‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 138 sur 198 · Wauters, pp. 189 à · texte numérisé non relu

Wauters, pp. 189 à

un certain nombre de gentilshommes et furent détruits une multitude de châteaux.

D'une part il ne faut pas sans doute exagérer l’importance toute locale de ces mouvements tumultueux ; ce n'étaient que des protestations contre l'anarchie du moment et la classe dans laquelle elles se produisaient n’était pas toujours la bourgeoisie ni les paysans, mais aussi la petite noblesse. D'autre part il ne faut pas exagérer l'influence de la gilde sur ces révolutions partielles : à notre avis, ce serait aller loin que d'attribuer, comme le fait Augustin Thierry, à une organisation aussi complète toutes les unions, même quand elles portaient le nom de conjurationes. Pour Hartwig', il n'yaentre ces émeutes et la gilde aucun lien commun. I] n’émet quelques doutes qu’en ce qui touche la révolte des serfs qui eut lieu en Flandre et dans le Mempisc et que visait un capitulaire de Louis-le-Pieux en 821 î. « De conjurationibus servorum quæ fiunt in Flandris « et in Mempisco, et in ceteris maritimis locis, vo- « lumus ut per Missos nostros indicetur dominis ser- « vorum ut constringant eos ne ultra tales conjura- « tiones facere præsumant..…. » Si les serfs continuent les conjurations, ajoute le capitulaire, c’est le maître qui sera puni. C'est à ce point que se bornerait, d’après l'historien allemand, le rôle révolutionnaire des gildes jusqu’au x° siècle environ.

En Allemagne et en Flandre, au xr siècle, la

r. Hartwig, eod, loc., p. 145 ët suiv.

2, Baluze, t. I. col. 775.

querelle des Investitures, qui commenca sous l'empereur Henri IV et sous le pape Grégoire VII, profita aux bourgeois qui prirent le parti de l'empereur contre les évêques et en obtinrent en échange des privilèges. Dans l’armée de l’empereur c’étaient les marchands qui faisaient la principale force. Worms se souleva en 1073, Cologne en 1074. Mais, dans cette dernière ville, les bourgeois, après un instant de triomphe, furent durement châtiés par l’évêque Hanno en 1131, grâce à l’aide de la corporation des tisserands. Henri V renouvela la querelle de son père, mais l'attitude de la bourgeoisie ne fut plus aussi ferme, sans doute parce qu'elle avait obtenu une bonne partie des privilèges qu'ellesouhaitait, En 1142 Cologne quitta son parti. Les princes de la maison de Hohenstauffen ne suivirent pas la politique des derniers empereurs de Franconie et les villes se virent contester à chaque instant les droits et les privilèges que leur bourgeoisie avait acquis. Les communes ainsi privées de droits qu’elies avaient souvent achetés à prix d’argent ou par des luttes sérieuses, tentèrent de les recouvrer par tous les moyens: de là des complots perpétuels. Les empereurs Frédérie I“ et Frédéric II prohibèrent alors énergiquement les gildes qui faisaient la force de la bourgeoisie. Frédéric II défendait toute « conjuratio, (promissio, societas quæ teutonice dicitur Eyninge « vel gildæ, nisi solum monetariorum, ea de causa «ut Caveant de falsis monetis'. »

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