Wilda, p. 169, — Wauters, pp
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Voila comment, dans les terres soumises aux empereurs d'Allemagne, les luttes entre le pouvoir et la bourgeoisie font partie de l’histoire des gildes. L'influence de ces associations ne paraît pas aussi manifeste dans l'Ile-de-France et dans la Picardie. On ne saisit pas aussi nettement que dans les pays voisins la formation de gildes de marchands, la constitution d’une aristocratie bourgeoise qui s'empare peu à peu de lanomination des magistrats et quidonne un corpsà lacommune entière en luiassurant la force etla richesse base de son indépendance. Quelquefois même, dans la masse des bourgeois qui, sans distinction de familles et de races, jurent la commune, on trouve des nobles. Dans un article de la charte de Saint-Riquier (1126), on rencontre cette disposition caractéristique : « Quod nullus principum habens castellum « sine assensu Regis etnostro in communiam introeat» ; et plus loin on voit que des nobles furent chassés de la commune et privés par le roi de leur vicomté’. Dans la révolte des bourgeois du Mans en 1066, leurs rangs renferment égalementàtitre de conjurés, plus ou moins contraints il est vrai, les nobles du pays : « Astrin- « guntipsum Gaufridum et cœteros ejusdem regionis « proceres, quamvis invitos, sacramentis suæ COnSpi- « rationis obligari compellunt®. » Voilà un premier détail qui semble différencier le mouvement communal dans le nord de la France de celui que nous avons étu-
1. Charte de St-Riquier, Ordonnances des rois de France, x11, p. 184.