‹ Les Collections de Nouvelles de l'Empereur JustinienChapitre 8 sur 21 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Divisions de la Collection Grecque dans le Marcianus 179. Rubriques, Inscriptions, Souscriptions.

Nous venons de voir les Novelles qui ont disparu de la Collection des 168 Novelles dans la leçon du Marcianus. Examinons maintenant, pour celles qui restent, la façon dont l'ouvrage a été divisé. Il n'y a qu'une division et c'est la plus simple : la division par Novelles numérotées de façon continue. Nous verrons aussi qu'il y a eu un début de division par chapitres de chaque Novelle. Mais cette division n'a pas été poussée et ne se trouve que dans quelques Novelles du début. Avant de passer à l'examen du texte proprement dit, nous étudierons encore les parties perpétuelles des constitutions, rubriques, inscriptions, souscriptions (!).

Numéros des Novelles.

La seule division qui ait été poursuivie d’un bout à l’autre du manuscrit, c'est la division par Novelle. À chaque Novelle correspond un numéro. La numérotation primitive a été

(‘) Après les souscriptions se trouvent, dans le Marcianus seulement, ces notes que nous avons appelées des mentions de’Chancellerie. Il est inutile d’y revenir ici, car nous les avons suffisamment passées en revue dans la première 'partie de cet ouvrage. Origine et formation des Collections de Novelles, p. 68 et suiv.

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soigneusement conservée, c'est-à-dire celle de la Collection complète des 168 Novelles. Quelques Novelles ont disparu, quelques-unes sans qu'aucune note n’en ait conservé la trace. Mais on n'a pas pour cela diminué la suite des numéros d’une unité correspondante. On peut même se rendre compte que l'on a attaché une importance particulière à conserver l'ancienne numérotation. Il y avait pour cela une raison majeure. On sait que dans la période justinienne on cite les Novelles d'après leurs numéros dans les Collections ; et la Collection des 168 Novelles était déjà très répandue. Malgré les mutilations qu'on lui a fait subie dans la leçon du WMarcianus, il importait donc de conserver l’ancienne numérotation pour préserver l'exactitude des.citations.

Nous avons déjà signalé plus haut les numéros de l’Index (!). On a vu qu'ils ne sont pas complets. Mais ceux qui sont écrits de première main sont tous exacts. |

Dans le texte même, toutes les Novelles, sauf rares exceptions, ont leurs numéros, même les Novelles dont le texte manque. La glose qui indique leur absence donne leurs numéros. Les exceptions sont les Nov. 3 et 120 pour celles dont le texte existe dans le manuscrit, les Nov. 11, 144, 148, 149 et 150 pour celles qui n'y figurent pas: Les Nov. 144, 148, 149 sont les Novelles de Justin écartées sans qu'une glose en informe le lecteur. La Nov. 150, latine, a son numéro et une rubrique grecque dans l'index.

Quant aux autres Novelles, deux mains différentes ont pris soin de leur donner des numéros. Parfois même une troisième main intervient. La première main, qui paraît être celle du copiste lui-même, a mis les numéros dans le corps même du texte, en tête de chaque Novelle. Elle les à purement et simplementécrits en lettres grecques, au débutde la rubrique, sans ajouter aucune autre mention. Les cent premières Novelles environ ne sont pas toutes numérotées par elle. Elle n'a au

contraire oublié presque aucune des 68 dernières. Voici les numéros écrits de cette main : 2, 27, 28, 33-37, 42-45, 47, 48, 50, 52-57, 63, 67-69, 72, 75, 76, 82, 85, 86, 88-90, 94-98, 100- 119, 121, 124-137, 140-143, 145-147, 150-168. Une main a corrigé les numéros 97 (ç'), 101 56"), 103 (22’). Le numéro 121 est faux (222’), tous les autres sont exacts.

La deuxième main a complété le travail de la première. Elle avait sous les yeux un modèle exact, car tous ses numéros sont exacts et elle corrige les quelques erreurs que de fausses corrections avaient amenées dans la série de première main. Les numéros de cette main sont écrits la plupart du temps en marge et précédés de l’abréviation de vexpx. Elle donne la série presque entière des cent premières Novelles, car la première main avait été très incomplète. A partir de la Nov. 103, elle cesse, au contraire, presque entièrement parce qu'ici les numéros existaient déjà tous. Voici, au reste, les numéros de cette main : 4-10, 12-32, 38-42, 44-51, 53-60, 64, 66-74, 77-81, 83, 84, 86, 87, 90, 92-95, 97-103, 123, 138, 139.

On voit qu'un certain nombre de numéros, surtout parmi les premiers, ont été donnés deux fois, en tête de la rubrique et en marge.

Une troisième main a écrit, en outre, quelques numéros 90, 91, 92, 94. Elle n’a pas fait de travail d'ensemble. ;

L'intérêt de ces numéros est de fixer exactement le nombre de Novelles que contenait la: Collection Grecque -dans son état primitif. Ces numéros qui concordent avec ceux du Laurentianus, les gloses qui remplacent les Novelles enlevées dans ces deux manuscrits, rendent la restitution facile et certaine bien qu'aucune des sources connues ne contienne plus la Collection tout entière.

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Existait-il une division des Novelles par chapitres ?

Il n'y pas d'autre division. En particulier, une subdivision de chaque Novelle en chapitres n'apparait pas dans notre manuscrit, pas plus que dans le Laurentianus. IL y a cependant des traces, dans quelques Novelles, d'une esquisse de division en chapitres. On les remarque dans les premières. Leurs paragraphes sont distingués par des numéros en lettres grecques inscrits, soit dans le texle, soit le plus souvent en marge. Mais cet essai n’a été ni poussé bien loin, ni adopté, ou même conservé. Car ce sont les Novelles du début qui en portent les traces et, dans notre manuscrit, les numéros sont très incomplets. Voici la liste des Novelles où on les trouve et les numéros qui subsistent encore : Nov. 1, restent encore cinq numéros : Ê',y', 2 e',C'; Nav. 2.,a' et '; Nov. 5, up seul: 05 Nov-G, 0, eo, 0, La, y, 1',1c, LL, m, W'ilen reste davantage de même que dans les deux Novelles suivantes Nov 7, 00e vof Nov.8 a, get en 0; v, 187, ©’; Nov. 13, un seul;-a', et Nov. 17, une seule trace d'une division plus importante : :/' (!). Dans le reste du texte, on ne trouve plus rien de semblable. Si parfois le copiste va à la ligne ou laisse des blancs entre deux phrases,

() Je n'ai pas noté ici la place exacte où se trouvent, dans le texte de chaque Novelle, ces numéros. On les verra de façon beaucoup plus claire dans le texte de Schœæll. Il les a conservés des deux leçons du Marcianus et du Laurentianus. Les chiffres qu'il donne pour la Novelle 12 ne sont pourtant dans aucun de ces deux Codes, mais dans l’Ambrosianus, L. 49 sup. de Milan, qui ne contient pas le texte de la Collection Grecque. Il ne dit pas le plus souvent s’il les tire du Marcianus où du Laurentianus. On pourra faïre le départ en consultant la liste ci-dessus et celle qui se trouve plus loin. Les chiffres qu’il met entre crochets sont restitués par lui et ne se trouvent dans aucun des deux manuscrits. Pour les autres, il faut seulement remarquer la divergence que je signale entre les numéros du Laurentianus et du Marcianus, au sujet des chapitres 3 et 4 (chiffres actuels) de la Nov. 1.

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ce ne sont pas des divisions proprement dites, rigoureuses et fixées, mais de simples repos de sa plume.

Ces essais de divisions sont anciens, car nous les retrouvons dans le Laurentianus. Is étaient donc dans le prototype lointain d'où découlent les deux lecons de la Collection Grecque que nous connaissons. Ils étaient en voie de disparition. On à pu remarquer que les séries sont très incomplètes dans l’état actuel. Dans le Laurentianus, beaucoup de numéros ont de même disparu d'une façon parallèle, mais indépendante, puisque ce ne sont pas les mêmes numéros que dans le Marcianus qui ont été enlevés. Cetle constatation nous amène à soulever un problème déjà posé par Biener sous une autre forme (!). Nous avons parlé d'essais de division, d’esquisses non poussées. Ne serait ce pas plutôt des vestiges d'une division plus complète qui aurait affecté toute la Collection Grecque et toutes les Novelles ?

Je crois que l’état des sources permet de répondre négativement. Biener s'était demandé si Justinien lui même n'avait pas divisé les Novelles en chapitres, si elles n'étaient pas ainsi divisées dans les exemplaires officiels émanants de la : Chancellerie. Il avait remarqué que les renseignements posilifs tirés des énonciations mêmes des Novelles sont douteux. IL est parlé de chapitres dans la Nov. 23, ch. 3; dans la Nov.39, ch. 1, on fine, etch. 2, princip.; Nov. 62, ch. 1, on fine et ch. 2, princip.; Nov. 115, ch. 3; Nov. 162, ch. 1 (?). Mais ces passages ne prouvent pas suffisamment qu'une division complète ait été opérée par Justinien. Ils peuvent s'entendre

() Biener, Gesch. d, Nov., p. 59.

() Nov. 23, ch. 3 : « Illud etiam in tertio capitulo disponendum est. ». Nov. 39, ch. 1, in fine et ch. 2, princip. : & *Ev pèv oùv rodro xepdlacv dora

TG rapôvrt vépuy. — Aeütepov D éxeivo To nepl Tüv yuvuxüv… ». Nov. 62, ch. 4 in fine et ch. 2, princ. : & EL hunc quidem præsentis legis articulum ita disponimus..… — Aliud autem capitulum.… ». Nov. 115, ch. 3 : « *ANoO

\ / / = ’ ES ; Rpôs ToÛTOIs xEpdhœtov TO Tapovrt vou npocbeivar auveldouev ». Nov. 162, Ch. 1 : « ro roivuv mpürov xepdhatov rotodrov Av ».

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d'une division de matières traitées autant que d'une division matérielle proprement dite. C'est encore plus le cas des rubriques qui mentionnent des chapitres, par ex. : Nov. 2, 18, 97, 115, 117, 119, 123, 127, 198, 134, 162. La rubrique de la Nov. 115 dit que la loi a six chapitres et numérote la rubrique de chacun d’eux. Or, dans le corps du texte, il n'y a pas de trace de division. La rubrique de la Novelle 117 reot Ciapsewy xco2k ao, ainsi que diverses autres qui terminent l'énumération des sujets traités par xai met £técoy xcoahaloy » montrent clairement que le sens est davantage de sujets traités que de chapitres matériellement divisés.

L'examen des diverses collections est probant. On sait que dans l Epitome de Julien les Novelles sont divisées en chapitres. Ces chapitres ont ceci de particulier qu'ils sont munis de numéros formant une suite continue du début à la fin de Ja collection. Comme ils se trouvent dans tous les manuscrits, ils proviennent de l’auteur lui-même. L'Epilome, dit de l’Anonyme, présentait la même espèce de division (1). Mais l'Anonyme n'a pas divisé les Novelles en un même nombre de chapitres que Julien. D'après les numéros que nous connais sons, il semble avoir formé moins de chapitres. C’est une preuve que ces deux auteurs n'avaient pas devant les yeux un modèle déjà divisé.

Mais il faut surtout remarquer que ces deux collections sont des exceptions parmi les grandes qui nous ont été conservées. L'Authentique, dans ses plus anciens manuscrits, n'a pas de divisions en chapitres. L'Epitome de Théodore n'en a pas davantage. Or l'Epitome de Théodore est un résumé fait sur la Collection Grecque des 168 Novelles. L'Epitome d'Athanase, enfin, bien que divisé par son auteur en titres dont chaque novelle forme un chapitre, n’est pas subdivisé en chapitres dans l’intérieur de chaque Novelle.

Si nous examinons les collections partielles ecclésias-

(:) CF. Origine et formation de Collections de Novelles, p. 219.

tiques, nous en trouvons semblablement de deux sortes. Dans la Collection des 87 chapitres et dans la Collection du Codex Ambrosianus L. 49 sup. (‘), il y a une division par chapitres. Les numéros des chapitres forment une suite continue dans la première et il y en a 87. La seconde est divisée en titres et c'est dans chaque titre une division en chapitres qui fond tous les éléments dont le titre est formé. Ces chapitres sont l'œuvre des auteurs des collections, comme. dans les Epitomes de Julien et de l'Anonyme, et ils sont en nombre différent.

Si l’on examine maintenant les citations de Novelles dans les œuvres des jurisconsultes de l’époque justinienne, on fait les mêmes constalations. Les Novelles dans Théodore et dans les paratitla d'Athanase sont citées par numéros, jamais par chapitres. Il en est de même dans les fragments des commenaires qui ont passé aux Basiliques.

On peut donc conclure de tout ceci que les Novelles dans la Collection Grecque n'ont pas été divisées en chapitres. Les traces que nous relevons dans le Marcianus et dans le Laurentianus ne sont que les traces d’un essai assez vite abandonné et qui a été fait seulement sur quelques-unes des premières Novelles.

La division actuelle, telle qu'elle est dans la dernière édition de Schæll et Kroll, est moderne. Elle est l'œuvre de Leconte. Il se servit de l'Epitome de julien, mais sans s’astreindre toujours à donner aux Novelles le même nombre de chapitres. Son premier essai fut fait pour les Novelles de l’Authentique dans son édition de 1559. IL le reprit avec quelques corrections et l’étendit aux Novelles grecques dans son édition grecque et latine de 1571 (?). C'est dans cette édition que Leconte a adopté la division actuelle, séparant le texte de chaque Novelle en préface, chapitres et épilogue. Cette division est toujours suivie depuis lors.

(!) Origine et formation.…., p. 237.

(?) Biener, p. 374 et 399.

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IN

Rubriques.

On sait que chaque Novelle est précédée d'une rubrique et d'une inscription et se termine par une souscription. Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit dans le premier volume de cette étude sur l’origine des rubriques et sur leur caractère (1). Elles avaient déjà été composées avant la composition de la Collection Grecque. Aussi sont-elles également dans nos deux manuscrits. IL y a quelques différences assez légères. Notamment le Forentinus omet parfois quelquesuns des derniers mots. Nous le verrons quand nous parlerons de lui. [n’y en a qu'une et c’est la rubrique de la Nov. 1 où le Marcianus est moins complet : rest où oslxdiou au lieu de rep 16 xAnpévuoy zat 10) oxhxidtou du Laurentianus. Toutes les Novelles ont des rubriques dans le Marcianus. On ne peut relever d'erreurs plus importantes que dans les trois Nov. 80, 106 et 122. La Nov. 80 est précédée d’une rubrique qui est celle du titre 6 des Basiliques, livre VI. La Novelle elle-même forme une partie de ce titre. Cette interpolation tirée des Basiliques est une des traces de la confrontation du texte de notre tradition avec le recueil de Basile, confrontation prouvée par les gloses. La rubrique était tombée, peutêtre parce qu’elle était latine, comme le montre sa rédaction dans l'Epitome de Théodore, rest td quæsitoros. Cette suppression est ancienne puisque la rubrique n’est pas non plus dans le Lanrentianus. Celui qui a confronté le texte avec les Basiliques a pris la rubrique de tout le titre 6 : gi éco: xOUAIOTWp0S AL Ty BonlGy aûrod xal Tv avryoagéwy (?). Les Nov. 106 et 122, dont on ne trouve le texte grec que dans notre code, ont leurs rubriques gâlées, la première par une

(:) Origine et formation…., p. 121 et suiv. (:) L'index du Laurentianus à rept rod xouxiorwpos.

erreur de copiste «rec t@y autixüv (sic) dayzloY, pOur YATAGY », (de usuris nauticis); la seconde par l’omission du sujet même

de la loi « ldteroy vod ebsefeotétou fu@y Gesrotou lousriyavod ». lilutione artificium) ».

Inscriptions.

Les inscriptions, dans l'état où elles sont dans le Marcianus et le Laurentianus, ne sont point dans leur état originaire. Elles ont été résumées. IL en est très peu qui soient restées telles qu'elles étaient lorsque les constitutions sortaient du bureau du questeur pour être envoyées aux hauts fonctionnaires. L'invocation au Christ, êv véuart voù desnorou Toù ’Insod Xous7od 120 0c0ù quüv, a été supprimée. L'énumération pompeuse des noms de l'empereur a été écourtée de même que celle des dignités du fonctionnaire à qui la Novelle est adressée. Il ne reste de complètes que les inscriptions des Nov. 17,43, 86,134. Pour les autres, il faut remarquer qu’elles n'ont pas été résumées suivant un procédé uniforme. Dans les unes, les noms et surnoms de l’empereur sont remplacés par « ?AUTOXOATOO ’lovortyt2v05... »: dans les autres, par un rappel des inscriptions précédentes, « 5 arès Basthsds… ». Cette formule prouve d'ailleurs qu'à l'époque où elle a été composée, les Novelles avaient déjà commencé à être réunies en collection. Parfois même ils ont disparu et sont remplacés par un « éÿp2on » suivi au datif du nom du fonctionnaire. Enfin 1l y a un certain nombre de Novelles où l'inscription a complètement disparu, notamment dans la deuxième partie. Ce sont les Nov. 77, 113, 116, 117, 120, 125, 196, 129, 132, 135, 136, 140, 141, 148, 149, 156, 158, 161, 162. Ces suppressions, en somme assez nombreuses, sont très anciennes. Car elles ont lieu aussi bien dans le Laurentianus que dans le Marcianus. |

Le

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Nous avons fait une remarque semblable sur le manque d'uniformité dans la composition des rubriques. Le rapport qu'il y à entre ces deux parties voisines permet de fàire assez facilement la même conjecture sur l'origine des seconds que : sur l'origine des premiers. Le remaniement des inscriptions est contemporain de la composition des rubriques. 11 a été fait avant la réunion des Novelles en grandes collections, avant, par conséquent, que La Collection Grecque des 168 Novelles ait été achevée. C’est pourquoi l’état est le même dans les ‘leux leçons que nous connaissons du texte.

En quelle langue furent écrites originairement les inscriptions? C'est encore une question à laquelle on ne peut répondre que par conjecture. Actuellement, dans le Marcianus comme dans le Laurentianus, elles sont écrites en grec. Mais, dans le Marcianus, qui représente la leçon la plus ancienne, il subsiste encore quelques traces, non négligeables, d'écriture latine. Dans la Nov. 15, l'inscription est tout entière latine : «mp. Justinianus Aug. Joanni P. P. ». De même dans la Nov. 82 : « mp. Justinianus Aug. Joanni pp. per Orientem ex consule ac patricio ». Atlleurs une partie seulement de l'inscription est latine : « Zmp. Justinianus À. (Nov. 90) ». « 1mp. Justinians:s (Nov. 13, 18) ». Quelques mots subsistent écrits moitié en lettres latines : « prætoriwy, Nov. 1, 15, 18, 20, officiwr, Nov. 2, largitionoy, Nov. 92. Toutes ces traces de latin ont à peu près complètement disparu dans le Laurentianus. Gelte disparition est conforme à l'évolution subie par Le texte même. Nous verrons qu'une de ses caractéristiques les plus remarquables est la présence de mots latins au milieu de phrases grecques. Leur écriture latine est presque toujours respectée dans la leçon plus ancienne du Marcianus. On les traduit en grec, on les remplace peu à peu. Le travail est poussé très loin dans la leçon du Laurentianus. Il est achevé dans la leçon des Basiliques où il n°y a plus de termes latins. Mais déjà dans le Warcianus il est commencé. On peut lire souvent, au-dessus de la ligne,

l'équivalent grec du mot latin. N'est-ce pas par une transformation analogue que les inscriptions des Novelles sont devenues grecques. [l est très certain que quelques-unes au moins étaient écrites en latin; les traces que nous avons relevées plus haut le prouvent. Car s'il est démontré que des mots grecs ont quelquefois remplacé des mots latins dans un texte juridique grec, ilest invraisemblable de penser que les byzantins aient pu faire l'opération inverse. On peut conjecturer au contraire, sans invraisemblance, qu'elles ont été originairement latines. Il y aurait ainsi correspondance de langue entre les deux parties correspondantes des Novelles, l'inscription et la souscription. Cette dernière était écrite en latin de même que la souscription impériale. L'adresse devait, elle aussi, être écrite en latin.

À quelle époque la transcription s’est-elle faite? C'est ce qu'on ne peut dire facilement. Il est très possible que les résumés de l'inscription complète, qui ont été faits à l'époque de Justinien, ont été faits en latin. Les inscriptions latines qui subsistent sont des inscriptions résumées. Originairement la Collection Grecque a pu avoir ses inscriptions latines comme ses souscriptions. Si celles-ci le sont restées, c'est, comme nous le verrons, qu'elles cessèrent très vite d'être utilisées, et, au lieu d’être transformées, elles furent peu à peu écartées. Les autres, au contraire, toujours en usage, furent rendues plus’claires par leur traduction. Elle est plus complète dans le Laurentianus que dans le Marcianus. Peut-être estce même parce qu'elles ne furent pas traduites et ne furent pas comprises d'un copiste que les inscriptions d’un certain nombre de Novelles de la fin ont disparu. 6

(l Souccriptions.

Le Marcianus est particulièrement important pour les souscriptions, C'est la seule des sources de la Collection

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Grecque qui les ait conservées. Et c’est toujours la source qui en contient le plus grand nombre bien qu'elles aient besoin d’être complétées et rectifiées par les souscriptions que l’on trouve dans les autres collections de Novelles.

Les souscriptions sont incomplètes et assez souvent corrompues dans le Marcianus. La raison en est claire. Elles étaient devenues inutiles et incompréhensibles. Depuis le début du x° siècle, le mode de computation chronologique a changé (1). Au lieu de compter les années par la triple mention de l'année de règne de l’empereur, de l’année de consulat et de l'indiction (?), on les compte plus simplement à l’aide d'une seule date, la date du commencement du monde, d'après le comput byzantin (*). Aussi Les souscriptions disparaissent-elles peu à peu quand elles ne sont pas systématiquement enlevées. C'est un phénomène général que l'on retrouve dans toutes nos collections. Dans tous les manuscrits, que ce soient les manuscrits de l’Authentique, de Julien, de Théodore ou d’Athanase, elles sont en voie de disparaitre. En outre, on peut voir que le copiste du Marcianus n'a pas compris le sens des souscriptions qu'il a conservées. Peutêtre est-ce en partie à cette ignorance que nous en devons la conservation partielle, car nous voyons qu'ailleurs elles ont été systématiquement retranchées. Mais c'est aussi la raison principale de leur inexactitude. Celle-ci a sa source, la plupart du temps, dans l'omission d’une partie essentielle de la souscription plutôt que dans une erreur proprement dite. On peut dire au contraire que quand le copiste n'omet pas une partie de la souscription il la reproduit très généralement avec fidélité. |

Autant que la disparition du mode de computation chrono-

(t) Zachariæ, Aus u. zu den Quellen., Savig. Stift., Rom. Abth., XIT, p- %4 () ()

Nov. 47.

Zachariæ, ibid., p. 94.

logique, la forme même des souscriptions en rendait la compréhension difficile aux copistes byzantins. Elles sont écrites en lettres latines et en abrégé. Si les inscriptions, comme nous le croyons, ont été primitivement latines, elles ont élé transformées dans nos collections. Les souscriptions sont restées latines dans le Marcianus. Le mélange de lettres grecques que l'on remarque dans quelques-unes provient assurément d’un copiste.

On peut citer le mélange de lettres grecques et latines dans le mot Constantinople. Il est abrégé souvent par les deux lettres C. P. Mais il est parfois moins abrégé et écrit de la facon suivante : Nov. 2, Constantirwrékcos, Nov. 5, cr Nov. 15, Constantinoros, Nov. 20, ConstantinurokT, Nov. 32, pp. Zachariæ lit cette abréviation « pro- LE » ('). L'interprétation de Schœll (?) me paraît plus exacte. Ce serait une mauvaise lecture du copiste qui traduirail P. P. par roamoptov. Ge P. P. ayant été lui-même écrit pour C. P., Constantinople. Une autre partie de la souscription, la note d’indiction, est souven donnée en lettres et en chiffres grecs. C'est une des raisons, jointes à la rareté de la présence de cetle notalion dans les souscriptions, qui feraient croire à son adjonction postérieure. Elle ne serait pas parmi les nolations de temps officiellement pes dans la souscriplion par la chancellerie.

Les différentes mentions des souscriptions sont presque toujours abrégées. Elles ne le sont pas constamment de la même manière. Les abréviations sont, en général, assez exactement reproduites. Elles ne sont point altérées comme dans certaines autres collections, comme dans les manuscrits de l’Authentique ou de Julien, à ce point qu'elles y sont devenues incompréhensibles. Nous aurons signalé à peu près toutes les erreurs de ce genre en citant : Nov. 22, potest Bil-

(') Zachariæ, Novellæ, 1, p. 188, n. 5.

() Schœll, Novellæ, p. 240, note à la ligne 18.

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sar, pour post Belis; Nov. 22, rost cons. Bilisario, pour post cons. Belis; Nov. 66, p. p. agu, pour (Justin.) p. p. August. ; Nov.118, œuin x a pour XVII Kal.

Nous pouvons nous rendre compte d'une façon générale de la répartition des souscriptions dans la série des Novelles et de leur plus ou moins grande exactitude suivant les endroits. De la Nov. 1 à la Nov. 84, elles sont presque toutes conservées et très exactement. Il n’y en a que trois d'omises et sept inexactes. Mais après la Nov. 84, dont la souscription est incomplète, nous trouvons une série de constitutions où la souscription n'a pas été conservée. Ce sont les Nov. 85 à 96. Seule la Nov. 90 à une souscription et encore est elle complètement inexacte. Après cette série, les souscriptions sont moins nombreuses et souvent inexactes. À partir de la Nov. 97 jusqu'à la Nov. 168, nous n'en trouvons plus que treize qui soient exactes. !

Que les altérations des souscriptions se soient produiles vers la fin du manuscrit, cela peut s'expliquer tout d'abord par cette observation, souvent faite, que l'attention du copiste se lasse lorsqu'il arrive à la fin de son œuvre, qu'il devient moins exact et abrège volontiers. Mais elles s'expliquent surtout par la facon même dont la date est donnée dans les dernières Novelles. Nous savons que le consulat de Basile (541) fut le dernier des consulats de particuliers et le dernier des consulats du règne de Justinien. On compte alors les années par post consulatum Basilii et par les années de règne de Justinien. Or, dans les constitutions de la seconde partie, qui sont pour la plupart postérieures à 541, le copiste omet très généralement Les chiffres romains qui donnent leur valeur à ces mentions de post-consulat et d'année de règne. Le copiste n’en à pas compris l'importance et abrège en les supprimant. C'est là la source principale des inexactitudes, comme nous allons nous en rendre compte en passant à l'examen détaillé des souscriptions.

La première mention qu'elles contiennent est celle du

quantième et du mois de leur émission. Sur les 143 Novelles du manuscrit de Venise, 25 omettent d'indiquer cette partie de la date : Nov. 30, 69, 77, 82, 85-89, 91-96, 105, 111, 112, 122, 124, 126, 141, 151, 154, 156, 160. IL y en a deux qui donnent le reste de la souscription, tout en omettant le-quantième et le mois (Nov. 69 et 129).

Cette partie de la souscription est bien conservée dans le manuscrit de Venise, tandis que, dans d'autres collections, le quantième est généralement supprimé; on le trouve ici dans chaque souscription et généralement exact. Quelquefois, cependant, on peut remarquer une légère erreur dans le chiffre romain : un XV ou un XVI pour un XVII que corrige Athanase, par ex. : Nov. 2,19, 28, 29, 32, 42, 98, ou encore un oubli : Nov. 58 (II Nov. pour IT Non. Nov.), quelquefois l'irdication erronée des kalendes pour les nones : Nov. 56, 109. L'erreur dans le mois n'est pas très fréquente. Elle a lieu : Nov. 80 (mai pour mars), 83, 110, 135, 145, 159, 162.

Nous avons donc dix-sept Novelles dont la souscription conlient quelques erreurs parfois très légères et faciles à corriger. Les Novelles qui restent au nombre de 101 ont des mentions exactes et pour beaucoup ce sont les souscriptions de Venise qui sont décisives.

Le classement est différent pour la partie de la souscription qui donne l’année. Pour les étudier plus commodément, nous les passerons en revue par années. Car les mentions sont très différentes suivant les années et très différemment conservées.

Les 24 Novelles de l'année 535, Belisario consule, qui ont des souscriptions dans ce manuscrit, les ont toutes exactes. Nov. 1-8, 10, 12-17, 24-29, 32, 191, 136. Des huit autres Novelles de 535 dans la Collection Grecque, la Nov. 77 omet la souscription, les autres sont latines et manquent entièrement dans le manuscrit, 9, 11, 33, 34, 35, 36, 37.

Les souscriptions de l'année 536, post consulatum Belisarii,

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sont assez bien conservées. Sur les seize Novelles de cette année, treize ont des souscriptions, neuf sont exactes Nov. 19-22, 31, 39, 40, 42, 46. Mais nous en trouvons déjà quatre gâtées par suite de l’omission du post devant consulatum, Nov. 18, 38, 102,.103. Le manuscrit n’a pas conservé la souscription de la Nov. 30. Quant aux deux autres de cette année, Nov. 23 et 41, elles sont latines et le texte entier manque. :

L'année 537 a fourni à la collection vingt-et-une Novelles. La souscription se complique, à partir de celte année-là, d’une mention nouvelle. À l'indication du consulat, Justinien ordonne, par la Nov. 47, d'ajouter l'indication de l’année de règne de l’empereur. Cette nouvelle façon de noter la date doit être employée pour tous les actes à partir de septembre 537. En réalité, la Chancellerie l’a inaugurée quelques jours avant, puisque nous la voyons figurer déjà dans une constitution d'août, (Nov. 52), pour la première fois. Le règne de Justinien commençant le 1* avril 527, l'année 537 est indiquée dans les souscriptions comme la deuxième du post-consulat de Bélisaire, (post consulatum Belisaru anno I1) et la onzième du règne de Justinien, (èmperi Justiniant perpetui Augusti anno X1). Les deux mentions ne concordent pas toujours et doivent se rectifier lune par l'autre. Néanmoins, elles sont encore assez fidèles puisque treize souscriptions donnent la date exacte aux Nov. 43, 44, 49, 50, 52-60. Mais déjà parmi trois de cette série, Nov. 52,55 et 58, l’année d’empire seule est exacte et l’année IT du post-consulat est supprimée. Les cinq autres Novelles de cette année, qui ont des souscriptions dans le manuscrit, sont rendues inexactes par suite de l'omission de l’année de règne et de l'année de consulat : Nov. 45, 47, 48, 51, 61. Restent les Nov. : 62, 74 — 104, 105. La : Nov. 105 est une de celles dont le manuscrit omet la souscription, (dat...). Les trois autres Novelles de cette année 62 et 75 — 104 sont latines. À

L'année 538 est l'année du consulat de Jean de Cappadoce,

la onzième du règne de Justinien jusqu’en avril et la douzième à partie du 1* avril. Elle a donné à la Collection Grecque 13 constitutions, 63-74 et 76. La simplicité de l’année de consulat fait que dans 12 souscriptions cette mention est exacte. Nov. 63, 64, 66-74, 76. L'année de. règne est aussi fidèlement transcrite. La onzième Novelle de cette année, Nov. 65, est latine. |

L'année 539 est celle du consulat d'Apion, douzième et treizième année de règne. Les constitutions sont très nombreuses cette année, au nombre de 26 : Nov. 78-101, 133 et 162. Toutes ces Novelles sont dans le manuscrit, mais les souscriptions commencent à être fréquemment omises. C'est ainsi qu'on ne les trouve plus dans les douze Nov. 82, 85-89, 91-96, (Nov. 82 dat XV..., Nov. 87 dat. le reste omis). Les souscriplions des Nov. 84 et 100 sont comme omises puisque le copiste a supprimé le chiffre de l’année du règne et la mention du consulat. C'est grâce à la simplicité de cette mention de consulat que nous trouvons dix souscriptions exactes : Nov. 78-81, 83, 97, 99, 101, 133, 162, dont six, (81, 83, 99, 101, 133, 162), n'ont plus le chiffre de règne. Quant aux deux dernières de cette année, Nov. 90 et 98, elles méritent quelque attention, car leurs souscriptions offrent les deux seuls exemples de divergence bien caractérisée d'avec les autressources, ne provenant plus seulement d’omission ou de fautes d'inattention faciles à saisir. D'après la souscription du Marcianus, la Nov. 90 serait de l’année Il, post consulatum Belisarn (537), alors que d'après d'autres sources, l’Authentique et Théodore, elle est de l’année 539, treizième de Justinien, Apione consule, ce qui est confirmé par la place qu'elle occupe parmi les Novelles de 539.

Quant à la Nov. 98, elle a dans Venise la souscription suivante : « dat XV kal. Jan. cp. dn. Justin. pp. aug. ann. XII Just. ve. conss. ». Si nous suivons cette indication, l’année de Justin consul (540) est au mois de décembre la quatorzième

de Justinien ('). Deux manuscrits de Julien, (Berlin, 269, San- Gall), ont ces deux mentions, (Berlin : Justiniani viri clar. consule). Athanase, par contre, donne le consulat d’Apion. La similitude entre l'Authentique et Julien montre que la divergence des sources provient d'une erreur très ancienne. Il est possible qu'elle provienne de la confusion entre l'année de règne et le consulat comme permet de le supposer sa forme dans le manuscrit de Berlin de Julien. En tout cas l'ordre chronologique, la place de la Nov. 98 parmi celles de l'année 539, rendent la lecture d'Athanase plus probable que l’autre.

L'année suivante 540, Justino consul, n'a qu’une Nov. 106 et sa souscriplion est incomplèle « .… Just. pp. aug. v. c. cons... ». Le chiffre de l'année de règne est supprimé et « Justino » confondu par le copiste avec « Justiniano ». La première mention a été laissée de côté comme inutile. Mais la correction est facile. |

L'année 541; Basihio consule, a encore quelques souscriptions exactes. Elle a donné neuf Novelles à la Collection 107-114, 153, toutes dans le manuscrit sauf 114 latine. Quatre souscriptions sont exactes : Nov. 108, 109, 113, 153, mais à cause du consulat, car la Nov. 113 est la seule à donner le chiffre de l’année de règne, (XV), omis dans toutes les autres. C'est à cause de cette omission et de la confusion facile, pour l'ignorance du copiste, de Basil. en Belis., que les souscriptions des deux Nov. 107 et 110 sont inexactes. Les deux Nov. 111 et 112 omettent la souscription.

Mais, c'est depuis l’année 542 jusqu'à là fin du règne de Justinien que les souscriptions deviennent régulièrement inexactes par suite de l’omission du chiffre des années

(:) Schæll, éd. p. 481, note à la ligne 39, indique une autre correction qu'il nesuit pas davantage. En supprimant le XV devant les kalendes de janvier, on place la Novelle le 1°° janvier 540 et non plus en décem bre, alors : dat. kal. jan... anno XIII Justino consule.

GA

d'empire et de post consulatum Basilii. De l’année 542, (post consulatum Basilii anno 1, imp. dn. Justiniani pp. Augusto” anno XV-XV1), à l'année 565, (post cons. Basihii anno XXII, imp. dn. Just. pp. Aug. anno XXXVITI-XXXIX), dernière année du règne de Justinien, trente constitutions nous ont été conservées par la Collection Grecque des 168 Novelles. Peu ont perdu leurs souscriptions en entier : Nov. 126, 147, 157, 167. Les Nov. 143, 150 sont latines. Mais, dans l’immense majorité des autres, la souscription est devenue, avec quelques variations, sans importance, Cp. imp. dn. Jushiniano pp. Aug. Basil. v. c. cons. : Nov.115,116, 118,119, 120, 122, 123, 124, 195, 127, 128, 130, 131, 132, 134, 135, 137, 141, 142, 145, 146, 158, 159. Seules les Nov. 117 et 129 donnent l’année de règne. Dans la première ,'il est faux, (XV au lieu de XVI), dans la deuxième exact. C’est donc dans les autres sources, et non dans le Marcianus, qu'il faut aller chercher les souscriptions exactes pour cette période. Les Novelles de Justin (566-572), Nov. 140, 144, 148, sont plus exactes. Seule la Nov. 149 est inexacte par suite de la suppression de l'année de règne.

Nous venons de passer en revue les Novelles des années 535 à 575 dont on peut connaître la date exacte, soit par le Marcianus, soit par les autres sources. On sait que dans l’'appendice quelque peu désordonné des quarante dernières Novelles, il est entré quelques constitutions antérieures à 535. Ce sont les Nov. 138, 139, 151, 152, 154, 155, 166, 168. Il en est d’autres dont la date, bien que postérieure à 535, n'a pu être déterminée, d'après les sources actuellement connues, que de façon {rès approximative. Ce sont les Nov. 135, 156, 160, 165, 167.

Quelques-unes de ces Novelles manquent au Marcianus C'est la Nov. 138, latine, les Nov. 166, 167, 168, qui sont des édits des préfets du prétoire. La plupart des autres n'y ont plus de souscriptions. Nov. 139, 151 (dar. XVII), 154, 156, 160. Il ny en a done que trois dont les souscriptions sont

conservées, Nov. 135, 152, 155. La première, postérieure à 541 et au consulat de Basile, est inexacte par suite de l'omission, souvent notée, de l'année de règne et de l’année de postconsulat de Basile. De plus, dans le Marcianus, Basilio est changé en Bilisar., (dat. k. ju. mar. cp. bilisar. ve. conss.).

La troisième, Nov. 155, porte bien Justiniano consule.. Mais c'est le troisième consulat de Juslinien (533) et le nombre trois est omis. En définitive, il ne reste qu'une souscription exacte, celle de la Nov.152, par suite de la mention du cunsul, Paulino consule (534).

La troisième notation d'année, l'indiction, est rare dans le Marcianus. On ne la rencontre que dans les Nov. 1, 13, 16, A0 STE TT Le 117. Elle est d’ailleurs partout exacte, sauf Nov. 16 où le copiste a mis un signe incompréhensible au lieu de :/’. Le chiffre de l'indiclion est donné en lettres grecques. Dans les autres sources, l'indiction est notée un peu plus souvent. On la rencontre notamment, Nov.108,115, 118, 123, 124, 127, 128, 130, 131, 140, 159, 161, 163, 164. Elle est dans l’'Epitome de Théodore ou dans l'Epitome d'Athanase ou dans celui de Julien. Mais elle n'est pas dans tous à la fois pour la même Novelle. Cette constatation et sa présence peu fréquente dans toutes les sources, tendraient à justifier la conjecture que j'émettais plus haut, d’après laquelle la notation d'indiction n'aurait pas fait partie de la souscription officielle.

En définitive, la statistique des souscriptions dans le Marcianus peut se décomposer ainsi. Sur les 143 Novelles que l'on y trouve, 77 ont des souscriptions exactes. Ce sont les Nov. 1-8, 10, 12-17, 19-29, 24-99, 31, 32, 39, 40, 42-44, 46, 49, 50, 52 60, 63, 64, 66-74, 76, 78-81, 83, 97, 99, 101, 108, 109, 113, 121, 133, 136, 137, 140, 144, 148, 152, 153, 162. Trente-neuf ont des souscriptions inexactes, surtout par omission, Nov. 18, 38, 45, 47, 48, 51, 61, 90, 98, 102, 103, 106, 107, 110, 115, 116-120, 122-125, 127, 128, 130 132, 134, 135, 141, 142, 145, 146, 149, 155, 158, 159. Enfin, dans vingt-

Noailles o

sept Novelles seulement la souscription est complètement omise, Nov. 30, 77, 82, 84-89, 91-96, 100, 105, 111, 112, 126, 129, 147, 151, 154, 156, 157, 160. Le Marcianus, pour cette partie importante du texte, est, malgré ses insuffisances, la source la plus importante et la moins incomplète que nous

possédions.

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