est exactement la liste des Novelles qui ne figurent plus dans ce manuscrit à la place qu'elles avaient primitivement. I n’y a qu'une différence unique, la Nov. 11 n'est pas dans les Basiliques d'après Tipucitus. Elle se trouve dans le Laurentianus, (Epitome de Théodore).
Mais pour tout le reste, l'identité des deux sources est flagrante: Iln’y avait pas, dans le Laurentianus, d'autres constitutions enlevées de la suite des 168 Novelles que celles qui figurent dans la suite de la scolie de Tipucitus. Fait digne d’être noté, la Nov. 149 manque dans le Laurentianus. C'est donc parce que cette Novelle manque ïei que la scolie la compte parmi celles qui ne sont pas reçues dans les Basili-
188 TROISIÈME PARIIE
ques, en contradiction avec les autres sources et l'état actuel des Basiliques, comme nous venons de le voir.
Nous trouvons dans le Laurentianus et dans la scolie la même méthode pour distinguer les Novelles considérées comme reçues dans les Basiliques de celles qui en sont écartées. Les Novelles dont une partie minime a seule passé dans les Basiliques sont considérées comme n'ayant pas été reçues. Aussi ne sont-elles pas données à leur place. Ce n’est pas un oubli mais un parti pris. Car les extraits de ces Novelles qui ont réellement passé dans les Basiliques, sont joints, nous le savons, dans le Laurentianus, au texte d'autres Novelles de même sujet. A leur place primitive, on trouve des gloses qui éclairent très bien cette méthode, notamment pour les premières Novelles, Nov. 2 et 5. Je citerai ici encore la glose de la Nov. 2 : « aürn h veapù oÙx Etéôn sic ta Basrhuxd SAND rapeotwrhôn, dix Tà Ta uèv ads dd te P' veapäs dvatpetoat, Tà DE mharürepoy dr” énelvns vopobstetobos. movoy dE Tù TeAeutaiov Ta0TNs Leg hotoy To20eTé fn To Tic Sa’ veapäs TeAevtalw xepakalw ». |
On peut donc conclure avec certitude, de cette identité de méthode et de l'identité des résultats, que la scolie de Tipucitus est de la même époque que le remaniement de la Collection Grecque des 168 Novelles du Laurentianus. Tous deux constatent le même état des Novelles dans les Basiliques et cet état est, non seulement l'état le plus ancien que nous connaissions, mais très probablement l’étatoriginaire. Je n'ai pas à revenir ici sur ce que j'ai dit plus haut sur le Laurentianus et l'époque à laquelle doit se placer le remaniement d'où est sorti son prototype.
En définitive, nous pouvons admettre que les rédacteurs des Basiliques ont écarté complètement vingt ou vingt et une Noyelles : les Nov. 9,11, 40, 46, 50, 54, 55, 56, 58,68, 74, 75, 76, 79, 83, 84, 98, 106, 129, 149. La question est douteuse pour la Nov. 149. |
Biener (!) a recherché pour chacune de ces Novelles la
(‘) Biener, Gesch. d. N., p. 582; Heimbach, Die in die Basiliken aufge-
raison qui les a fait écarter. « La Nov. 9 est rendue inutile par les Nov. 111 et 131, c. 6; La Nov. 11 par la Nov. 131, c. 3; la Nov. 40 parce que Jérusalem n'appartenait plus à l'empire ; la Nov. 46 par la Nov. 120; la Nov. 50 parce qu'elle est déjà donnée dans le manuscrit comme Nov. 41; la Nov. 54 par la Nov. 162; la Nov. 55 par la Nov. 120; la Nov. 56 par la Nov. 123 ; la Nov. 58 par la Nov. 131, c. 8. La Nov. 68 ne contenait que des dispositions transitoires. La Nov. 74 est rendue inutile par la Nov. 89. La Nov. 75 est un doublet et se retrouve comme Nov. 104. La Nov. 76 ne comprend de même que des mesures transitoires. La Nov. 79 est rendue inutile par les Nov. 123 et 133; de même la Nov. 83; la Nov. 84 par les Nov. 118 et 127; la Nov. 98 par Les Nov. 117 et 134; la Nov: 106 par la Nov. 110; la Nov. 129 par la Nov. 144. La Nov. 140 parce qu'on ne reconnaissait plus le divortium bona gratia ». Pour la Nov. 149, Biener ne peut trouver de raisons aussi précises. Il suppose qu'elle est tombée en désuétude.
Pour six autres Novelles, les rédacteurs des Basiliques n'ont pris qu'une minime partie qu'ils ont insérée au milieu d’autres Novelles traitant de même sujet. Ce sont les Nov. 2, 5, 6, 7, 127, 137. Comme le dit l’auteur de la scolie du Laurentianus, sous la Nov. 2, les dispositions de ces Novelles ont été modifiées par d’autres qui règlent la question d'une façon plus étendue. On a gardé seulement celles qui ne faisaient pas double emploi. C’est ainsi que le ch. 5 et dernier de la Nov. 2 se trouve inséré avant le ch. 2 et dernier de la Nov. 91. La Nov. 2 a été modifiée par la Nov. 22; le ch. 1 de la Nov. 5 est inséré dans la Nov. 193, Le ch. 1 avant le ch. 34 de la Nov. 123; le ch. 8 de la Nov. 6 se trouve de même inséré dans la Nov. 123 avant Le ch. 19; une partie du ch. 3 de la Nov. 7 se trouve aux Bas. 20, 2, 5 après un extrait du Code. Le Laurentianus ne l’a pas. C'est la Nov. 120 qui a
nommenen und nicht aufgenommenen Novellen, Zeit. für Rechtsgesch., VIII,
abrogé cette Nov. 7. Restent les Nov. 127 et 137. Le Laurentianus seul et l’état actuel des Basiliques nous permettent de savoir que le ch. 2 de la Nov. 127 est inséré après le ch. 1 de la Nov. 119et le ch. 3 dans la Nov. 22, c.20,$ 1, de même que la Nov. 137 est mélangée avec la Nov. 123.
Il reste cent quarante et une ou cent quarante-deux Novelles qui ont élé plus ou moins complètement recueillies dans les Basiliques. Elles n'y sont pas toutes restées. Dans l’état actuel du manuscrit, un certain nombre de ces Novelles manquent. Ce n'est pas seulement parce que nous ne possédons plus complètement tous les livres des Basiliques. De bonne heure l'habitude s'établit, en recopiant le texte, de le modifier en enlevant certains passages.
Dès le x1° et le xu° siècles, on voit par les scholia antiqua des Basiliques qu'il existait des Codes plus ou moins complets (}. Les scolies notent parfois qu'un texte se trouve dans certains Codes et manque dans d’autres (?). Elles distinguent entre les Codes ceux qui sont meilleurs et plus exacts et ceux qui le sont le moins (*). Dès Le début la tradition s'est donc altérée. Nous en avons la preuve dans les quelques Codes qui nous sont parvenus. De l’un à l'autre Le texte des mêmes livres a subi de grandes modifications. La question du texte des Basiliques, une des plus difficiles qui soient, est bien loin d’ailleurs d’être éclaircie. Elle attend encore les études que mériterait son importance.
Les Novelles ont suivi le sort commun. Quelques-unes ont
(‘) Heimb., Basil., VI, p. 158.
(*) Scol. toüto; Heimb., IV, p. 113, c. 50; Basil., XLI, 4 : « rodro ro bépa Ev mod doï Tv avriyptowv où xeïrar xal Tswç tozxrasudc Éott toù u0" Guy. xal Toù v' ». La jus rpôsxertat (Heimb., V, p. 856) dit que, dans l'index de Dorothée, L.8,S4, D., XLVIIT, 19, ces mots sont ajoutés : A sis Épyov petidhov. nes les meilleurs exemplaires des Bas. on ne les trouve plus : « mpÔgreuTat ets Tov IvDixa. D els Épyov ! uerthlou. Ev D T@ BaothixG où x1testoWON àv rois mrotesrégote TGV AVTLYPAGEV ».
( ) Voir la note précédente et scolie tivx; Heimb. Ve P- 719 : « muva Be at Tv fiélov ta at axprhéoreox Epoucr .xod rod x" Éveuutod ».
été enlevées. Dans Les deux sources que nous avons citées, après la scolie de Tipucitus, nous avons deux étapes de cette opération. La première nous est donnée par Psellus. Nous avons vu que la covrouos Gaipeaus est d'accord avec la scolie de Tipucitus. Les Novelles notées par celle-ci Le sont aussi par celle-là, sauf les quelques distinctions à faire. Mais la liste des Novelles omises dans les Basiliques s'allonge dans Psellus. Elle comprend encore les Nov. 38, 62, 67, 77, 101, 104, 105, 127, 139, 141, 154 et 161.
À l’époque où l’Index Reginæ a été composé Le nombre des suppressions s’est encore accru. Il faut ajouter aux Novelles déjà données par Tipucitus, à celles données par Psellus, les Nov. 10, 19, 33, 34, 35, 45, 65, 70, 110, 138, 147, 148 et 163 (!).
De même que pour Psellus nous avons constaté l'accord qui existe entre la scolie du Tipucitus et l’Index Reginæ. Il faut faire remarquer qu'un accord de même nature se produit entre La oûvroyos Gaiosa et l’Index Reginæ. Ce sont les mêmes Novelles qui, d’après ces deux listes, sont omises dans les Basiliques, seulement la liste de l’Zndex est plus nombreuse de toutes les Novelles que nous venons de nommer en dernier lieu. Il n'y a qu'une exception. La Nov.
161, que Psellus dit manquer, est placée, d'après l’Index Reginæ, aux Basiliques VI, 3, 2 (&. ç'. «. y! dado. B°.). Dans nos manuscrits on trouve bien les chapitres 1 et 2 aux Basiliques VI, 3, 9, 12, 46, 47.
Cet accord, remarquable malgré les quelques exceptions que nous avons notées, notamment en parlant de Tipucitus, semble indiquer que l’on a suivi une tradition dans les modificalions qu'a subies le texte à travers les copies successives. Les mêmes Novelles ont été retranchées par les copistes. Leur nombre s'est seulement accru avec le temps.
(‘) Pour toutes ces Novelles, Biener a rétabli, par conjecture, la place qu'elles devaient originairement occuper dans les Basiliques. Biener, Gesch. d. Nov., p. 438-477; Heimbach, Bas. Prolegom., VI, p. 138.
Quant aux raisons qui ont fait écarter ces Novelles ce sont lès mêmes que celles qui ont amené les rédacteurs des Basiliques à ne pas admettre les premières. Seulement quelquesunes de ces dernières ont été modifiées ou abrogées par des Novelles de Léon, postérieures à la rédaction des Basiliques et non plus par des Novelles de Justinien lui-même (1) D'autre part une revision plus soigneuse à fait écarter des Novelles qui n’édictaient que des mesures de circonstances ou faisaient double emploi.
La Nov. 10 n'a plus d'objet, elle fixait le nombre des référcudaires de Justinien. La Nov. 19 confirmait la Nov. 12. Les Nov. 33 et 34 font double emploi avec la Nov. 32. La Nov. 38 est abrogée par la Nov. 46 de Léon qui supprime l'ordre des décurions et les curies. C'est à cause de cette Novelle qu'on a aussi écarté les Nov. 45, 70, 101, qui traitent des décurions. La Nov. 62, de Senatoribus, est abrogée par la Nov. 78 de Léon. La Nov. 65 est locale. La Nov. 67 est modifiée par les Nov. 120, 123, ch. 9, et 131, ch. 7. La Nov. 77 édictait des mesures de circonstances. La Nov. 105 est abrogée par la Nov. 95 de Léon qui abroge le consulat. La Nov. 110 ne faisait qu'abroger la Nov. 106, déjà enlevée des Basiliques. La Nov. 127 traite le même sujet que d'autres Novelles qui sont aux Basiliques. Par exemple, le ch. 1 de la Nov. 118 pour les ch. 2,3; le ch. 2 de la Nov. 119 pour le ch. 1; le ch. 3 de la Nov. 22 pour le ch. 20, $ 1. La Nov. 138 contient les mêmes disposilions que la Nov. 121. La Nov. 139 édictait des mesures de circonstances. La Nov. 141 est modifiée par le Prochiron, tit. 39, c. 73. Les Nov. 147, 148 et 163 édictaient enfin des mesures de circonstances, des remises d'impôts d'une certaine période et pour certaines provinces de Justinien.
Est-ce là le dernier élat des Novelles dans les Basiliques, et na-t-on pas poussé plus loin ces retranchements. On l'aurait pu. Car on n’a pas encore écarté toutes les Novelles
(") Heimbach, Prolegomena Basil., VI, p. 137.
de circonstances, les Novelles locales ou inutiles. Il est certain qu'on à laissé des Novelles devenues inutiles alors qu'on les savait inutiles. Nous avons vu que Psellus, dans la Synopsis legqum et dans la covrouos draipeois, donne deux listes des Novelles que le temps et la suite des événements ont rendues inutiles. Bien que ces Novelles soient pratiquement abrogées on ne les à pas encore retranchées à l'époque de Psellus. Elles figurent toujours dans les Basiliques. Ce sont, pour la plupart comme nous l'avons dit, des Novelles de droit publie réglant l'administration de-provinces perdues de l'empire byzantin.
I n'y a pas de raisons cependant de croire que cette évolution du texte des Basiliques n'ait été continuée. Nous en avons un exemple dans le Paris. Græc. 1352 qui contient les livres I-XVIIT des Basiliques. On sait que ce Code a servi de base pour ces livres à l'édition de Fabrot. Heimbach a suivi, au contraire, le texte du Codex Coislinianus 151 pour les livres I-IX et le Codex Coislinianus 152 pour les livres XT- XIV. Le texte du Parisinus 1352 est moins bon que le texte du Coislin 151. Il est modifié, il a subi des retranchements et des altérations. Certaines Novelles n’y figurent plus. Ce sont les Nov. 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 102, 103. Ces Novelles formaient les titres VIIT à XVII du livre V des Basiliques. Dans le Parisinus, il ne reste que les inscriptions de ces titres, les Novelles elles-mêmes ont été écartées. Elles - sont parmi celles que Psellus énumérait comme élant tombées en désuétude. D’autres Novelles ont disparu soit en totalité, soit dans leur plus grande partie. Ce sont les Nov. 3, 6,43,16,80;86, 123, 131, 133, 134, 137 (!). Il en est d’autres
(*) Manquent dans le Paris. Græc. 1352 : Nov. 123, ch. 24, 25, 26; Bas., TEA Nov: 3ch3 Pas IV M8 Nov.133;1ch522; Bass V3; 16. — Nov.-134, ch. 44; Bas., VI, 1,7. — Nov. 13, ch. 3, 4, 5, 6; Bas., VI, 6, 2. — Nov. 80, ch. 8; Bas., VI, 7, 5. — Nov. 134, ch. 2-6; Bas., VI, 22, — Nov. 86, ch. 2-5, 9. Le Parisinus 1352 n'a qu’une partie de ces Novelles plus complètes dans le Coislin 151 : Nov. 123, ch. 3; Bas., IT, 4,49: — Nov. 137, ch. 6; Bas., II, 1, 48. — Nov. 123, ch. 15; Bas., II,
enfin dont le texte intégral a été remplacé par des résumés. Ce sont les Nov. 8, 17, 95, 120, 131, 133 (!). Toutes ces Novelles se trouvent beaucoup plus complètes dans le Code Colsin.
Mais l'examen des meilleurs Codes manuscrits des Basiliques que nous possédions nous permet de faire une remarque importante. L'état actuel des Basiliques, tel qu'il résulte des manuscrits, et dans les livres qui nous ont été conservés, est le même, essentiellement, que celui que déerit l’Index Reginæ. C'est ce que nous pourrons constater en examinant maintenant les Novelles qui figurent effectivement dans les manuscrits des Basiliques que nous possédons.
Examinons, en premier lieu, les Novelles qui, d'après les trois sources, manquent aux Basiliques et qui, cependant, se trouvent actuellement dans nos manuscrits.
Voyons tout d’abord les Novelles qui, d'après le témoignage concordant de la scolie de Tipucitus et du Laurentianus, sont écartées des Basiliques. Nous connaissons la situation particulière des Nov. 2, 5, 6, 7, 127 et 137 dont on trouve quelques particules dans les Basiliques. D'autre part, la Nov. 149 se trouve aux Bas., VI, 3, 43-45. En dehors de ces cas exceplionnels que nous avons expliqués plus haut, les vingt autres Novelles signalées par Tipucitus et le Laurentianus sont absentes de nos manuscrits. Une addition postérieure a
4, 34. — Nov. 6, ch. 8; Bas. III, 4, 37. — Nov. 193, ch. 21; Bas., JIL, 1, 38. — Nov. 123, ch. 22; Bas., III, 1, 43. — Nov. 123, ch. 27; Bas., IIL 2. —.Nov. 3, ch. 1, 2; Bas., III, 3, 4. Nov LG Bas IV APCE 07 — Nov. 123, ch.36, 37; Bas.,IV,1,17,— Nov: 133; ch:1; Bas., IV, 4, ch. 19, 20. — Nov. 133, ch. 3 ; Bas., V, 3, ch. 10, 11: — Nov. 131, ch. 9, 10. — Heimb., B4s., VI, p. 163, notes 35 et 36.
(*) Nov. 8, ch.1, 6, 7, 8, 9. — Nov. 17, ch.1, 4,7, 8; 9, 43,45, 48. —— Nov. 95, ch. 1, 84. — Nov. 120, ch. 1, 9, 10, 44. — Nov. 434, ch. 13, 15. — Nov. 133, ch. 5, 6, Ces epitomes, qui ne viennent ni de Théodore ni d’Athanase ni d'aucun auteur connu, sont peut-être l'œuvre même de ceux qui 6nt composé le Parisinus 1352 ou son prototype. Cf. Heimbach, Bas., VI, p. 131, ;
rétabli dans le texte du Parisinus 1351 un résumé de la Nov. 55 fait par un auteur inconnu, (édit. Fabrot, V, 2, 3), et le résumé de Théodore de la Nov. 75, (Bas., IX, 2, 5). Une addition de même nature a rétabli dans le Parisinus 1350 le résumé de Théodore de la Nov. 50, (Bas., LX, 38 in fine et scolie). Une partie de ce résumé a done dû passer, lors de la confection de ce Code, des scolies dans le texte.
Quant aux Novelles qui, d'après le témoignage de Psellus dans la sivrouos Gafosaus et de l'/ndex Reginæ, ont été postérieurement écartées, nous ne les trouvons pas davantage dans nos manuscrits, ‘sauf quelques exceptions. Psellus, nous l'avons vu, en ajoute douze à celles que donne Tipucitus. Nous avons examiné le cas de la Nov. 161 qui se trouve aux Bas. VI, 2, 2. Parmi les autres, -le Laurentianus LXXX, 4, contient encore les ch. 1 et 2 de la Nov. 127 (ch. 1, Bas., XXIX, 4, 1; ch. 2, Bas., XXVIIT, 12, 1). Dans le Parisinus 1351, le texte de la Nov. 62 a été remplacé par le résumé de Théodore (Bas., VI, 1, 13-17; VI, 2, 23). Toutes les autres manquent. ;
L’Index Reginæ en ajoute encore douze nouvelles. Nous ne les trouvons plus dans nos manuscrits, sauf la Nov. 33, 34 (Bas., XXIIL, 3, 76), et le résumé de Théodore de la Nov. 138 (Bas., XXII, 3, 78) qui sont dans le Parisinus 1348.
La place originaire de ces 24 Novelles nous est inconnue. Aucun témoignage n’en a été conservé. Biener et Heimbach les ont rétablies par conjecture.
Restent maintenant les Novelles qui, à l'époque de la confection de l'ndex Reginæ, figuraient dans les Basiliques.
. Parmi ces Novelles, il y a plusieurs catégories à distinguer. La première est formée de celles que nous ne retrouvons plus actuellement dans les Basiliques. Elles sont au nombre de 18. Ce sont les Nov. 43, 59, 72, 85, 94, 107, 108, 116, 122, 130, 152, 155, 156, 157, 158, 159, 167, 168. Trois sources principales nous permettent de reconnaitre la place qu'elles occupaient primitivement. Ces trois sources sont :
l'Index Coislin, l’?ndex Reginæ et Tipucitus. Nous avons déjà parlé de l'Index Reginæ et de Tipucitus. L'Index Coislin est un Index général des Basiliques qui se trouve en tête du Coislin 151. C'est un Index des 60 livres des Basiliques indiquant les passages du Digeste, du Code et des Novelles qui se trouvent dans les titres de chaque livre. Or, si nous nous reportons à la place qu'occupaient les Novelles d’après ces sources, nous pouvons constater qu'elles se trouvaient dans les livres qui sont actuellement perdus ('). Il n'y a d'exception que pour une partie de la Nov. 156, pour la partie qui devrait se trouver au livre XLVIII, tit. 26. Nous avons déjà fait remarquer celte coïncidence entre l'état actuel des Basiliques dans nos manuscrits et l’état qui résulte de l’Index Reginæ. Il y a cepeudant encore quelques différences. La seconde catégorie des Novelles que nous devons examiner est formée par celles dont le texte intégral a été remplacé par les epitomes de Théodore et exceptionnellement d’Athanase. Ce sont les Nov. 23, 35, 36, 37, 42, 51, 111, 114, 120, 121, 138, 143, 150, 165. Pour une bonne partie de ces Novelles, cette modification a été faite dès le début par les rédacteurs mêmes des Basiliques. Ce sont les Novelles dont le texte est latin : Nov. 23, 33, 34, 35, 36, 37, 111, 114, 143, 150. Les autres sont des Novelles Grecques dont le texte originaire a été remplacé par l’epitome de Théodore dans le Paris. 1351 (Nov. 42, 120), Paris. 1348 (Nov. 121 et 138) et dans Le Paris. 1350 (Nov. 165). | : [reste enfin les Novelles dont le texte intégral, plus ou
(Voici la liste des livres des Basiliques actuellement connus et des manuscrits qui les contiennent : Liv. I-IX, Cod. Coislin 151 ; Liv. I-XVIIL, Paris. Græc. 1352; Liv. VIIT, Cod. d'Hænel; Liv. XI-XIV, Cod. Coislin 152; Liv. XV-XVIII, Code du Saint-Sépulchre de Jérusalem (Zachariæ); Liv. XX XXX, Paris. Græc. 4348; Liv. XXVITI-XXIX, Laurent. LXXX, 11; Liv. XXXVITI-XLII, Paris. Græc. 1345; Liv. XLV-XLVIIL. Paris. Græc. 1349; Liv. XLVI-LIT, Paris. Græc. 1357; Liv. LX, Paris. Græc. 1350. — Il manque dix-huit livres : Liv. X, Liv. XIX, Liv. XXXI-XXX VII, Liv. XCILI-XLIV, Liv. LII-LIX,
moins complet, se trouve encore actuellement dans les manuscrits des Basiliques que nous possédons. Elles sont au nombre de quatre-vingt-quatorze. Ce sont les Nov. 1 8, 12-18, 20-22, 24-32, 39, 41, 44, 47-49, 52, 53. 57, 60, 6t, 63, 64, 66, 69, 71, 73, 78, 80-82, 86-93, 95 97, 99, 100, 102, 103, 109, 112, 113, 115, 117-119, 123-1926, 198, 131-137, 142, 144-146, 149, 151, 153, 160-162, 164, 166. Il faut à cette liste ajouter, comme nous l'avons vu, la Nov. 127 quoique Psellus et l'Inder Reginæ disent qu'elle manque dans les Basiliques. Nous allons maintenant examiner l’état dans lequel ces Novelles
se trouvent dans les Basiliques.