Cartulaire de Redon. Prolégomènes, p. LXVI, GCLxxxvIr
2. Cartulaire de St-Waast d'Arras, rédigé par Guiman au xu siècle, pp. 191, 332, 330.
3. Stieda, Zur Entstehung des Zunftwesens im Mittelalter. — Contra Wilda, p. 289. — Otto Gierke, p. 246, admet la formation d’unions corporatives entre ouvriers dépendant d’un même seigneur, alors même qu'ils ne jouissaient pas d’une entière liberté. Mais il attribue ce fait à l’exemple donné par les corps de métiers composés uniquement d'hommes libres (freie Zünfte).
de niveau qui peu à peu s’accentuèrent, De cette confusion il est resté des exemples : en Angleterre, même au temps d'Édouard ILE, les tailleurs étaient les plus grands importateurs de laine. Mais en Allemagne, à mesure que l’importance de certaines maisons s’accrut par le commerce, l’orgueil leur inspira un grand mépris pour les professions inférieures et on exigea que, si un homme de cette condition était assez riche pour entrer dans l’association des bourgeois, il renonçât auparavant à l'exercice de son métier. De sorte que les gildes d'artisans ne se recrutèrent que dans la partie la plus misérable de la population. Au moyen âge, on les appelait souvent les pauvres et ils étaient tombés dans une situation bien inférieure à la bourgeoisie qui vivait de ses revenus, du change ou du grand commerce. Les droits les plus importants étaient réservés à la possession d’un patrimoine (Stadterbe).
D'ailleurs leurs rapportsavec la bourgeoisie n'étaient pas uniformément réglés, et il fallait encore tenir compte de leur sujétion à certains égards envers le seigneur. Le manque de précision dans les rapports juridiques était une source perpétuelle de conflits. Pour exercer son métier dans une ville, il fallait se soumettre à toutes ces conditions, payer un droit d’étal, des redevances ou des contributions en nature que l’on devait une fois l'an ou à des époques déterminées, puis faire des corvées (Dienstleistungen), accidentelles ou régulières, d'une importance très variable, enfin offrir certains présents d’honneur (£hrenge-
schent)*. Aussi un écrivain du x1F siècle pouvait-il dire: « Igitur in initio communia fœderationis fuit grata « quia optimi eam tum sanxere, vita quorum Justa, « simplex, mnocens fuit ac sine cu piditate agitabatur, « sua cuique satis honeste placebant, jus bonum apud « ipsos valebat, concordia maxima, minima avaritia « inerat. Civis civem honorabat, dives minorem non « opprobrabat..… Postquam vero cives paulatim cœ- « pere torpescere et alter in alterum insurrexere, « scelera sceleratorum multa inulta reliquere, quisque « sua dishoneste dilatavere .… Sie gradatim vi, « mendacio, perjurio inferiores quoque opprimere « cœpere; jus æquum, urbis bonum sic evanuit, « corruit etiam dominium”. » Ainsi la victoire des citoyens de Liège sur le due de Brabant à Steppes en 1213 fut suivie d'une dure oppression des gens de métier par les familles dominantes : ce devint presque un esclavage. Les organisations des corps de métiers furent abolies, ,2s patriciens allèrent jusqu’à interdire aux ouvriers l’usage du vin, excepté en cas de maladie *.
La cause des luttes que soutinrent souvent les corps de métiers provenait de leur double caractère. Comme associations libres, ils formaient des corps indépendants, se donnant des règlements, se développant ou végétant selon la fortune présente. Considérés à un autre point de vue, ils accomplissaient un service