Wauters, Les lilertés communales en Belgiaue
de Lorengnes. Va vieille cité d'Arras avait gardé aussi quelque chose de son ancienne réputation pour la fabrication des tapis. Saiat-Omer, issue d’une modeste villa carolingienne, prenait une rapide extension et: avait sa gilde de marchands dès le début du xr° siècle. Déjà depuis quelque temps, alors qu’ils étaient encore sous la domination de l’abbaye, ces marchands, comme le fait s’est présenté souvent ailleurs, devaient former une de ces associations que l’on appelait Chartités. La ville se trouvait du reste sur une des routes suivies pour aller de l'Angleterre dans l’intérieur du continent. Au x' siècle, on y voit passer des marchands anglais qui doivent rencontrer au delà de Langres ceux de Verdun et faire route avec eux pendant un certain temps, après quoi les uns iront en lialie et les autres en Espagne. Ces quelques faits nous montrent combien le commerce était déja développé à une époque que l'on croit souvent remplie par une aparchie confuse et comment les gildes suivaient une progression parallele. Les marchands de Saint-Omer jouissaient en Flandre de privilèges qui survécurent à la séparation de l’Artois. L'Angleterre leur concédait des faveurs analogues à celles que possédaient ceux du port de Thiel; Henri Li leur accorda le premier le droit d’avoir des magistrats à Londres, d'y trafiquer librement, de ne pas subir les droits de visite, de lestage, etc.. Ces privilèges étaient bien entendu modifiées souvent par les guerres et les révolutions; cependant même durant les troubles le commerce se continuait parfois à l'aide de sauf-conduits. Les relations de Saint-
Omer avec l'Angleterre alimentaient en grande partie le marché de cette ville et quand les laines anglaises disparurent du continent, vers la fin du xrm° siècle, ce fut une perte considérable pour elle *.
L'histoire de Saint-Omer ne se présente pas comme un cas anormal dans les Flandres. Arras et Valenciennes, vers la même époque, avaient aussi leurs Charités. Tous les marchauds étaient tenus de s’y faire affilier : sinon, en vertu d’un privilège du comte Baudouin de Flandres, leurs biens étaient saisis. Les gens de métier, pour y entrer, étaient obligés au préalable de renoncer à leur état et de payer vingt-deux muids de vin. Les membres de l’association se devaient assistance én toutlieu, rendaient des honneurs funèbres à leurs morts, réprimaient leurs querelles entre eux, avaient une maison de réunion : en un mot c'était une véritable gilde. Relativement aux autres \pays, la Flandre fut favorisée. Elle eut des princes et des évêques qui, au lieu de redouter les giides et de voir en elles des ferments révolutionnaires, aidaient à leur développement et augmentaient ainsi la prospérité commerciale. C’est ainsi que le port de Calais fut créé par les efforts combinés des princes et de la population marchande, A la fin du xrr° siècle, Henri, duc de Louvain, administrateur temporaire du comté de Boulogne, autorisa les échevins et les bourgeois de Calais à creuser un port. Six ans après (1196), Rainaud, comie de Boulogne, et sa femme Ida, établissent de