‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 107 sur 198 · Brentano, cod, loc., p. xenr · texte numérisé non relu

Brentano, cod, loc., p. xenr

concession de certains droits utiles au développement commercial, des dispositions de droit pénal‘. A Saint- Omer, les bourgeois seuls avaient le droit de vendre dans leurs maisons; les étrangers devaient aller à la Gildhalle et dans ses dépendances où se trouvaient des étaux et des comptoirs qu'on louait. Dans les villes se tenaient à tour de rôle des foires. Pour concentrer davantage l’activité commerciale sur les marchés, dans le reste des Flandres il était défendu, pendant huit ou quinze jours avant et après, sauf entre les bourgeois de la même ville et pour les produits locanx, de vendre ou d’acheter en gros des draps, des laines, des fourrures, des pelleteries, des « avoirs de pois », et en général toute marchandise dont il devait se faire un certain trafic pendant la foire. Des règlements spéciaux, exemptions, tarifs des logements pour les étrangers, concouraient également à entretenir la prospérité de ces foires*.

Les statuts de la gilde marchande de Saint-Omer ne forçaient pas tous les négociants de cette ville à s’y affilier ; ils se contentaient de refuser à ceux qui n’en faisaient pas partie le secours des associés : « Si quis mercator rnanens in villa nostra vel in suburbio in

« gildam nostram intrare noluerit et pergens alicubi < deturbatus fuerit vel res suas amiserit, vel ad duel-

« lum fuerit provocatus, omnino nostro carebit auxi- « lio. » Mais la gilde de Berwyck-upon-Tweed absorba

1. Voir, par exemple, les chartes de St-Omer de 1127, 1128, 1157, 1168 et 1199 dans Giry, eod, loc. Pièces justificatives. >. Giry, cod. loc. Pièces justificatives. Registres aux bans.

au contraire toutes celles qui existaient déjà dans la ville, et en s'imposant à tous les marchands transforma son règlement particulier en une loi générale.

Après les secours mutuels que se doivent les membres de la gilde, vient en général une longue énumération des époques, des prix auxquels on peut acheter ou vendre la laine, les cuirs, les perux, les animaux et autres marchandises; c’est le second moyen employé pour fixer et généraliser les coutumes commerciales*. Le rôle de la gilde y est encore plus nettement marqué, mais dans le premier comme dans le second cas, on peut dire que les dispositions prises pour fortifier et étendre le commerce sont dues à l’influencè germanique.

C'estelle aussi, en grande partie, qui créa à côté des associations de marchands, les corps de métiers des artisans et, complétant son œuvre, fit pour l’ née ce qu'elle avait fait pour le commerce.

On a beaucoup discuté sur l’origine des gildes d’arüsans. Pour être juste, il faut tenir compte dans cette question, de plusieurs éléments dont on ne peut nier la coexistence. Aux xvni° et xvin° siècles, on ne voyait volontiers en elles que les derniers survivants des anciens collèges romains. C'était l'opinion de Beier et d'Heineccius ; elle est aujourd’hui universellement abandonnée. La repousser, ce n’est pas faire trop bon marché de la puissance que purent avoir les traditions romaines; cependant nous reconnaissons

. Les exemples les plus complets que nous puissions citer sont les statuts de la gilde de Berwick et les Registres aux bans de Saint-Omer.

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