‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 105 sur 198 · Aug. Thierry. Monuments inédits etc.,t. L, p · texte numérisé non relu

Aug. Thierry. Monuments inédits etc.,t. L, p

l’objet principal de leur trafic, et d’autres fois celui de Hanse, par exemple à Gand, Lille, Saint-Trond et Utrecht.

Le nom de Hanse indique plus souvent les associations entre marchands de différentes villes, des coalitions don le but est d’accaparer et de réglemeuter le commerce dans une région déterminée. Les deux exemples estlplus typiques sont la Hanse des Allemands en Angleterre et la Hanse de Londres, fédération des gildes flamandes. Les Allemands avaient plusieurs gildes à Londres et se divisaient en corporations, suivant le lieu de leur origine, Cologne, Hambourg, Lubeck, Brême, etc. Chacune de ces réunions isolées avait son administration distincte et son caractère propre : ainsi la gilde de Cologne était organisée sur le modèle aristocratique de la mère-patrie. Mais elles formaient une fédération qui les englobait toutes et était regardée d’une façon générale comme la gilde des marchands allemands à Londres. C’est à cette fédération qu’appartenaient les droits, les libertés, les privilèges ; c’est elle qui possédait le monopole du commerce. Son alderman devait être un Anglais (1282), mais il ne pouvait appliquer que le droit allemand et les statuts de l'association; d’ailleurs son autorité n’était guère que nominale, car la gilde avait un alderman particulier, qui était allemand. D’autres associations allernandes existaient encore dans le reste de l'ile : à Lynn, Boston, Yorck, Bristol, Ipswich, Norwich, Yarmouth, Hull, etc. Peu à peu elles se fédérerent avec la grande gilde de Londres et il y eut

un alderman général pour toute l'Angleterre (1383). De ces coalitions formées par les marchands en plusieurs pays et des alliances qui unirent entre elles les villes du continent, sortit la grande Hanse allemande, si fameuse dans l’histoire du commerce au moyen âge".

La Hanse de Londres était aussi une vastegilde comprevant des marchands de Lille, Douai, Arras, Tournai, Valenciennes, Cambrai, Bruges, Saint-Omer, Dixmude, Bailleul, Poperinghe, Orchies, Huy, Reims, Châlons, Saint-Quentin, Péronne, Escouvins, Montreuil, Abbeville, Amiens et Beauvais. Elle rattachait les Marchands de l’eau de Paris et de Rouen, dont les chefs faisaient partie de la Hanse, aux gildes du Brabant, du pays de Liège ét des bords du Rhin. Elle était gouvernée par un comte que l’on choisissait parmi les bourgeois de Bruges, et elle n’admettait pas dans son sein d’artisan, à moins qu’il n’eût renoncé à son métier depuis un an°. On voit que dès le xi° siècle un immense réseau couvrait la partie nord-ouest de l’Europe et répandait l’activité commerciale depuis Nowogorod jusqu’à Calais et à Rouen.

Si du continent, nous passons en Angleterre, nous trouvons le commerce aussi bien organisé et les marchands répartis en nombreuses gildes. Après la protéction de la sûreté publique, et les associations formées, comine la Crihten-gild de Londres, pour ré-

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