Brentano, eod. loc., p. cx1iv
2. Pour ces réunions, il fallait parfois une autorisation du conseil
qui nommait alors un commissaire chargé de les surveiller. Souvent c'était à la suite des révoltes des artisans, après leur défaite, qu'on leur imposait ces présidents. Ce devint une règle générale vers les xvie et xvrre siècles. V. O. Gierke, cod. loc., p. 377.
diction sur les métiers. Cette police de l'industrie et des marchés, jointe au développement de l'esprit de solidarité et d'honneur , se transforma en une surveillance des mœurs. Les jeux, les heures de sortie, les distractions, tout était soigneusement réglé. Pour être admis, il fallait avant tout avoir une réputation d’intégrité parfaite (Unbescholienheït}, et le proverbe allemand disait : « Les artisans doivent être sans tache, « comme des colombes »— « die Zünfter mussen so « rein sein als wenn sie von den Tauben gelesen « Waren. »
Outre les confrères, il y avait les novices et les compagnons qui étaient soumis aux réglements et à la Juridiction de la gilde. Ils n’en faisaient partie qu’au point ue vue passif, comme Schutzgenossen, tandis que les patrons avaient des droits complets, étaient V’ollgenossen. Prinaitivement d’ailleurs, les compagnons n'étaient que de futurs patrons; plus tard seulement ils représentèrent une classe distincte et formerent entre eux des associations spéciales, crigine du compagnonnage. Les femmes et les enfants des patrons étaient également considérés comme membres de la corporation, avant même que le métier fût regardé comme un bien patrimonial.
Les peines prononcées étaient ordinairement des amendes qui consistaient en argent, en vin ou en bière. Mais, d’après quelques statuts, elles ne devaient pas dépasser certaines limites. La peine la plus grande était l'exclusion, emportant interdiction absolue d'exercer le métier, ou bien laissant la faculte de
racheter le droit de rentrer dans la corporation. La première des conquêtes des corps de métiers fut d'arriver à nommer eux-mêimes le Maître qui avait sur eux la haute surveillance. La vente des places de marché et la surveillance à exercer sur chaque ou: vrier ou marchand avaient conduit le pouvoir à créer des employés subalternes chargés de ces fonctions. Le Maître exerçait un droit de police et de justice dans certains cas, car il prononçait en premier ressort et pour les affaires peu importantes. C'était une charge très productive : le Maître partageait les amendes avec l’officier seigneurial ou le conseil de la ville et parfois aussi touchait une partie des contributions. Aussi nommait-on souvent à cette fonction des gens au service du prince ou étrangers au métier : cependant onla confiait aussi à un homme de la profession”. Les artisans arrivèrent plus ou moins vite, seloi: les pays, à nommer eux-mêmes leur Maître et par suite à acquérir le droit de surveillan ce et de juridiction de leur métier. En Angleterre, jamais ce droit pe leur fut conteste. 1l n’en était pas de même sur le continent. À Bâle certaines corporations conquirent à ce point de vue une indépendance complète. Dans quelques corps de métier, l'évêque nommait à la maïtrise un de ses ministeriales; dans d’autres il choisissait quelqu'un du métier; dans d'autres enfin, la corporation avait le choix le plus libre. Chez les boulangers, par exemple, le Maitre était un subordonné du