Lehman, Chron. vor Speier, p
2. Eheberg. Ueber das ältere deutsche Münzwesen und die Haussenossenschaften : Staats-und-Socialwissenschaftliche Vorschungen von Schmoller (Bd. IT, H. 5, 1879. Leipzig). — Wilda, cod, loc., pp. 195,
soit après une lutte violente qui soumit les efasses supérieures, SOIL par la seule pression de leur influence.
Dans le Schleswig, il n’est pas fait mention de ces corporations, sans doute parce qu’elles n'avaient pas le caractère aussi agressif qu’en Allemagne. À Copenhague, le pouvoir avait pris des précautions contre le monopole et prohibé les réunions de bourgeois : chaque habitant pouvait se livrer à un métier en toute liberté pourvu qu’il eût payé un droit fixe au bailli et un autre à la ville. Un fait prouve le peu d'indépendance de ces associations en Danemark. En 1628, à Rothschild, dans l'ile de Séeland, existait depuis longtemps une association de boulangers. Ils voulurent, s'appuyant sur une antique coutume, obliger les étrangers qui exerçaient ce métier à entrer dans leur gilde et payer un droit d'admission de 3 marcs d'argent. Ceux qu’ils avaient chargé de rédiger leurs statuts se refusèrent à y insérer cette clause et l'autorité royale les soutint : après comme avant, le droit d'exercer un métier fut acheté aux officiers du roi‘.
En Angleterre, la création et le développement des corps de métiers n’apportèrent non plus aucune modification à la constitution politique. Ils n’avaient pas les mêmes motifs de soulèvement que dans les pays où ils étaient exclus par la classe supérieure et soumis à son bon plaisir. Ce n’est pas à dire pour cela que leur influence ne grandit pas : la révolution
1, Wilda, eod. loc., p. 319.
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fut remplacée jiar l’évolution. Au temps d'Édouard Il, une ordonnance des citoyens de Londres déclarait que pour participer à la liberté de la cité, il faut être membre des confréries (mysteries) où des corps de métiers (trades) ; sous Édouard IL l'élection des officiers et des magistrats de la ville passa des délégations de quartiers (ward-representatives) à ces corps de métiers (crading-companies). Les anciens bourgeois eutrérent alors sans doute dans quelques-uns des plus importants, et formèrent les douze grandes compagnies qui poursuivirent, sous une autre forme, leur ancien but politique et industriel, Dès la fin du règne d'Édouard HIT, ces douze compagnies se séparèrent des autres et de là date la coutume de choisir parmi elles le Mayor. Mais au temps d'Henri VI, la victoire
-des corps de métiers était complète en Angleterre,
c'est-à-dire qu'ils étaient arrivés à se mêler au gouvernement de la cité, sans avoir pour cela rien changé à sa forme. L'histoire ne présente pas de traces de luttes entre l'aristocratie et les artisans anglais; parce que ceux-ci, dans tous leurs progrès, restèrent toujours soumis au droit commun, c’est-à-dire au droit féodal, complété par les diverses manifestations de la volonté royale, les privilèges et les chartes‘.
En Allemagne et surtout dans les villes épiscopales, la futte fat beaucoup plus vive et commenca de bonne heure. A Brunswick les artisans luttaient déjà en 1220 contre Îes consuls et leurs violences aitiraient sur eux
1. Brentano, eod, loc.,p. exiv.— Ochenkowski. Ænglands wirthschaftliche Entwickelung im Ausgange des. Mittelalters, pp. 53, 105.
de sanglantes représaiiles”. Vers le xrv° sièc'e la lutte s'accentua davantage encore, lorsqu'on eut senti peser pendant quelque temps le joug de l'aristocratie bourgeoise. Il arriva à Cologne que la corporation des tisserands fit cause commune avec l’évéque, Conrad d'Hochstetten, contre les échevins. Cette alliance assura la victoire à celui-ci; il enleva aux échevins le privilège du monnayage, les déposa et en fit nommer d’autres dans des conditions qui les mettaient absolument à sa discrétion. Le reste des bourgeois finit par voir que celte victoire ne profitait qu’à l'évêque et aux artisans, et malgré leur inimitié pour les échevins, ils firent cause commune avec eux et rétablirent l'ancien état de choses saus pour cela que la paix fut rétablie entre ces divers partis *.
Dans les Flandres, autant que nous pouvons en juger par l’histoire de Saint-Omer, les règlements des corporations industrielles n’attribuaient aux corps de métiers aucune influence politique. Cependant, à voir la défiance marquée envers les artisans par les Registres aux bans, on peut croire que la Cornmune usurpa parois le pouvoir. Il n’est resté quelque trace de leur action qu’à la suite de la réforme de 1305, après laquelle ils furent représentés par douze jurés, adjoints à l'administration d’où les commerçants les avaient exclus. D'ailleurs les bourgeois seuls étaient maitres des métiers et les maintenaient sous leur domination.
ï, Fortuyn. Specimen historico politicum; ete, p. 1532. > Wilda, cod, loc., pp. 180, 181,
IL était défendu aux artisans de se réunir, de convenir entre eux d'aucun règlement, de porter des armies sur eux et même leurs outils, si ce n’est en se rendant à leur travail, et cela sous peine d’armendes énormes, de perte du métier, de bannissement. Les villes concluaient entre elles des conventions pour interdire réciproquement leurs territoires aux gens de métiers qui s'étaient révoltés .
Nous ne pouvons entrer dans le détail de toutes les agitations et de tous les soulèvements populaires qui euren! lieu au moyen âge. Ce qu'il nous importe de constater, c’est le rapport intime qui unit dès l’origine les membres des gildes de bourgeois aux corps constitués chargés du gouvernement des villes. Les mouvements révolutionnaires de la classe inférieure ne viennent qu'à une date beaucoup plus récente. Ils ont assurément contribué à démocratiser les constitutions municipales; mais ce serait exagérer singulièrement leur action que de voir, avec Guizot, dans les villes du Nord, de pures démocraties. Les bases de La représentation municipale s’élargirent sans doute, mais non pas jusqu’au point de renverser l’ancienne aristocratie.
Voilà un premier ordre de faits par lequel se traduit le rôle politique de la gilde. Dans l’Ile-de-France et la Picardie, les documents ne nous ont pas permis des observations analogues à celles que l’on peut faire sur l'Allemagne, les Flandres et l’Angleterre. Mais nous
1. Giry, eod. loc, Pièces justificatives. Registres aux bars,
allons retrouver l’occasion de parler de ces deux provinces, maintenant que nous arrivons à traiter des rapports des gildes avec l'autorité.
L'individualité d’une commune n’est pas toujours . le fruit d'une révolution; elle se dégage souvent progressivement suivant une évolution lente. Dans les Flandres, un des premiers droits dont on voit jouir les habitants d’une localité, même non libres, est celui de posséder des biens en commun; ces biens ne sont pas, comme on l’a prétendu, des restes de la marche franque et germanique, car on ne trouve aucun indice de propriété indivise entre les cantons, mais seulement entre les localités’, C’est pour celles-ci le commencement de la personnalité *, Ainsi Saint- Omer acquiert peu à peu son indépendance, depuis l’an 890 jusqu'en 1127, année où elle est reconnue par une charte de Guillaume Cliton*; dès 1056, elle paraît avec un droit propre d'acquérir et d’aliéner des biens, de même que Grammont en 1070 et Aire en 1095. En 1066, alors que rien n’annonce de ce côté des révolutions communales, on voit les habitants d’Huy acheter leurs libertés municipales de la moitie de leur mobilier‘. Ainsi, possession en commun de propriétés où acquisition à prix d’argent, ce sont deux
1. D'ailleurs cette question de la propriété indivise dans certaines circonscriptions territoriales des Germains est assez délicate et obscure pour qu'on n’y rattache pas tous les exemples de communautés qu'offre le moyen âge.