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Et ce ne sont pas là de simples divisions administratives inventées par des règlements intérieurs, dans un but d'utilité pratique ; elles ont une existence légale, en quelque sorte une vie à part, puisqu’elles peuvent recevoir des libéralités: elles dédiaient, en effet, des inscriptions à leurs bienfaiteurs.
Cette division en décuries et en centuries, qui semble avoir été étendue à toutes les corporations, a été empruntée à l’organisation militaire: nous la trouvons, en effet, surtout appliquée à des corporations qui devaient avoir des rapports avec le service des armées, comme les fabri et les dendrophorti. Certains collèges de fabri devaient être attachés aux arsenaux, soit en Italie, soit dans les colonies.
Quand aux dendrophori, il est assez difficile de savoir au juste quelles étaient leurs attributions ; nous basant sur l’étymologie ($45m, arbre, vépew, porter), nous croyons avec M. Rabanis (Recherches sur les Dendrophores, passim) que leurs fonctions consistaient à pratiquer les coupes de bois, et à en apporter les produits aux chantiers de Rome ou des villes de province. Nous en concluons qu'ils avaient pour divinité Sylvain, le dieu des forêts, et c’est une raison pour supposer qu'ils se confondaient avec les collegia Sylvari (Montfaucon, V, 82).
Ceci admis, on comprend, comme pour les fabri, qu'on leur ait appliqué la division militaire en centuries et décuries: leur concours était nécessaire pour la confection des travaux d'attaque et de défense, et des machines de guerre.
Res
: 3 d Nous le répétons, et les inscriptions, les docu-
ments juridiques et autres nous y autorisent, cette
division en décuries et centuries a dù être étendue à toutes les corporations.