Brentano, cod, loc., Note
2 NNida, cod le pare — Brentano, cod, Loc., P: ExIv.
3. Hullmann, Stédtewesen im Mittetalter, Y, 318. Stadte, IX, 132.
1 Fa Ursprunro der ,
une réaction contre la liberté primitive du commerce". Si l’on veut citer comme preuve l'organisation des corps de métiers en France et la rédaction de leurs coutumes par Étienne Boileau, on oublie que longtemps avaut cette date les corporations existaient, et qu'en Allemagne également on en trouve avant le x11° siècle. Sans doute l'esprit de rivalité qui existait entre les riches bourgeois et les artisans fut souvent mis à profit par les seigneurs qui firent de ceuxci leurs alliés et leur accordèrent le droit de former des gildes ; mais ce n’était là que la confirmation d’une tendance de la classe inférieure et on ne peut réellement leur attribuer la création des corps de métiers.
Nous revenons donc à faire la part des deux thèses générales que nous avons formulées. Tout d’abord on ne peut nier que plusieurs corporations d'artisans aient tiré leur origine des unions formées entre les classes laborieuses que groupaient autour d’eux les seigneurs ecclésiastiques et surtout les monastères, Autour de ces monastères, dès la première race, des ouvriers de divers états travaillaient : les uns frères convers à l’intérieur, les autres, serfs où manants, à l’extérieur. Après la grande rénovation qui suivit les invasions normandes et après l’an 1000, se formèrent les corporations d'artisans ; en 1060, par exemple, on trouve à Redon nn corps de drapiers, des cordonaiers, bourreliers, ouvriers en fer, charpentiers, charrons, etc., les artisans étaient devenus des hommes
1. Schonberg. Zur wirthschafilichen Bedeutung der deutschen Zünfte. Hilbrand’s Jahrbucher.
librest. À la même époque, à Arras, les artisans étaient réunis en un certain nombre de charités ou gildes qui paraissent avoir eu toutes un même patron, saint Michel; il y avait les charités des parmentarü, des sutores, etc”.
Ces deux exemples, empruntés à deux pays absolument différents, prouvent qu'une influence autre que celle de la gilde a contribué à former des associations entre gens d’un même métier. Une situation analogue, les mêmes redevances à payer, les mêmes intérêts à sauvegarder, les mêmes ambitions à réaliser, toutes ces impulsions étaient trop naturelies pour n'avoir pas agi fortement sur la classe laborieuse”.
Mais, cette réserve faite, il convient d'ajouter que la plus grande part de l’ébranlement général qui amena les artisans à s'organiser et à unir leurs forces est due à la gilde. Cefutchezeux une vigoureuse réaction contre l’esprit d'exclusion et l'oppression du pairiciat bourgeois.
Primitivement, ils devaient être confondus parmi les hommes libres et achetaient eux-mêmes la matière qu'ils travaillaient, de sorte qu'il était difficile de distinguer le commerçant de l'artisan. Les progrès de la richesse inégalement répartie créèrent des différences