V. Otto Gierke, eod. lac., p
Dans les Flandres l'apparition des corps de métiers est plus tardive que celle des gildes de marchands, et l’antagonisme des deux classes est aussi prononcé. La masse des prolétaires, des serfs affranchis, restée pauvre, s’adonna à certaines branches d'industrie, délaissées ou dédaignées. Ils occupaient une situation très inférieure parce que toutes les halles et usines constituaient une propriété de la bourgeoisie. La plupart étaient tisserands; un grand nombre aussi s’occupaient du travail des métaux : les forgerons fondèrent en beaucoup de villes des corporations de Saint-Éloi. Chose curieuse, quelques-unes de ces gildes admettaient même des personnes étrangères au métier : celle de Bruxelles recevait des peintres, et celle de Béthune, fondée en 1188, des étrangers, quels qu’ils fussent’. |
En Angleterre et en Danemark, on voit régner le même esprit d'exclusion ; dans la gilde des marchands, on ne reçoit pas celui qui a les mains calleuses et les ongles noirs, « with dirty hands », « with blue uails, » ni celui qui a colporté ses marchandises dans les rues « who hawked his wares in the streets. » Mais les artisans étaient moins opprimés qu'en Flandre et en Allemagne par les privilèges que s’attribuait la classe patricienne, les impôts qu’elle établissait et l’administration partiale de sa justice. Les plus anciennes et les
1. Wauters, eod. loc., p. 590. Cette extension anormale tenait sans Sn sg :
doute à l'importance de l’élément le plus général de la gilde, son caractère religieux.
iqe 04
plus importantes des gildes d’artisans en Angleterre sont aussi celles des tisserands ; la gilde des tisserands de Londres eut une charte, ainsi que celle d'Oxford. Sous le règne de Henri IT, des gildes de tisserands, confirmées par le roi, existaient à Nottingham, York, Huntingdon, Lincoln et Winchester *.
Ainsi se formérent parmi les artisans des gildes nouvelles, lorsqu'un certain bien-être développa chez eux le besoin de la liberté et le désir de s'élever à une situation meilleure. Ces gildes ne différaient des autres que par le but poursuivi et la position sociale de leurs membres. On y trouve la même assistance mutuelle au point de vue temporel et au point de vue religieux ; elles avaient aussi leurs patrons, et quelquefois, à Bâle par exemple, et à Arras toutes les corporations d’une même ville avaient le même. Au sein de ces gildes se formaient des associations plus spécialement religieuses, qui portaient le nom de confréries, et s’en séparèrent peu à peu, de façon à avoir une existence distincte, mais jamais complètement isolée de celies des corps et métiers. On se réunissait aux fêtes, outre les autres assemblées appelées #70rnspeeche où morgenspräche, dans lesquelles on terminait les contestations et on s’occupait des affaires courantes”.
Ce qui caractérise ces associations c'est leur juri-