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esclaves, tandis qu’eux étaient appelés à être libres, à commander (Aristote. L, 2 VIE 6, S 1. nd Rép., V, p. 469).
Nombreux étaient les esclaves, en Grèce; la plupart des occupations manuelles leur étaient confiées ; les plus pauvres maisons en avaient un ou plusieurs. Ils travaillaient soit isolément, soit réunis dans des fabriques, sous la surveillance d’un contre-maître ‘erirporss, esclave lui-même ou affranchi, qui devait rendre compte à son maître de sa mission (Démosthène c. Aphobos, I, $ 9; — Œschine c. Timarque, K 95). Souvent même, on tirait parti de ses esclaves en les louant.à ceux qui pouvaient en avoir besoin. Plus ou moins bien traités, suivant le plus ou moins d’habileté exigée par le métier qu'ils exerçaient, ils passaient pour jouir d’une situation assez douce à Athènes (Démosthène, Philipp., IT, $ 3) : malgré tout, ces belles paroles d’Alcidamas étaient devenues un non sens: "Eeubépous donxe Taurus Oeoc oddévx Joùdor 1 pÜois Teroinxey (Gollection des Orateurs Grecs, publiée par Baiter et Sauppe, IL, p. 154).
Cest dans la république athénienne que Pindustrie paraît avoir été la plus favorisée : on admettait dans les manufactures des hommes libres, même des citoyens, ce qui permettait l’émulation, plus d'habileté, plus d'invention, et, par conséquent, une plus grande prospérité. On exemptait de la patente, que devaient payer les étrangers, petits commercants, les citoyens qui exerçaient la même profession : on accordait Paction d’injures, la ypugn xaxmyopius
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contre ceux qui reprochaient à un citoyen l’argent gagné sur le marché. Solon obligeait riches ou pauvres à travailler ; il donnait mission à l’Aréopage de rechercher de quoi vivait chaque citoyen, et, sans aller aussi loin que les lois de Dracon, qui prononçaient dans ce cas la peine de mort, il édictait certaines peines (entre autres, l’infamie) contre ceux qui vivaient dans la mollesse et loisiveté : en même temps, il concédait aux artisans, pour attirer dans leur classe le plus possible de membres, les droits civiques essentiels (Plutarque, Solon, chap. xxu), contrairement à ce qui se passait dans les oligarchies.
Mais l'estime due aux travailleurs n’allait pas plus loin.
Les Grecs connaissaient l'association sous des formes très variées ; citons avec Gaïus les sociétés commerciales (ais éurôpres oiysuevu) — funéraires, — de table, — religieuses; enfin, des sortes d'associations de secours mutuels, les Franistes, qui assurent des ressources à leurs membres lorsqu'ils sont dans le besoin (Loi 4, Dig., XLVII, 22).
L'organisation de la plupart de ces associations est très compliquée, très complète, et se rapproche beaucoup-de celle des corporations romaines : elles ont un président, un secrétaire, un trésorier, un syndic ou procureur.
Leurs règlements ont force de loi, pourvu qu’ils ne contiennent rien de contraire à la législation en vigueur : lis autem potestatem facit lex, dit Gaïus (Loi 4, Dig., XLVIT, 22), pactionem quam velint sibi
ferre, dum ne quid ex publica lege corrumpant. Elles jouissent encore d’un autre privilège : au cas de procès, pourvu qu’il soit relatif à l’objet de leur constitution, les délais de procédure sont beaucoup abrégés ; le délai maximum est de 1 mois (Attische process., p. 541).
Les idées romaines ne diffèrent pas beaucoup sur ce sujet des idées grecques; le travail manuel est laissé aux esclaves, toute profession qui a pour but de gagner de l’argent est méprisée, et seul est noble et digne d’un citoyen le métier des armes. Omnes opifices in sordida arte versantur, écrit Cicéron (de Off, I, 42), nec enim quidquam ingenuum potest habere officina. Si quelques auteurs honorent le travail, ce ne sont que des opinions isolées, et encore faut-il remarquer qu’ils vivaient (Stace, Lucain, Sénèque), à une époque relativement récente, alors que les idées étaient en progrès, sous l'influence des doctrines philosophiques et chrétiennes. Cest ainsi que Dion Chrysostome met un ouvrier utile au-dessus d’un rhéteur à la parole dorée et vaine.
Mais, tant que dura l'esclavage, ces idées subsistèrent et rendirent impossible la réhabilitation du travail, que des considérations pratiques, telles que la soumission forcée de l’ouvrier servile, la faculté de le dresser pour un but déterminé, le prix infime de la main-d'œuvre, tendrônt toujours à retarder.
Et, en revanche, que d’inconvénients ! que de maux sociaux ! Nous allons pouvoir les constater dans cette étude des corporations romaines dartisans; nous allons assister à leur naissance, à leur
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développement sous le régime de la liberté complète; puis, nous verrons se produire une bizarre évolution : sous l'influence des tendances aristocratiques et du despotisme impérial, écrasée sous la masse pesante de règlements très sévères, la corporation devient une institution d’État, un corps obligatoire, dans lequel on peut entrer, mais d’où il n’est pas permis de sortir.
Cette déplorable politique eut pour résultat de tuer toute concurrence, toute initiative privée, et du même coup l’industrie, car il n’est pas pour elle de plus importants, de plus puissants éeue de prospérité et de progrès.
LM