Wauters, cod. loc., p. 176 et suiv
2. Sur cette influence des abbayes pour la création de centres commerciaux et industriels, voir Cartulaire de Redon. Prolégomènes, PP. LXVI, GCLXXX VIII.
prenaient au centraire de plus en plus d'importance et devenaient le noyau de villes nouvelles : autour de l’abbaye de Centule, fondée par saint Riquier, s'était agglomérée une population de 14 000 âmes ; à partir de cette époque, Saiut-Omer prit également beaucoup d'extension‘. Par le fait même de l'anarchie des vui', ix* et x° siècles, les gildes durent donc se développer plus librement là où étaient réunies les richesses que l’on sauvait du pillage et où régnaient le plus cet esprit d'indépendance et cet amour de l’autonomie qui accompagnent toujours la fortune.
A cette époque, une ville n’était qu'une agglomération plus importante de maisons, une place de marché où on pouvait trafiquer en sûreté et autour de laquelle se réunissait une population surtout commerçante. L’exemple le plus frappant qu'on en puisse citer est la fondation de Fribourg en Brisgau. En 1120, Berthold de Zahringen choisit un emplacement dans ses domaines, y réunit des marchands, leur désigna des terrains pour y bâtir des maisons et des comptoirs et leur donna une constitution copiée sur celle de Cologne. Un grand nombre des villes dont le gouvernement élaitentre les mains des gildes, surtout celles accessibles par mer, furent fondées par des marchands. Dans beaucoup de documents relatifs à des cités comme Cologne, Spire, Ratisbonne, Paris, etc., les mots rives et mercatores sont synonymes. Dans les noms de beaucoup de villes danoiïises, on trouve