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sur certains points leur persistance, mais non pas à l’état d'organisation définie. Dans les derniers temps de l'empire romain, les collèges d'artisans ne formaient que quelques-uns des cadres dans lesquels toute la population était divisée et obligée de rester; c'était une des formes les plus odieuses de l’asservissement auquel on était arrivé à force de réglementation et de constitutions, Comme tous les autres rouages de la vieille société, celui-là avait fini par n’avoir qu’une valeur administrative, et il fut ruiné dès que les invasions eurent substitué à ces formes factices la nécessité d’une organisation plus logique. Les richesses accumulées ne furent pas toutes emportées par le torrent, la vitesse acquise ne fut pas brusquement et absolument annulée ; mais les institutions anciennes perdirent tout caractère précis, et il ne resta d'elles qu’une impression vague et générale, l'expérience et le souvenir pour ainsi dire d’une vie vécue antérieurement par la société.
Cette première thèse écartée, s’en présentent deux autres dont le seul défaut est d’être absolues. Toutes deux renferment une part de vérité, c’est-à-dire que chacune d’elles indique un certain nombre d’éléments que l’autre néglige à tort. Dans les villes du moyen âge, la population peut se diviser en deux groupes généraux; les hommes libres, bourgeois plus ou moins riches, d’une part et de l’autre les gens de Ja familia épiscopale, — miinisteriales, fiscalini, dagewardi, — ou de la dépendance du comte. A Worms, au xi° siècle, cette séparation est assez clairement indi-
quée'. Or, pour certains historiens comme Wilda et Brentano* les corps de métiers ne sont que des associaüons formées par les hommes libres à l’imitation de celles des marchands, tandis que pour d’autres elles ürent leur origine de la situation dépendante des premiers artisans et de leur soumission à une même autorité au-dessous de laquelle ils se trouvaient rangés en différents groupes d’après la nature même des services dont ils étaient tenus envers elle.
Voilà comment on peut formuler les deux grandes théories historiques sur l’origine des corps de métiers. Avant de les analyser, nous pouvons encore citer, pour être complet, deux opinions qui ne se rattachent directement pi à l’une ni à l’autre. D’après Hullmann’, les artisans se seraient trouvés rapprochés par une parücipation exclusive des étaux et des halles. En d’autres termes, le pouvoir exclusif d'exercer leur métier d’une certaine facon aurait donné lieu à leurs associations. Mais, dans le commerce et dans l’industrie, c'est un fait général que le monopo'e n'apparait pas dès l’origine et marque plutôt le commencement de la décadence des corporations. Il faut remonter plus haut que l’époque des réglementations générales pour saisir les causes de formation des corps de métiers. Schonberg nous semble commettre une erreur analogue, en voyant dans la création des corporations