‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 131 sur 198 · Wauters, cod, loc., p · texte numérisé non relu

Wauters, cod, loc., p

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des monnaies un droit royal. Mais c’est par Charlemagne surtout que le contrôle sur les monnaies fut établi d’une facon sérieuse et soumis à la surveillance des comtes. L’édit de Pistoie montre quelle importance prenaient les monnayeurs. Rangés parmi les ministeriales, ils commandent durant tout le moyen âge à des ouvriers spéciaux, qui font partie eux-mêmes de la familia (Hausgenossen). Ces ouvriers virent leur situation se relever, lorsque le commerce de l'argent se fit sur une trop vaste échelle pour que le Maître monnayeur (Münzmeister) put surveiller chacun d’eux ; ils obtinrent alors le privilège de Pélire. Ils se formèrent en associations (Hausgenossenschaft), sans doute lorsque le droit de battre monnaie passa à des seigneurs isolés’. Lorsque le droit de battre monnaie passa des évêques aux villes, la fusion se fit entre ces associations et celles de la bourgeoisie. Les familles libres et aristocratiques entrèrent dans la Hausgenossenschaft et celle-ci prit part au gouvernement des villes. La plupart du temps le changement s’est opéré au milieu du x11W° siècle. À Cologne, tandis qu’au début de ce siècle les archevêques appellent les monnayeurs leurs chers et fidèles monnayeurs « ihre lieben und getreuen Münzer », en 1248, l’archevêque Conrad parle de ses fidèles bourgeois de Cologne appelés

communément Hausgenossen, — « seine getreuen

1. Soetber (Forschungen zur deutschen Geschichte. Bd. vi, t. 5. 14) dès l’édit de Pistoie, les monnayeurs formaient une associa-

prétend que, a ÿ admission de ses membres et au

tion fermée, indépendante quant an contrôle de son métier; mais cette assertion ne paraît pas fondée,

«Bürger von Kôln welche gemeiniglich Hausgenossen « genannt werden ».Aussicesmonnaveurs perdirentils leurs fonctions et leurs privilèges en 1259 lorsque Conrad, avec l’aide de la corporation des tisserands et du reste de la commune, renversa la domination des familles patriciennes. Dans les anciens registres de Strasbourg qui renferment la liste des monnayeurs pendant deux siècles, on trouve en 1266 un grand noi:bre des familles patriciennes de la ville; il en est de même pour Spire,, Worms, Augsbourg, Mayence. Pour les manipulations el autres travaux du métier ces Hansgenossen avaient des ouvriers, des manœuvres : ils n'étaient que des entrepreneurs et faisaient à leur propre compte toutes les opérations du monnayage. Ils avaient le monopole du change, du commerce des métaux précieux, de la frappe, exerçaient une juridiction sur les mounaies ei avaient sur le commerce lui-même une police plus ou moins grande. La composition de ces corporations était très variable au début: à Strasbourg, à Worms et à Mayence, leurs membres étaient des ministeriales : à Bâle, qui obtint plus tardivement le droit de monnayage, ce furent des ouvriers spéciaux, les orfèvres, qui faisaient partie du corps de métier (Zünfte) ; à Cologne et à Ratisbonne, nous avons vu que la monnaie avait passé entre les mains des lignages. À quelque classe qu'ils appartinssent, ils choisissaient très sévèrement leurs nouveaux collègues, car dans leur corporation existait une association pour les gains et pour les pertes; ‘à

Spire, par exemple, où prêtait en entrant le scrment

mnt Slt fiston per 4e jé à

Es

suivant : « Je promets obéissance au Maître, honneur «et assistance aux confrères : je promets d'observer « leur droit et leur juridiction, de rendre la justice et « de dire le droit selon ma conscience Jorsque le « Maître me le commandera. Je promets, dans le « change, de rendre comme bon argent ou pour mau- « vais celui que j'ai recu comme tel. Je promets de «a ne pas fondre de monnaie sans autorisation‘ ». À parür de la fin du xm° siècle, cette nouvelle conquête des associations bourgeoises est accomplie et l'histoire des monbayeurs se confond dès lors avec celle du patriciat?.

De tout ce qui précède nous pouvons maintenant conclure à l'existence de classes aristocratiques groupées en associations et issues soit du commerce, soit de la propriété foncière, Nous avons vu la fusion de ces classes avec les corporations de fonctionnaires qui gouvernaient les cités et possédaient une autorité plus ou moins indépendante de celle des évêques. Mais au dessous de cette aristocratie, s'étaient groupés peu à peu les artisans et les petits commercants en corporations dont nous avons étudié l’origine. Ces associations nouvelles cherchèrent à leur tour à conquérir leur indépendance et arrivèrent à parüciper plus ou moins largement au gouvernement,

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