‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 141 sur 198 · Wauters, eod, loc, Preuves, p · texte numérisé non relu

Wauters, eod, loc, Preuves, p

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mutuelle jointes à une police domestique exercée par les associés entre eux. C’est bien là une partie de la gilde, mais non toute la gilde. Le serment est un lien trop naturel pour n'être pas en usage dans toute espèce d'associations : on le rencontre aussi bien dans la fameuse Paix de Dieu, dont on ne saurait faire une ramification de la gilde sans une témérité incroyable. L'assistance mutuelle parait rapprocher davantage de la gilde les communes du Nord de la France. Mais tout en admettant volontiers sur ce point une influence générale, nous devons reconnaître que c’était une condition nécessaire à des individus qui s'isolaient du cadre féodal et ne pouvaient trouver d'appui que dans leur solidarité.

Ainsi, pour résumer notre impression sur la question si intéressante des rapports de la gilde avec l'émancipation communale de notre pays, nous dirons d’abord qu'on a exagéré l’importance révoiutionnaire de ce mouvement, comme le prouvent maintes chartes octroyées de leur plein gré par les princes; ensuite qu'il estinutile de faire appel à l'existence antérieure des gildes pour expliquer ce mouvement général et spontané; enfin que certains indices positifs et surtout le silence des textes tendent plutôt à prouver qu'elles lui farent étrangères.

C'est une tendance naturelle que d’exagérer le rôle joué daos l'histoire par une institution, en elle-même fort intéressante. Si nous nous somnres mis en garde contre ce penchant afin de rester toujours sur un terrain solide, nous ne voulons cependant rien sacrifier

de l'importance de la gilde à certaines conclusions qui la diminueraient injustement au profit de l’Église’. Celle-ci fut de tout temps l’ennemie des associations libres : nous avons vu les proscriptions d’Hincmar et de Walther d'Orléans contre les gildes. Cette tradition se perpétue dans un nombre considérable de conciles au nord comme au midi, durant tout le moyen âge, contre toutes les confréries ou réunions formées sans autorisation du comte et de l’évêque.

Mais comme ces institutions pouvaient répondre à un besoin réel, l'Eglise tenta de les remplacer par sa propre influence. On ne peut nier que de tout temps elle chercha à protéger les pauvres et surtout les clercs contre les violences des seigneurs ; elle n’employa que des armes spirituelles, excommurications ou interdits jusqu'en 998, époque où Widon, évêque du Puy tenta d'établir la Pair avec le concours de plusieurs évêques, de princes et de nobles qu’il convoqua. près de lui. On était à la veille de l'an 1000, dans un témps de craintes et de pénitence. La nature des crimes ou autres actes prévus et punis de l'anathème, le caractère de l'assemblée prouvent que ceite tentative de pacification générale ne touchait que ceux auxquels était départie quelque puissance”. Aux ides de janvier de cette année fatidique, le duc de Poitou, Guillaume, convoqua également les évêques desa pro-

1. Semichon, La paix et la tréve de Disu. Cet auteur prétend substituer à l’action de Ja gilde dans lemouvement communal celle des évêques et des conciles,

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