DIVISIONS
Le plus souvent, le collège est une institution locale; il réunissait les artisans qui exerçaient la même profession dans la même ville ou dans le même quartier, et c’est sous cette forme que les inscriptions nous en ont transmis le plus grand nombre (Orelli, Muratori, Corp. inscr. lat.).
Il n’y a, semble-t-il, que deux exceptions à cette règle générale Es
40 Le collège de fabri chargé d’éteindre les incendies se recrutait au moyen d’un prélèvement de deux membres dans chacun des collèges de la cité : c'était le corps des pompiers. À Rome, le præfectus vigilum avait sous des ordres un corps de fabri de 7 cohortes; à Constantinople, 560 artisans avaient été, dans le même but, réunis en collège ;
20 Les collegia domus Augustæ, dont le personnel se compose d’affranchis et même d'esclaves (tabulari, commentarienses, tabellarü, etc.), ont leurs membres répandus dans les provinces (Corp. berol., III, 6077 et notes).
Sauf ces deux exceptions, le collège est une institution locale, un groupement par professions s’exerçcant dans une ville, ou même dans un quartier (jumentarii de la porte gallica, Muratori, p. 525, n): souvent, les individus qui ont le même métier
sont cantonnés dans un même quartier (Collège du Capitole sous la République, Tite-Live, V, 50, 52).
Dans les villes de province, surtout, plus encore qu'à Rome, la corporation se présente sous une forme toute particulière : les corps de métiers, dont les occupations offrent une certaine analogie, se réunissent pour former un seul collège, plus important : c’est ainsi que les ouvriers du bâtiment fabri lignariü, fabri ferrari, centonarü, dendrophori forment presque toujours une seule corporation. (Orellli, 4069-4071). L'État devait, naturellement, beaucoup pousser à cette concentration, qui donnait plus de force aux corporations, puisque, pour lui, elles ne sont qu’un des rouages indispensables de la machine gouvernementale. Une constitution du Code Théodosien (Loi 4, XIV, 8), prouve bien que telles étaient les intentions du gouvernement impérial. Ad omnes judices litteras dare tuam convenit gravilatem ut quibuscumque oppidis dendrophori fuerint, centonariorum atque fabrorum collegtis annecltantur, quoniam hæc corpora frequentia hominum multiplicari expedit.
(V. aussi les listes données par Orelli, Muratori, le Corpus inser. lat.).
Les Romains établis à l'étranger, les individus originaires d’un même pays qui avaient quitté leur patrie, n’échappaient pas à cette loi de l’assocation; si leur nombre ne leur permettait pas de fonder un collège, ils demandaient à être incorporés dans un de ceux déjà existants dans la ville
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qu'ils habitaient. Les inscriptions nous offrent de très fréquents exemples de collèges ainsi fondés par des marchands ou des industriels du même pays, résidant à l'étranger: citons le collegium peregrinorum des commerçants romains, en Batavie (Orelli, 178), les collegia urbanorum, en Espagne (Corp. inscr. lat. T1, 2428, 3244), etc.
(Voir aussi Mommsen, Corp. inscr. lat., IT, p. 259, et Corp. inscr. neap., 2476, 2488).
La corporation, tout en ne comprenant que les individus qui exercaient la même profession, pouvait s'étendre plus loin que les limites d’un quartier, ou même que les murailles d'une ville: ainsi, les nautæ naviguant sur le cours entier d’un fleuve, se constituaient en corporations: naules de la Saône, nautes du Rhône, etc.
L'esprit d'association était d’ailleurs partout: on se réunit en collèges pour célébrer le culte d’une divinité, pour s'assurer un tombeau et une sorte de culte après sa mort (collèges funéraires): ne va-t-on pas jusqu'à former des associations de parasites? et, l’une d’elles, se réunissait pour rendre une sorte de culte à son patron Albullus Dextrus ! (Mommsen, Corp inscr. neap., 5029).
Les membres du collège se partagent en décuries et en centuries: à Apulum, le collège des fabri est divisé en 11 centuries; le collège formé à Milan par la réunion des centonari et des abri, comprend 12 centuries, subdivisées en décuries; à la tête de chaque décurie était placé un décurion (CG. Enscr. berol., V, p. 635).